Ce chaud Tardif

Il reste encore le monologue d'ouverture à écrire,... (Spectre Média, René Marquis)

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Il reste encore le monologue d'ouverture à écrire, mais sinon, Dominic Tardif est prêt à animer son troisième Show Tardif au Boquébière vendredi avec Christian Bégin et Pierre-Luc Funk comme invités.

Spectre Média, René Marquis

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CHRONIQUE / On ne va pas se mentir, non seulement Dominic Tardif est mon collègue depuis quelques années déjà, c'est aussi mon ami. Depuis presque aussi longtemps. Ça arrive souvent ça, un baveux et une baveuse prennent une bière ensemble, ça finit par baver dans le même verre.

Voilà c'est dit. Non seulement que c'est mon ami, mais qu'il est baveux. Terriblement baveux. T'aurais le goût de lui péter la gueule ou de lui casser les jambes, mais bon, belle gueule, une seule jambe, et puis, on réalise assez vite qu'il n'est pas que baveux Tardif, il est aussi magnifiquement drôle et sensible. Pas pire intelligent aussi.

Tout ça, ça se lit, ça se voit, ça se sent et ça s'entend. Ici dans La Tribune, dans Le Devoir aussi, beaucoup sur les différentes ondes de Radio-Canada, souvent également sur des scènes ou dans des soirées, lorsqu'il anime avec verve et aplomb des discussions, des entrevues, des tables rondes ou son propre talk-show.

Son propre talk-show. Il en rêvait depuis toujours d'un talk-show, Tardif, groupie fini de Letterman dont il vient de lire une autre biographie, admirateur à différents degrés des Kimmel, Fallon, Colbert et compagnie de la tradition américaine de fin de soirée, tripeux des nuits qui s'allongent dans le plaisir et la surprise, amoureux de la vie animée et de la culture allumée.

Il rêvait de son talk-show, il l'a créé avec des amis, monté à bout de bras et de bénévolat, convaincu ses premiers invités il y a deux ans, signé une deuxième édition canon avec Guy Jodoin l'an dernier, et le voilà à moins d'une semaine de partager la scène du Boquébière avec Christian Bégin et Pierre-Luc Funk.

De bons invités, c'est le premier ingrédient pour un bon talk-show, insiste Tardif en louangeant avec admiration Guy Jodoin qui l'avait généreusement challengé par son énergie et son expérience de la scène. « Je me sentais sur le bord d'un précipice. Il me poussait d'un bras, mais me retenait de l'autre. J'avais le feeling que je pouvais tomber en bas, mais je savais en même temps que ça se produirait pas. C'est un individu rare, d'une gentillesse exceptionnelle. »

Gentillesse et générosité que Tardif retrouve auprès de la bande du Boquébière, qui a même créé une bière blanche à son nom pour la belle saison à venir, et auprès de sa gang de feu, son équipe, ses chums Andy Bourgeois qui dirige sa Fanfare pintée sur scène et Mathieu K. Blais avec qui il écrit son monologue, un autre nerf de la guerre.

« Toute l'idée du talk-show, ça remonte au temps où je faisais des soirées littéraires avec Jean-Philippe Martel et Mathieu, rappelle-t-il. On avait du fun à écrire chacun nos propres textes qui étaient toujours suicidaires, mais on avait ben plus de fun à écrire ensemble les présentations qui étaient complètement niaiseuses des écrivains qu'on recevait. Je conserve ce plaisir-là avec Mathieu, on partage la même sensibilité, le côté un peu ironique. On aime voir où se situe la limite. »

De l'ironie, du sarcasme, de l'humour incisif, mais contrairement à son inspiration Letterman, pas de condescendance. Pas de cynisme non plus. Parce que Tardif a beau traîner une réputation de ténébreux bien baveux, il se défend de tout cynisme, ne cache même pas son hypersensibilité.

« Je braille tout le temps, pis je ne m'en cache pas. Je trouve ça niaiseux d'ailleurs les gars qui refusent de brailler ou qui se cachent pour le faire. Come on les boys! » lance-t-il avant de raconter la cérémonieuse mise en scène de départ à la retraite du légendaire Undertaker au terme d'un récent gala de lutte diffusé au cinéma Galaxy.

« Je me suis mis à brailler dans l'allée, mais pas des petites larmes sur les joues là, les épaules qui shakent pis tout », confie ce gars qui plonge avec la même ferveur et la même authenticité dans un gala de lutte que dans une soirée de poésie, de théâtre, de rock qui torche ou de discussions animées.

« Les personnes qui sont univoques ou qui sont juste d'une couleur, me semble que c'est pas du monde à qui on fait trop confiance », fait valoir Dominic Tardif en parlant de ses rencontres sur scène ou dans l'intimité d'une entrevue.

Il a bien raison. On lui fait donc entièrement confiance.

Vous voulez y aller?

Le Show Tardif

Vendredi 5 mai, 20 h

Boquébière, 50 Wellington Nord

Billets à la porte seulement : 10 $




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