Entre noirs et blancs

L'artiste Chantal Bonneville expose doublement toiles, photographies et... (Spectre Média, René Marquis)

Agrandir

L'artiste Chantal Bonneville expose doublement toiles, photographies et techniques mixtes cet été.

Spectre Média, René Marquis

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Sherbrooke) Du noir, du blanc, du gris. Systématiquement, vous pensez noirceur, tristesse, peut-être même que vous imaginez sous ces nuances de gris toute la violence ou le désespoir du monde. Mais regardez bien de nouveau.

« L'image en noir et blanc est tellement plus intéressante que l'image en couleurs. On arrive plus facilement à l'essentiel, on est moins distrait pas la couleur et il y a davantage place à interprétation. Il y a une incroyable charge narrative dans le noir et blanc. »

Et Chantal Bonneville a beaucoup à raconter. En noir et blanc, dans tous les tons de gris, en peinture et en photographie. Dans le mixte de tout ceci aussi. Mais il aura fallu longtemps pour que l'artiste sherbrookoise s'accorde ce droit de dire publiquement, qu'elle surmonte cette insécurité des artistes convaincus de devoir tout maîtriser avant de se dévoiler aux regards.

Diplômée du Cégep du Vieux-Montréal en photographie, Chantal Bonneville s'est ensuite dirigée vers l'enseignement au primaire afin de s'assurer une certaine sécurité, et pas que financière. « Jeune, on m'a inscrit dans un parcours artistique, mais je ne viens pas d'une famille d'artistes et je n'ai pas eu près de moi cet adulte signifiant pour me guider vers cet univers, m'apprendre le langage, me dire que c'est normal d'avoir envie de mourir avant de montrer ton stock, que c'est okay si ça parle pas tant que ça encore, que ça s'en vient. »

Mais il a fallu que Bonneville passe par la peinture pour se libérer de son insécurité. « Comme je n'avais jamais fait de peinture, que je n'avais pas de technique, ça m'a donné plus de liberté que la photo où je voulais tout maîtriser. J'explorais à la fois les médiums, les textures, les couleurs, je développais mon propre langage sans penser aux techniques. Grâce à ça, je suis retournée à la photo en me défaisant de mes attentes.

« J'avais besoin d'être à un certain degré de compétence, et là, ça va. Je me sens plus compétente, plus intéressante. Mon travail artistique est de plus en plus personnel, donc plus universel. C'est plus sobre, j'ai moins peur de dire ce que j'ai à dire. Je n'ai pas à être dans l'intention. Tranquillement, ça se raconte. »

Deux expos

Ce qui se raconte pour l'instant, c'est L'inutile orgueil et L'éther et le chaos qui se côtoient à la Galerie d'art de Cookshire, mais aussi les Éléments corrompus, poésie et matière qu'elle propose à l'Atelier Auckland de St-Isidore-de-Clifton au côté des artistes Sylvie Pinsonneault, Catherine Landry, Robert Péloquin, Luc Pallegoix, Sylvain Dodier et Raphaël Zweidler. Si elle s'est jetée dans les noirs pour cet événement collectif, elle a accroché à Cookshire quelques tableaux de blancs, de petits transferts de Polaroid abstraits et de grands formats photographiques explorant l'amour et l'érotisme.

« J'avais envie de parler de l'amour, mais en délicatesse, à partir de la tête d'une seule et même personne, à partir de son intérieur amoureux, pour que ce soit beau, sans parler nécessairement à l'autre. J'ai réuni ces deux univers qui se rejoignent bien », confie Chantal Bonneville en parlant de L'inutile orgueil et de L'éther et le chaos.

Et ceux qui croient toujours que le noir est un coin sombre de l'âme auront intérêt à faire le trajet jusqu'à l'Atelier Auckland au cours de l'été. « Le noir, c'est là où tu te retrouves quand tu fermes les yeux pour toucher des souvenirs, rêver, écouter autour. Il y a là tout plein de lumière. »




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer