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William S. Messier : dribbler avec les mots

Le basketball, sport de prédilection de William S.... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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Le basketball, sport de prédilection de William S. Messier à l'adolescence, est présent dans chacune des nouvelles de son quatrième livre, Le basketball et ses fondamentaux.

Spectre Média, Frédéric Côté

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Le basketball et ses fondamentaux est un bel ovni littéraire. William S. Messier a pensé et écrit son recueil en faisant du terrain de basket la toile de fond de ses histoires. C'est-à-dire que le sport de ballon est partout dans ses nouvelles.

« Au départ, c'était presque une blague, un pari un peu fou. Mais je me suis pris au jeu en creusant mon concept. J'ai réalisé qu'il n'y avait à peu près pas d'imaginaire littéraire axé autour du basket », explique l'écrivain qui enseigne au Cégep de Sherbrooke.

Le basket offrait en quelque sorte une page blanche. Il permettait aussi à l'auteur d'encrer sa plume dans une certaine nostalgie, en le ramenant un pas en arrière, quelque part sous les néons des gymnases. Aux belles heures de son adolescence granbyenne, quand il multipliait les tirs au panier et les matchs d'équipe.

« J'étais aussi un grand amateur de hip hop et j'ai construit le recueil en m'inspirant des albums du genre, qui intercalent des interludes entre les chansons. Tout a été réfléchi. »

Reste que. Le ciment des textes est ailleurs.

« S'il y a un fil conducteur, un grand thème commun entre mes histoires, il se trouve probablement dans les aspirations déçues des personnages. Ils ont eu de belles ambitions, ils ont eu envie de faire de grandes choses. Et ils n'y sont pas arrivés. »

Ce noeud-là n'avait pas été exploité par l'écrivain dans ses trois précédents bouquins. « C'est une idée qui allait de pair avec le sport », explique-t-il.

Vrai. Combien s'entraînent jusqu'à plus soif en nourrissant des espoirs de médailles d'or et de ligues professionnelles? À la fin, il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus, on le sait.

« C'est probablement aussi quelque chose qui vient avec l'âge adulte. »

Quand le temps qui passe conduit à poser un autre regard sur les rêves de jeunesse qu'on portait.

Capitale du bonheur

Les personnages qui traversent les histoires de William S. Messier ont donc renoncé à certaines de leurs grandes visées pour composer avec ce que la vie avait à leur offrir. Ils évoluent dans le paysage familier de Sherbrooke comme de Granby.

« J'aime intégrer le territoire que je connais. »

Le tordre, aussi, un peu. Granby, il y a grandi. Il érafle la « capitale du bonheur », « un slogan véritablement utilisé par la municipalité au début des années 2000 », révèle-t-il. Dans la pièce de résistance du recueil, une novela qui arrive en fin de course, la petite vie de quartier un peu beige est tranquillement menacée par une invasion d'abeilles africaines.

« J'ai mis Granby, mais en fait, je pense que toutes les villes abritent des quartiers anonymes aux maisons toutes pareilles. Ce bonheur en clapboard, il est factice, un peu suspect. »

Dans ce décor formaté, l'arrivée des insectes tueurs bouscule la vie des uns et des autres.

« J'aime jouer sur ce terrain-là. Faire apparaître des éléments extraordinaires dans un contexte super banal. La littérature permet ça. »

Fiction audio

Le web aussi. Avec l'ami Samuel Archibald, William S. Messier a bricolé les textes des huit courts épisodes de Terreur 404, une série d'histoires d'épouvante ancrées aux nouvelles technologies. Réalisée par Sébastien Diaz, la websérie est offerte sur Tou.tv.

Grâce à une subvention du CALQ, le créateur travaille aussi sur une fiction de baladodiffusion. Un bonheur pour celui qui aime jouer la carte de l'oralité en littérature.

« La fiction audio, c'est une idée qui me plaît beaucoup. Je suis un grand amateur de podcasts. J'en écoute depuis une dizaine d'années. L'histoire, en gros, se déploie autour d'une radio communautaire campée dans le petit village de Savage Mills, un hameau qui a déjà existé, mais qui a été inondé. J'ai tripé sur l'idée qu'il pouvait y avoir quelque chose en dessous de l'eau. J'ai donc inventé un village qui se serait bâti autour de cette zone-là. À cause d'un projet de restructuration, les villageois décident de vider et déplacer le réservoir. Ça fait sortir plein de bibittes. Il y a des choses enfouies qui refont surface. »

Le tout est en chemin depuis plus d'un an, mais comme William S. Messier dribblait avec plusieurs écrits en même temps, le projet s'est un peu retrouvé sur la touche.

« J'en termine la rédaction, j'espère enregistrer pendant l'été. »

WILLIAM S. MESSIER

Le Basketball et ses fondamentaux

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Le Quartanier

248 pages




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