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Retrouver un rêve perdu le temps d'une pièce de théâtre

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(Sherbrooke) L'auberge des rêves perdus est bondée. Au coeur de cette auberge se trouve un canapé. Et lorsqu'un des nombreux visiteurs s'étend sur ce canapé, il est instantanément transporté au pays des rêves perdus. Des rêves qui appartiennent à tout le monde et à personne en même temps. Des rêves oubliés ou refoulés qui seront cueillis par les voyageurs de passage.

Voilà les grandes lignes de la pièce de théâtre que présentera La Cordée, le 4 mai, dans le cadre de la Semaine nationale de la santé mentale 2017. Une douzaine de comédiens et de chanteurs participent au projet. Parmi eux se trouve Tania Lafond qui renoue avec un rêve d'enfance en montant sur scène.

« Quand j'étais petite, dès l'âge de six ans, je regardais la télé et je rêvais d'être actrice et chanteuse. Grâce à La Cordée, je peux le faire. Et le fait de le faire me fait évoluer et me fait grandir », note celle qui est atteinte d'un trouble de personnalité limite et qui souffre d'anxiété.

Son rêve, elle l'avait perdu en cours de route. « Quand j'étais jeune, je n'avais pas le droit de parler ni de m'exprimer à la maison alors quand je suis arrivée à l'école, j'étais très gênée. Je me cachais. Si je pouvais manquer l'école les jours d'exposés oraux, je le faisais. Le fait de faire du théâtre aujourd'hui est un très grand pas par en avant. En étant un autre personnage, je peux extérioriser toutes mes émotions. Je joue. Je m'amuse », raconte celle qui se glissera dans la peau d'une fleuriste zen le temps de la représentation.

Avec elle sur scène, Suzanne Alarie donnera la réplique.

« J'adore faire du théâtre, car ça m'aide à contrôler ma phobie sociale. Ça me dégêne et me donne de la confiance en moi. Faire du théâtre me donne l'au-delà de ce que je suis capable de faire. Je sors de ma zone de confort pour entrer dans un personnage. Pour cette pièce, je joue le personnage d'une femme de ménage qui souffre d'un TOC. Alors que je n'ai pas de TOC », lance en souriant celle qui a commencé à souffrir d'anxiété lors de son arrivée sur les bancs d'école.

« J'étais gauchère et à l'époque, les gauchers ce n'était pas bon. Ça m'a créé un stress et m'a poussée à m'inventer un monde imaginaire », souligne la comédienne de 57 ans.

Non loin de la réalité

La première fois qu'elle a joué au théâtre il y a quelques années, Suzanne Alarie s'était réfugiée dans les toilettes avant de monter sur scène.

« Je ne voulais plus sortir de là. En fait, je pensais aux sorties de secours. Puis finalement, en embarquant sur scène, j'étais une autre moi. Mes soeurs sont venues me voir par après, au Parvis, et elles n'en revenaient pas que je puisse être capable de faire cela », lance-t-elle fièrement.

Si le scénario est proche de la réalité des comédiens, ce n'est pas un hasard.

« On travaille depuis septembre avec les usagers de La Cordée pour faire ressortir ces rêves perdus. Ça n'a pas été toujours facile, car les gens qui souffrent de problèmes de santé mentale doivent souvent faire le deuil de plusieurs rêves. Les situations sont fictives, mais inspirées des gens », note le chargé de projets en création artistique Nicolas Roy qui a coécrit le texte avec Annie Patenaude.

La pièce L'auberge des rêves perdus sera présentée le 4 mai, à 19 h, au Centre Québecor du Séminaire Salésien. Les billets seront en vente à la porte au coût de 10 $.




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