Là où les images prennent racines

L'historien et réalisateur Vincent Marie est de retour... (Spectre Média, Julien Chamberland)

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L'historien et réalisateur Vincent Marie est de retour au Festival cinéma du monde avec son nouveau documentaire Là où poussent les coquelicots, mais aussi à titre de président du jury de la compétition régionale.

Spectre Média, Julien Chamberland

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(Sherbrooke) C'est peut-être le facteur temps, peut-être aussi celui de la distance, mais les horreurs de la Grande Guerre n'ont pas la même résonnance ici que sur le continent européen où elle a fait la majeure partie des quelque 10 millions de morts dénombrés entre sa déclaration en juillet 1914 et l'armistice de 1918. Pourtant, c'est un poème canadien qui ouvre et clôt le magnifique Là où poussent les coquelicots du réalisateur français Vincent Marie.

« Ici en France, la Grande Guerre est un vrai traumatisme, c'est viscéral, rappelle le réalisateur français. Toute la société est concernée. Tout le monde a un lien direct dans la famille avec un mort ou un blessé, un arrière-grand-père ou un grand-oncle qui a vécu la guerre, qui n'en est pas revenu ou alors très abîmé. Peu importe la ville ou le village, peu importe la région, chacun porte son histoire de famille en lien avec cette guerre.

« C'est une guerre qui a touché toutes les couches de notre société, mais aussi toutes les sociétés. Et ce poème de John McCrae, (In Flanders Fields, Au champ d'honneur en français) avec ses références aux coquelicots, exprime bien l'intensité de ce moment de l'histoire », reprend l'historien de profession, qui a pour son documentaire tourné sa caméra vers Verdun et la Somme, mais aussi vers Sarajevo et le front italien.

Moment de l'histoire surtout que Vincent Marie a voulu aborder du point de vue des illustrateurs et bédéistes qui l'ont raconté, dans toute son horreur, mais aussi dans toutes ses nuances. Un choix qui donne au final un film magnifique où l'on explore cette histoire centenaire de même que le processus de création des artistes.

« J'ai beaucoup réfléchi sur notre vision de l'histoire, note-t-il. Et nécessairement, lorsque l'on ferme les yeux, qu'on pense à une période de l'histoire, peu importe laquelle, il y a toujours des images qui nous viennent d'abord en tête. Mais ces images, d'où viennent-elles? Du cinéma? Des volumes scolaires? Des bandes dessinées? Nécessairement. Aussi ai-je eu envie de regarder de près la fabrication d'images historiques d'artistes qui n'ont jamais vécu ça. Comment tisser des liens entre le passé et le présent? »

Pour ce faire, Vincent Marie a fait appel aux Jacques Tardi, Henrik Rehr, Kris & Maël, David Vandermeulen, Joe Sacco, Charlie Adlard, Robbie Morrison et Delphine Priet-Mahéo dont les interventions sont touchantes et confrontantes, à l'image du film.

« Je suis dans un processus où la recherche et la création se nourrissent », explique l'historien et réalisateur, qui a trouvé dans le cinéma un médium parfait pour la transmission de ses recherches, et dont le prochain film sera tourné au Québec, au Nunavut plus précisément où son frère Laurent et lui vont initier de jeunes inuits à la plongée. Une façon, prétend Vincent Marie, de leur permettre de renouer avec la pensée sauvage.

Président du jury de la compétition régionale du Festival cinéma du monde, Vincent Marie sera présent lors des deux projections de son documentaire, jeudi en après-midi à la salle Alfred-DesRochers, puis samedi à la Maison du cinéma en programme double avec le docufiction Une saison de myrtilles et d'airelles, qui lui se penche sur une partie de la vie d'Apollinaire.




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