• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Festival Orford Musique 2017 : Valérie Milot étonne et ravit 

Festival Orford Musique 2017 : Valérie Milot étonne et ravit

La harpiste Valérie Milot a renouvelé la formule... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

Agrandir

La harpiste Valérie Milot a renouvelé la formule des concerts classiques en ouverture du Festival Orford Musique. Son spectacle Orbis alliait musique et projections sur un dôme transparent.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(SHERBROOKE) Critique / Plusieurs conventions de musique classique ont été bousculées vendredi soir lors du concert d'ouverture du Festival Orford Musique 2017 par la harpiste Valérie Milot. Franchement, cela a fait du bien. Et c'était très réussi, malgré les inévitables améliorations à apporter à cette toute jeune production. Mais après une heure d'images et de musique virevoltantes, on ne peut que tirer son chapeau à cette interprète qui ose.

Les tabous brisés? Remplacer les musiciens qui devraient normalement vous accompagner par des bandes sonores. Se placer dans un contexte où les spectateurs ne vous voient pas toujours jouer... ou n'arrivent pas à distinguer votre partition du reste des pistes préenregistrées. Suggérer des images plutôt que laisser l'esprit du public s'en charger.

Scandale? Non, plutôt un vent de fraîcheur de la part d'une artiste qui se permet de casser quelques moules pour renouveler l'expérience.

Ce que la Trifluvienne a imaginé pour mettre en scène les pièces de son plus récent album Orbis, c'est de se placer, avec son instrument, sous un dôme transparent servant également d'écran pour projeter des images. Celles-ci servent, tantôt, à installer simplement une atmosphère, comme les cartes du ciel et mappemondes médiévales accompagnant Castille 1382, la magnifique pièce d'ouverture. Tantôt, ce sont carrément les autres interprètes préenregistrés qui apparaissent en hologrammes, dont la soprano Marianne Lambert.

Qui plus est, le dôme est mobile et se soulève par deux fois durant le concert, suggérant d'autres images et permettant des projections directement sur la musicienne. Certains effets sonores s'ajoutent aussi parfois lors des transitions entre les pièces : vent qui souffle en tempête, tonnerre et pluie, feu qui crépite... Les ambiances sont variées, les couleurs, multiples, la musique, toujours emballante.

Mais il y a quand même des tableaux plus réussis que d'autres, à commencer par l'Electric Counterpoint de Steve Reich, dans laquelle se superposent treize pistes de harpe. Quoi de mieux, pour évoquer cet étagement des partitions, que d'ajouter une projection... de la musicienne elle-même, puis d'une demi-douzaine de paires de mains?

Très bon flash également d'avoir inscrit chaque mouvement dans un phénomène atmosphérique, soit la pluie, la neige et la glace. L'expression « il pleut des cordes » n'aurait pu mieux seoir au premier mouvement, où l'empilement des cordes de harpes allait crescendo.

Contemplative et interprétée comme de la soie, In a Landscape de John Cage manquait toutefois de punch avec son arbre se garnissant très lentement de feuilles. Le faire plutôt passer par les quatre saisons pourrait galvaniser le moment. Quant à El Dorado, de Marjan Mozetich (la plus belle oeuvre de l'album, avec les Violons du Roy), elle devenait répétitive.

Il faut dire qu'Orbis est un disque réunissant des oeuvres créées sur le principe de la boucle, soit un motif destiné à être répété. D'où les images de cavaliers et d'engrenages revenant sans cesse pendant quinze minutes. Mais la pièce a quand même une direction, ce ne serait donc pas péché d'en donner une aussi aux projections.

On ne pourra toutefois pas reprocher à la musicienne d'avoir fait passer la musique en deuxième. Au contraire, on reste dans l'accompagnement visuel, même si on perd parfois la harpiste de vue, notamment dans les instants plus sombres.

Il faut aussi saluer non seulement la prestation de la musicienne pour sa justesse et sa fougue, mais aussi son souffle d'avoir interprété une heure de musique sans pause et de n'avoir raté aucune entrée en scène. Sans oublier son originalité et son audace de renouveler ainsi l'expérience du concert classique.

Deux chapeaux pour Wonny Song

Le président du conseil d'administration d'Orford Musique Serge Carreau a par ailleurs révélé, avant le concert, qui succédera au directeur général François Tétreault, lequel a annoncé la semaine dernière qu'il tirait sa révérence. Il s'agit en fait du directeur artistique Wonny Song, qui cumulera maintenant les deux fonctions, comme l'ont fait notamment Sophie Galaise de 2005 à 2007 et Davis Joachim de 2007 à 2009.




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer