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École de musique pianissimo : une harmonieuse passation

Pour son 30­e anniversaire, l'école de musique sherbrookoise... (Photo Spectre média, Jessica Garneau)

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Pour son 30­e anniversaire, l'école de musique sherbrookoise Pianissimo passera dans les mains d'une nouvelle génération. De g. à dr. : Anne-Dominique Gagné, Tristan Longval-Gagné, Véronique Rioux, Jean-François Longval et Maxim Bélanger.

Photo Spectre média, Jessica Garneau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Jean-François Longval et Anne-Dominique Gagné peuvent respirer : l'avenir de leur école de musique sherbrookoise, qu'ils ont patiemment construite depuis 1987, est maintenant assuré. Le 30 juin prochain, ils donneront officiellement la clef à leur fils, le pianiste Tristan Longval-Gagné, ainsi qu'à Véronique Rioux et Maxim Bélanger, qui formeront ensemble la nouvelle génération de propriétaires de Pianissimo.

En fait, il y a maintenant trois ans que le processus de transition est amorcé. Dès janvier 2014, Véronique et Maxim ont répondu oui à l'offre de prendre les rênes de la petite école privée devenue grande, condition essentielle pour que Tristan complète le trio, étant donné qu'il n'aurait pas eu les reins assez solides pour succéder seul à ses parents. Tant les fondateurs que la relève ont souhaité prendre leur temps pour que la passation se fasse en douceur.

« Pianissimo n'est pas une école de musique qui ne fait que prêter une clef et un local de répétition aux professeurs : les discussions entre enseignants, les rencontres et activités avec les élèves et leurs parents font partie de l'apprentissage. En tout cas, nous croyons que l'enseignement s'en trouve amélioré

par rapport à un professeur de musique qui travaille toujours seul dans son studio, résume Jean-François Longval. Il nous fallait des gens qui soient conscients de ça. »

Pour Tristan, qui adore enseigner, cette philosophie était intégrée depuis longtemps. Ses premières leçons de piano à Pianissimo, il les a données à partir de l'âge de 14 ans, parallèlement à ses études de musicien. L'idée que l'école disparaisse le jour où ses parents prendraient leur retraite lui avait déjà traversé l'esprit, mais il ne pouvait s'y résoudre.

« J'ai vu mes parents travailler extrêmement fort. Toute leur vie est passée là-dedans. Je trouvais ça tellement dommage que ça puisse arrêter », confie celui qui, d'un autre côté, ne pensait pas être capable d'assumer la succession en solo, se sentant totalement démuni par rapport à la gestion de l'école.

Les derniers à partir

Mais Pianissimo a recruté Véronique Rioux comme professeur de musique en 2009. La jeune femme du Bas-Saint-Laurent était inscrite au double bac en chant et en enseignement de la musique à l'Université de Sherbrooke. Deux ans plus tard, son copain Maxim Bélanger la rejoignait à Sherbrooke, intégrant Pianissimo comme professeur de guitare. Jean-François Longval et Anne-Dominique Gagné se sont vite aperçus que l'intérêt du couple pour l'école de musique était supérieur à la moyenne.

« Quand nous avions des discussions le soir après les cours, sur la musique, la pédagogie, les élèves, Maxim et Véronique étaient toujours les derniers à partir. Ça les intéressait hautement », rapporte Anne-Dominique Gagné, qui a décelé chez Maxim un intérêt pour l'administration, la tâche qu'elle a assumée pendant 30 ans à Pianissimo.

« Je lui ai demandé quels étaient ses temps libres pour s'initier à la gestion de l'école. Il m'a montré son horaire d'enseignement... et j'ai rempli les cases blanches », raconte-t-elle.

« Grâce à ça, je suis devenu employé presque à temps plein », ajoute Maxim, dont les parents avaient leurs propres commerces respectifs.

Le couple a quand même mûri sa décision. « De mon côté, précise Véronique, je savais, avec tous mes contacts en musique, qu'un travail à temps plein m'attendait si je retournais au Bas-Saint-Laurent. Ça a été un gros questionnement. Mais l'offre est arrivée au moment où on se demandait si on restait ou si on repartait. »

Presque 300 élèves

De neuf élèves la première année, Pianissimo est devenu aujourd'hui un établissement de presque 300 élèves qui reçoivent les leçons d'une vingtaine de professeurs. Ces derniers enseignent autant les instruments les plus populaires comme le violon, le piano et la guitare que le violoncelle, la flûte, le saxophone et la batterie. Sans oublier les différents styles de chant.

Juste pour donner une idée de l'importance de Pianissimo dans la région, une cinquantaine de ses élèves étaient de la dernière édition du Festival-concours de musique de Sherbrooke, ce qui représentait le cinquième de tous les participants et le quart des participants estriens.

Mais le 1er juillet, Jean-François et Anne-Dominique ne partiront surtout pas en goguette : ils demeurent propriétaires de l'édifice (l'objectif est qu'un jour, l'école en prenne possession) et comptent aussi poursuivre l'enseignement et rester comme mentors pendant quelques années. Par deux fois, Anne-Dominique a déjà essayé d'arrêter d'enseigner. Son moral a vite piqué du nez.

« La deuxième fois, j'avais eu ma leçon et je me suis dépêchée de reprendre des élèves », dit celle qui se spécialise avec les plus petits. Ces derniers la surnomment d'ailleurs Mamie Do. « Ça, c'est la récompense ultime! »

Pouding à l'arsenic

Mais avant la transmission officielle, il y aura le traditionnel concert de fin d'année, lequel prendra une plus grande importance dans les circonstances, en plus de souligner le 30e anniversaire. Plusieurs anciens élèves et enseignants ont d'ailleurs été invités à se joindre à la fête.

« Nous sommes allés voir les chansons qui avaient suscité les meilleures réactions depuis le début des concerts de fin d'année, en 1991 », soulignent Véronique et Maxim, citant des pièces aussi sérieuses que Hymne à la joie et Le temps des cathédrales que la folie du Pouding à l'arsenic.

« Nous voulons fêter le 30e dignement. Il y aura donc des reconnaissances spéciales », mentionne Jean-François Longval.

« Nous sommes fiers d'avoir duré 30 ans, mais encore plus que l'école ne meure pas », termine Anne-Dominique.




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