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Robert Charlebois : sur la vague des grands succès

Robert Charlebois... (Photo Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse)

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Robert Charlebois

Photo Édouard Plante-Fréchette, archives La Presse

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) J'entends au loin une mélodie de piano, une voix qui chantonne sur un air que je ne connais pas. Charlebois s'interrompt pour prendre le combiné.

« C'est une nouvelle chanson. Même mes musiciens ne l'ont pas encore entendue! Je ne peux pas te dire le titre, même ça, ce serait trop. »

Il y a du bonheur dans sa voix. Une excitation joyeuse. J'ai l'impression d'avoir à l'autre bout du fil un gamin qui viendrait de mettre la main sur une carte de hockey rare. Ça tombe bien, Robert Charlebois considère son art comme un sport.

« La chanson, j'ai toujours vu ça comme ça. La voix, après tout, c'est un muscle, il faut l'entretenir. Et il faut être drôlement en forme pour chanter pendant plus d'une heure et demie! Alors je m'entraîne chaque jour au piano, en dosant pour ne pas multiplier les bursites ou les tendinites. »

Devant son instrument, il répète les chansons d'hier, il en compose de nouvelles. Mais il n'a pas si souvent l'occasion de jouer ses neuves créations. En plus de 50 ans de carrière, il a collectionné les succès. Il a marqué les époques et les mémoires.

« Je dois avoir environ 40 ou 50 chansons qui ont fait le top cinq québécois. Ça en fait beaucoup dans lesquelles piger. »

Et le public est partout gourmand de ces hits.

« Je ne peux pas faire un show sans enchaîner Ordinaire, Entr' deux joints, Dolorès, The Frog Song, Demain l'hiver, J't'aime comme un fou, Lindberg, Je reviendrai à Montréal. Et tellement d'autres encore. À la fin, je réussis à faire une ou deux chansons de mon répertoire du XXIe siècle, mais c'est à peu près tout. C'est correct comme ça. »

Le métier aujourd'hui

Ça ne lui enlève pas le goût de créer. Mais entrer en studio pour mitonner un nouvel album, ça, il n'est pas certain.

« C'est-à-dire que j'aimerais ça, mais il paraît que ça ne marche pas fort, les disques, ces temps-ci. Que c'est même un peu inutile. Mon cerveau n'est pas aligné pour ce que commande le métier aujourd'hui. C'est une profession à l'agonie. Les artistes récoltent une demi-cent quand une chanson est diffusée 200 fois sur l'internet. Une demi-cent! C'est ajouter l'injure à l'insulte. Non, vraiment, je ne me reconnais pas là-dedans. J'ai tout le temps pensé en termes d'album et ça ne fonctionne plus comme ça. Là, c'est comme si on disait à un romancier que dorénavant, il ne doit écrire que des nouvelles ou des articles de magazine. Mais bon, moi, ma carrière, elle est faite. Je me dis juste que je ne voudrais pas être un artiste qui commence aujourd'hui. Au moins, il reste la scène. Ça, c'est intact. Un show live, c'est de l'émotion qui imprime un souvenir. Et qu'il soit bon ou mauvais, il se passe quelque chose. C'est de l'art vivant. »

C'est le retour aux racines, au vrai.

« L'artiste, c'est juste le prolongement du sorcier africain, au fond. Tu sais, celui qui racontait des histoires avec ses tam-tams. Et le spectacle, c'est ce qui sépare les hommes des petits garçons. Tout se passe là. Le contact presque animal, l'émotion brute, la vraie affaire. On sort d'une salle de spectacle en riant ou en pleurant, mais bon dieu, on a vécu quelque chose! C'est ça qui compte. »

Dans ses salles à lui, on rocke. Et on rit.

« Mon work-out, c'est mon show. Je suis avec une belle gang de jeunes talents qui m'emmènent ailleurs. Mon spectacle, c'est une soirée électroacoustique. Vous allez peut-être sortir en saignant du nez parce que ça bouge pas mal! » résume-t-il dans un éclat de rire avant d'ajouter, sérieux : « Et je fais des jokes tout le long. Les gens rient au moins 25 fois pendant la soirée. »

Dame de compagnie

Une soirée au cours de laquelle ils sont six sur scène à ramer dans des eaux électriques, poussés par le bon vent de la nostalgie, une essentielle dame de compagnie.

« La nostalgie, c'est très différent de la mélancolie, et c'est quelque chose que j'aime. C'est un état fantastique, c'est un peu faire semblant d'être heureux pendant deux heures, c'est la base de la poésie, je pense. »

La poésie, justement. Il pourrait s'y coller le temps d'un recueil? Après tout, il a déjà signé un roman, On dirait ma femme... en mieux, publié chez Stanké avant le tournant des années 2000.

« Soyons honnête, ce livre-là, c'était une blague sur papier. Mais dès qu'on touche à l'écrit, on tombe dans le sens biblique des choses. Ça devient sérieux tout d'un coup. Au fond, mon bouquin, c'était un livre de cul. J'étais bloqué dans la composition de chansons, j'ai décidé de faire de l'écriture automatique. Ça a donné ça. »

On comprend entre les lignes qu'il n'a pas nécessairement envie d'y retourner. Une bio, par contre, il ne dirait peut-être pas non.

Bio de Bruce

« Celle de Bruce Springsteen, c'est du bonbon, elle est bien faite. Il commence par parler de la rue, de son enfance, de ses amis. Un bijou. Quelque chose comme ça, peut-être un jour... mais pas tout de suite, je suis encore trop jeune », précise-t-il en riant.

Et il a encore trop de contrats à gauche et à droite. Après une série de spectacles couronnés de succès en France, il retournera là-bas au cours des prochains mois. En plus de faire de la tournée ici. En plus d'avoir quelques scènes de festival au menu cet été. En plus de chanter au grand spectacle du 375e de Montréal.

À l'entendre défiler ses rendez-vous, on le comprend de s'entraîner chaque matin au piano. D'ailleurs, c'est l'heure, je le laisse retourner à sa chanson dont on ne peut pas prononcer le nom. Une chanson qui cause de quoi, au fait?

« D'amour, bien sûr. »

Vous voulez y aller ?

Rock'oustic

Robert Charlebois

Samedi 22 avril, 20 h

Théâtre Granada

Entrée : 49,50 $




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