De l'écriture à la scène

L'écrivain Mathieu Arsenault présentera la version théâtrale de... (Photo archives La Presse)

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L'écrivain Mathieu Arsenault présentera la version théâtrale de La vie littéraire, un spectacle monté comme un stand-up dramatique pour faire réfléchir les spectateurs aux réalités du monde littéraire d'aujourd'hui.

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(Sherbrooke) « J'ai décidé d'écrire avant d'être bon. Alors le temps passait et j'écrivais de la marde. J'étais rendu en deuxième année d'université et je m'en allais vers la catastrophe. Je me disais que si je ne devenais pas écrivain, je finirais prof de cégep et ça ne m'intéressait pas du tout. En panique, j'ai jeté tous les beaux cahiers dans lesquels j'écrivais et j'ai pris une feuille mobile pour écrire tout ce qui me passait par la tête cet après-midi-là. À la fin de la journée, je me suis rendu compte que le résultat était beaucoup plus intéressant que lorsque je tentais d'écrire de beaux romans et de belles histoires », se souvient l'auteur Mathieu Arsenault.

Il sera de passage au Tremplin, samedi, pour y présenter l'adaptation théâtrale de son livre, La vie littéraire, dans le cadre du Festival du texte court de Sherbrooke.

La vie littéraire, c'est ce livre surprenant, écrit sans ponctuation, qui explore et botte le derrière au monde du livre à travers les réflexions d'une jeune écrivaine contemporaine.

« Le spectacle a été construit comme un stand-up, mais au lieu d'être un stand-up pour rire, c'est un stand-up dramatique pour que les gens réalisent que le monde littéraire existe et que cela concerne tout le monde. Quand une librairie ferme, par exemple, ce n'est pas juste grave pour les auteurs, mais aussi pour les gens qui ne lisent pas, car quelque chose de notre culture se perd », explique celui qui a signé cinq livres depuis 2004.

Même si l'écrivain a souvent participé à des lectures publiques de poésie, il en est à sa première expérience de longue haleine de performeur scénique. En collaboration avec Christian Lapointe, La vie littéraire a été montée pour une première fois en mars à Montréal. « Quand tu lis dans un bar, tu ne lis jamais plus que cinq minutes et tu dois être divertissant, car le monde n'a pas une grande capacité d'écoute. Cette fois, je fais un monologue de 50 minutes et quand j'arrive sur scène, les gens écoutent déjà. Je n'ai pas à aller chercher leur attention, mais je dois arriver à la garder. Ça demande une autre technique. Mais les réactions sont super bonnes jusqu'ici. »

Lors de sa prestation, Mathieu Arsenault présente un nouveau montage de La vie littéraire. « Ça ne commence pas à la première page et ne finit pas à la dernière, mais je traverse le livre et les mêmes thématiques autrement. »

La personne sur scène commence par se demander si le public sait qui elle est. Puis, au fil du texte, elle se rend compte qu'elle-même ne sait pas qui elle est. « Elle arrive finalement à dire qui elle est et pourquoi il est important de savoir qui nous sommes dans le monde littéraire. »

Une ambiguïté volontaire entoure cette personne sur scène. « Des fois, c'est l'auteur qui parle. Des fois, le personnage féminin se pointe à l'horizon et commence à parler d'elle-même. Je deviens alors uniquement le canal. »

Originaire de Rimouski et installé à Montréal depuis deux décennies, Mathieu Arsenault n'en sera pas à sa première visite à Sherbrooke. « Un de mes plus beaux souvenirs de lecture publique s'est déroulé à Sherbrooke, au Téléphone rouge, lors d'une soirée avec les Suspects de service. Un spectateur, un électricien qui s'intéressait très peu à la littérature, ou juste parce que sa blonde s'y intéressait, était venu me voir après une lecture pour me dire que ce que je venais de lire sur scène, il en lirait n'importe quand. C'est le plus beau compliment.»

« Même chose pour La vie littéraire. Pas besoin d'un doctorat en littérature pour aimer. J'ai des oncles et des tantes, fonctionnaires au fédéral ou travailleurs de la construction, qui sont venus et ont aimé », ajoute-t-il.

Si des choses graves surviennent dans le monde littéraire, il y a aussi de belles choses. Maude Veilleux, Baron Marc-André Lévesque, François Blais sont des auteurs contemporains qui épatent Mathieu Arsenault. « C'est le fun de rencontrer des gens qui font quelque chose que tu ne pourrais pas faire aussi bien. Ça me donne un break d'angoisse, car ces choses existent sans que je sois obligé de tenter de le faire », lance en riant l'écrivain.

La forme que prennent les livres de Mathieu Arsenault est tout sauf convenue. Si La vie littéraire ne comporte aucune ponctuation, Le guide des bars et pubs de Saguenay, son dernier livre, est composé de poèmes, au recto des pages, et d'un essai, au verso.

« Je ne cherche pas à être original. Ce que j'essaie de faire est d'écouter où le texte que j'écris veut aller. Si tous les écrivains écoutaient ce qu'ils ont à dire au lieu de faire des romans ou de la poésie, ils inventeraient leur forme à chaque fois. »

La forme non conventionnelle de ses livres fait en sorte que Mathieu Arsenault n'a jamais gagné de grand prix ou atteint le seuil commercial d'un best-seller. Pas plus qu'il n'est passé à Tout le monde en parle. « Par contre, tous mes livres ont été montés au théâtre, à l'exemption de ma thèse de doctorat, et j'ai la chance aujourd'hui de faire moi-même du théâtre », se réjouit l'écrivain.

La pièce de théâtre sera suivie d'une discussion avec l'auteur.




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