Retour sur un nuage

Après presque dix ans de spectacles au compte-gouttes,... (Spectre Média, Maxime Picard)

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Après presque dix ans de spectacles au compte-gouttes, Carole Vincelette a repris le collier de la scène depuis un an. Elle sera au Sherblues le samedi 8 juillet.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Depuis un an, le téléphone a recommencé à sonner chez Carole Vincelette. Depuis, en fait, que sa conjointe France et elle ont vendu l'Hôtel Sawyerville, dans lequel elles ont investi un peu plus de dix ans de leur vie... et surtout de leur énergie. L'agenda pour les spectacles est ainsi redevenu grand ouvert. Et la nouvelle semble s'être répandue comme traînée de poudre.

Pour l'artiste, qui avait considérablement diminué les prestations, cet engouement a été extrêmement rassurant. Non, on ne l'avait pas oubliée, on s'était ennuyé d'elle et on avait vraiment hâte de la revoir sur scène.

« J'ai reçu tellement d'amour! Je suis un peu sur un nuage en ce moment. J'ai été prise dans un petit tourbillon », dit celle qui chantera justement les mercredis soir d'été au pub du Pont, à Magog.

« En fait, il y a toutes sortes de projets. J'ai recommencé à donner mon propre spectacle, qui mélange des interprétations et mon matériel original. J'ai chanté plusieurs soirs aux Loubards. Mais je compte prendre un temps d'arrêt après l'été pour vraiment réfléchir à ce que je veux faire. Est-ce que j'ai envie de réaliser un autre album [le dernier date de 2001]? Est-ce que je souhaite simplement envoyer mes chansons sur YouTube, comme je l'ai fait récemment avec une nouvelle composition, et reprendre les spectacles? »

Ce n'est pas l'idée de recommencer à faire de la route, pour courir les festivals de blues, qui la fait hésiter. « Ça, j'aime ça », dit celle qui habite maintenant Ayer's Cliff. « Mais pour le disque, je me sens vraiment entre l'arbre et l'écorce. Je fais partie de ceux et celles qui aiment encore l'objet. Je suis allée voir récemment Karen Young et Coral Egan et j'ai acheté l'album avant, pour ressentir l'espèce de lien avec cet objet qui vient d'elles, qui représente cette énergie entre l'artiste et nous. J'ai donc toujours cette envie de laisser quelque chose, ne serait-ce que pour mon propre plaisir. Mais cela reste un gros investissement... »

Diffuser ou... se diffuser

Derrière l'achat de l'Hôtel Sawyerville, il y avait le désir, pour Carole Vincelette, de « regoûter » à l'univers de son enfance (ses parents ont tenu l'Hôtel des Quatre Fourches à Magog pendant 25 ans) et de faire des lieux un nouveau diffuseur de spectacles. L'artiste chantait quand même ponctuellement, soit dans son propre établissement, soit pour des salles ou des événements dans les environs, telle la fête du Canada à Bury. Plusieurs de ses amis musiciens (notamment Jim Zeller, Julie Lamontagne, directrice musicale de Belle et bum, et son homologue d'En direct de l'univers Jean-Benoît Lasanté) l'ont visitée pour quelques prestations, dont la fête organisée pour ses 40 ans de métier, en juillet 2015.

« Mais il a fallu tellement d'heures et d'argent pour remettre les lieux en état, tout en s'occupant de la restauration et de l'hébergement, que, dix ans plus tard, on s'est posé la question : est-ce qu'on diffuse les autres... ou je me diffuse moi-même? »

La réponse est apparue évidente. « J'avais vraiment le goût de refaire plus de musique. »

Quitter Sawyerville ne s'est toutefois pas fait sans pincement au coeur. Carole Vincelette avait fait sa place dans la petite communauté. « L'hôtel d'un village, c'est un peu le pivot. Les gens y passent régulièrement, nous racontent leur vie. On était très proches d'eux. »

Grâce à Suzanne-Marie

La présence de Carole à la programmation du Sherblues (ce sera sa première fois) en compagnie de Nanette Workman et Danika Perreault n'est pas étrangère à l'arrivée de Suzanne-Marie Landry à la barre de l'événement. Cette dernière a été la directrice artistique du Sherbrooke en blues de 1991 à 1998, un festival dont Carole Vincelette était une habituée. La formule des Jalouses du blues, réunissant des interprètes féminines dans l'univers de la musique bleue, y avait vu le jour. « À l'époque, je l'avais justement fait avec Nanette. Avec Rita Chiarelli aussi, et plusieurs chanteuses américaines comme Susan Tedeschi. »

Nanette et Carole ont donc préparé une prestation où chacune glissera son propre répertoire (dont deux nouvelles pièces de Carole), mais où le mélange des univers sera prépondérant. Danika, nièce par alliance de Carole, aura aussi un bel espace, même si elle n'a pas de chansons originales.

« Depuis qu'elle a 13, 14 ans que Danika me suit dans mes spectacles. On a fini par lui faire une place sur scène. Aujourd'hui, elle est professeure au primaire, elle enseigne aussi le chant, mais elle continue de faire de la musique. C'est la plus blues de nous trois, la plus proche de la Louisiane. Moi, c'est plus blues-jazz ou blues-rock. Mais tous les styles seront là : le funky, le R&B, etc. Et je peux dire que la dernière chanson, par Nanette, sera quelque chose d'effrayant! »




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