Coco Méliès : l'énigme en soi

David Méliès et Francesca Como forment le duo... (La Presse, Olivier Pontbriand)

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David Méliès et Francesca Como forment le duo Coco Méliès.

La Presse, Olivier Pontbriand

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(Sherbrooke) Après un premier album salué par la critique, Coco Méliès récidive en lançant un deuxième opus folk anglophone, The Riddle.

« The Riddle, c'est l'énigme. On aimait cette image, car chacun est une énigme par rapport à soi-même et par rapport aux autres », explique en entrevue téléphonique la moitié féminine du duo, Francesca Como.

Please sit tight. I'm sitting on a park bench. May I sit here for a while. I sit on the window seat. Dans plusieurs des 12 titres de l'album, il est question d'être assis. Pour regarder le temps passer, penser aux années perdues, prendre le temps d'être ensemble, ou d'être, tout court.

« C'est vrai, lance en riant l'auteure-compositrice-interprète. Avec cet album, on prend du recul, un temps de pause pour prendre conscience d'où on est et où on s'en va. Une pause qui permet de se positionner par rapport à notre quête de connaissance de soi. Est-ce qu'on est bien avec qui on est? Est-ce qu'on est encore en train de se mentir pour essayer de cadrer dans ce monde ou dans nos relations? C'est comme si chaque chanson était une petite lettre qu'on s'écrivait à soi-même et pour prendre le temps de s'écrire, il faut être dans un état d'arrêt. »

« Je reviens à l'énigme. Pour la résoudre et apprendre à se connaître, il faut prendre le temps de regarder tous les angles. Ce temps d'arrêt n'est pas une perte de temps, au contraire, mais du temps gagné à se connaître », ajoute la chanteuse.

Coco Méliès, c'est Francesca Como et David Méliès. Originaire du Centre-du-Québec, la première a grandi à Sherbrooke, où elle est restée jusqu'à ses 17 ans.

L'ancienne élève de l'école LaRocque est montée sur scène à un jeune âge. « Très tôt, mes parents m'ont inscrite à des cours de danse et des cours de mannequinat. Mais la musique a vraiment pris une plus grande place à l'adolescence, époque où je suis devenue une fanatique de tout ce qui se faisait musicalement. À 15 ans, mon père m'a acheté une guitare et c'est là que j'ai compris que c'était le meilleur moyen de faire passer mes messages », se souvient celle qui a aussi fréquenté le pensionnat de Waterville.

Initiée par sa soeur aux Backstreet Boys et aux Spice Girls, l'adolescente migre rapidement vers les Ben Harper, Tragically Hip, Red Hot Chili Peppers, PJ Harvey de ce monde. En parallèle, elle se familiarise avec la musique écoutée par ses parents. The Beatles, Bob Dylan, Simon & Garfunkel.

Pendant ce temps, son acolyte, « born and raise » à Montréal, passe au travers de son adolescence en écoutant du métal et en jouant de la guitare avec son cousin. « Puis un jour, David est tombé sur un album de Cat Stevens. Il n'en parlait pas trop à ses amis métalleux, mais il découvrait le monde folk et il n'a jamais cessé de s'y intéresser », souligne la chanteuse.

La rencontre de Coco et Méliès

Après quelques années à voyager, Francesca s'installe à Montréal où elle rencontre David, en 2008, lors d'une soirée à micro ouvert dans le sud-ouest de la métropole.

« Ce soir-là, David est venu me donner un album. Je suis allée le voir en show deux semaines plus tard et c'est là que musicalement, on a connecté. On s'est revu, on a échangé des trucs musicaux qu'on avait faits. Tout s'est emboîté parfaitement, sans réfléchir. Les deux, on faisait de la musique, mais c'est lorsqu'on s'est rencontré que tout a pris son sens. Il avait des plans pour aller vivre en Europe, j'avais le plan d'aller vivre à Vancouver. Finalement, on n'est jamais reparti », résume-t-elle.

À la connexion musicale s'est ajoutée la connexion amoureuse et c'est en couple qu'ils ont poursuivi leur quête de la scène artistique.

En 2011, Coco Méliès lance The Walking Birds, une première carte de visite remarquée qui mènera le duo à assurer les premières parties de Bran Van 3000, Alex Nevsky, Moriarty.

Puis la victoire à Sherbrooklyn en 2013 permet au duo de lancer Lighthouse, en 2014. Ce premier album récolte une nomination au GAMIQ en 2015, dans la catégorie Meilleur album folk. « Sherbrooklyn est un point tournant pour Coco Méliès et on s'en rend compte après coup. On a pu faire notre premier album sans avoir 10 000 $ de dette. On est très reconnaissant. »

Depuis la sortie de Lighthouse, Coco Méliès s'est fait connaître en multipliant les concerts au Québec et en Europe. Le duo s'est notamment produit au Festival international de jazz de Montréal, au Rockwood Music Hall, à New York et au Festival Folk You, à Paris.

Le duo signait avec la maison de disque Audiogram en avril 2016 et c'est à l'automne qu'il entrait en studio pour enregistrer The Riddle avec la complicité de deux musiciens sherbrookois, soit Julien Thibault et Simon Bilodeau, deux membres du groupe Édwar 7.

« Notre nouvel album ressemble au premier, car on reste dans une ambiance folk et on aime encore alterner entre les passages plus intimes et ceux plus explosifs. Par contre, on a moins de cordes, plus de cuivres. Et on est allé puiser encore plus loin dans les racines du folk », résume Francesca.

Dans des chansons envoûtantes, parfois entraînantes, les voix des deux complices se répondent, se superposent, avec une poésie remplie de vent, d'astres, de chute et de mer.

« Pourtant on était entouré de béton lorsqu'on a composé l'album, mais je crois que la nature et l'image des grands espaces nous mènent à réfléchir. Leur grandeur nous ramène à notre petitesse », explique Francesca qui espère monter sur une scène à Sherbrooke prochainement. En attendant, The Riddle est disponible depuis vendredi.

Les lettres de Francesca

Letter est le premier extrait de l'album The Riddle. Le duo Coco Méliès décrit Letter comme « des mots que l'on s'adresse à soi-même tout en nourrissant l'espoir qu'ils parviendront à l'autre ». Pour le plaisir, La Tribune a demandé à Francesca Como de choisir trois personnes, mortes ou vivantes, célèbres ou non, à qui elle aimerait adresser une lettre. 

Lettre à mon père

« La première lettre que j'écrirais irait à mon père, Lionel, qui est décédé il y a six ans. J'aurais juste envie de lui dire un énorme merci de m'avoir transmis ce goût de grandeur. »

Lettre à Ben Harper

« J'écrirais aussi merci à Ben Harper d'avoir été le déclencheur d'une maturité artistique. Parce qu'avant lui, il n'y avait pas grand-chose d'artistique qui se passait dans ma vie musicale. Il a été mon réveil-matin de la musique puisque avant lui, c'était du Backstreet Boys et du Spice Girls. Ce qui n'est pas mauvais, mais c'est autre chose. »

Lettre à Donald Trump

« Je ne peux pas m'empêcher d'adresser ma dernière lettre à Trump et de lui demander de, svp, laisser sa place à quelqu'un d'autre et de retourner à son golf. »

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The Riddle

Coco Méliès

Folk anglophone

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