Des portraits intimes pour renaitre

Le photographe Yves Harnois présente le portrait qu'il... (Spectre Média, Julien Chamberland)

Agrandir

Le photographe Yves Harnois présente le portrait qu'il a fait de Mélissa Christiaenssens.

Spectre Média, Julien Chamberland

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Stéphanie Girard
La Tribune

(Sherbrooke) Simplement en regardant les photos exposées, rien ne permet de distinguer qu'on observe des personnes transgenres. À travers ses portraits, le photographe Yves Harnois souhaitait simplement représenter la renaissance de ces personnes.

En collaboration avec Iris Estrie et le groupe Caméléon, qui viennent en aide à la communauté LGBT, le portraitiste sherbrookois a développé le projet « Portraits intimes », qu'il a présenté à La Capsule le 3 mai. Celui qui a toujours apprécié la puissance du portrait tenait à aborder la transidentité d'un angle différent, sans mettre l'accent sur le drame de l'histoire, comme c'est généralement le cas.

« J'avais envie de corser un peu plus. Aller dans ce sens, c'était un peu me déstabiliser pour justement en apprendre plus sur le sujet », explique-t-il pour justifier son optique de renaissance.

« Je n'aurais pas pu faire ce projet lorsque je commençais en portrait, il y avait trop de paramètres à maitriser. Maintenant, j'étais tellement à l'aise avec ma technique que quand j'arrivais, je pouvais me concentrer seulement sur la personne », renchérit le photographe.

Le projet a suscité un intérêt instantané auprès des personnes concernées. « Je me suis arrêté à six personnes, mais j'aurais pu facilement en avoir 30. Tout le monde voulait participer », indique Yves Harnois. Il n'exclut d'ailleurs pas l'idée d'éventuellement en faire une exposition, tellement cela a créé un engouement. En plus de permettre une ouverture de la part de la population, l'exercice peut être une étape positive dans le cheminement des personnes transgenres.

Mélissa Christiaenssens figure parmi les modèles de « Portraits intimes ». Cette dernière s'est dite emballée par le projet et a surtout apprécié le respect de la démarche de M. Harnois.

« Je me suis rendu compte qu'en le faisant, j'allais peut-être aider des gens dans la même situation que moi, mais qui n'osent pas aller de l'avant. Aussi, peut-être aider les gens à mieux comprendre notre réalité », mentionne-t-elle à propos des raisons qui l'ont motivée.

« Ç'a aidé à augmenter ma confiance, de parler de mon expérience, de l'exprimer en émotions, surtout dans la vidéo. Parfois ça peut être difficile avec des proches, mais devant un objectif, c'est autre chose, c'est neutre », enchaîne-t-elle.

Le projet s'est en effet décliné sous forme d'une courte vidéo et d'un livret qui seront utilisés par l'organisme Iris Estrie dans le cadre de diverses interventions.

Par ses portraits, Yves Harnois souhaite transmettre un message bien simple, car même si la société en parle de plus en plus et que les règles changent, il reste du chemin à parcourir au sujet de la transidentité.

« Ce sont des humaines à part entière. Il faut suivre les étapes : rencontrer, découvrir et comprendre. Si on ne veut pas rencontrer, pas découvrir, on ne peut pas comprendre. Qu'on parle de personnes plus âgées, punk, tatouées ou artistes, j'ai réalisé qu'on a une chose en commun, c'est qu'on est tous humains », conclut-il.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer