Cinéma muet et pianiste béni

Roman Zavada et ses improvisations prennent d'assaut la Wellington... (La Presse)

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Roman Zavada et ses improvisations prennent d'assaut la Wellington et le Festival Cinéma du monde.

La Presse

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(Sherbrooke) Buster Keaton, fort probablement. Ou Laurel et Hardy. Peut-être Chaplin aussi. Mais assurément Roman Zavada, s'inspirant des faits et gestes de ces légendes du cinéma muet afin de créer le pont entre les mimiques sur grand écran et la foule juste devant.

Ce n'est pas la première fois que le pianiste et compositeur vient à Sherbrooke plaquer quelques accords et déboulonner ses quadruples croches au gré des films muets qu'il trie lui-même sur le volet d'une époque révolue. Mais cette fois, Zavada et ses improvisations prennent d'assaut la Wellington et le Festival Cinéma du monde.

« Pour ce genre de projets, tu as besoin de deux choses, explique Roman Zavada. Ça prend bien sûr un bon film muet, mais aussi un public qui embarque, qui réagit. Moi, ça me nourrit beaucoup. Plus ils réagissent, plus fort j'y vais dans le plaisir. »

Le pianiste et compositeur peut bien prétendre que ce sont les seuls ingrédients nécessaires pour transcender les émotions d'un film muet, on se permettra ici d'ajouter qu'il faut aussi une belle dose d'intelligence émotive, un brin d'anticipation, un tantinet d'expérience et une belle confiance en soi.

« Oui, concède-t-il en riant. Mais je suis né avec un piano entre les mains, je compose depuis l'âge de 4 ans et je suis totalement dans mon élément dans l'improvisation. Probablement qu'un pianiste classique habitué à travailler avec ses partitions serait un peu plus dépourvu, mais dans mon cas, ça se fait presque tout seul, je n'y pense pas. C'est un peu comme parler ou conduite sa voiture, il y a des connexions qui se font naturellement. »

Et il y a déjà un moment qu'il a fait ses premières armes au cinéma muet en allant remplacer le pianiste attitré de la Cinémathèque, Gabriel Thibodeau, un ancien élève de sa mère, Claudette Berthiaume-Zavada.

« Il cherchait un remplaçant. Moi, j'improvisais tout le temps. J'ai eu la piqûre tout de suite et je suis resté à ses côtés. Puis à un moment, ça m'a donné l'idée de sortir le cinéma muet de la Cinémathèque, d'amener ça à un public plus large. »

Entre deux solitudes

Roman Zavada s'est retrouvé dans les bars où il proposait comédies et films d'horreur, entre autres, avant de trouver place dans des événements et des festivals. Les Sherbrookois ont encore eu l'occasion de l'applaudir l'été dernier alors qu'il assurait la première partie de l'Orchestre du 7e art sur la scène de la place Nikitotek.

Et voilà qu'on imagine aisément Zavada le nez constamment rivé à un écran, enfilant les dernières sorties de films, absorbant les scènes les unes après les autres. « En fait, je vais peu au cinéma et j'ai besoin de silence, de solitude sonore », explique celui qui a trouvé refuge dans la campagne de Sainte-Christine, près d'Upton.

Celui qui, depuis quelques années aussi maintenant, a trouvé refuge dans les Résonances boréales, projet auquel il a donné vie après un séjour dans le Grand Nord. « Un moment exceptionnel où je me suis laissé porter par les émotions du Grand Nord, sa puissance, sa solitude et ses états d'âme pour créer un album touchant, très poétique », raconte le nommé du dernier gala de l'ADISQ pour l'album instrumental. Le spectacle tiré de Résonances a d'ailleurs fait salle comble 25 fois lors de Montréal en lumières et retourne à la Société des arts technologiques (SAT) en avril.




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