Une indélébile amitié de 37 ans

En août dernier, Jean-Bernard Hébert et Janine Sutto... (Photo fournie)

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En août dernier, Jean-Bernard Hébert et Janine Sutto ont partagé un souper au Toqué, à Montréal, pour célébrer respectivement leur 55e et 95e anniversaires. C'est la dernière fois qu'il l'a vue en pleine forme.

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Enseignante, copine, amie, alliée, consultante, confidente... Le directeur du Théâtre des Grands Chênes de Kingsey Falls, Jean-Bernard Hébert, ne manque pas de mots pour décrire celle avec qui il a partagé une amitié de 37 ans.

« Et qui va continuer, parce que tout ce qu'elle m'a légué, je vais le porter en moi tant que je vivrai », ajoute celui qui a eu la chance d'aller faire ses adieux à cette grande dame dont il était devenu, en quelque sorte, le « garde du corps ». Ces dernières années, lorsque Janine Sutto était invitée à une soirée de gala, l'homme de théâtre était souvent à ses côtés.

« Mon ami Yves Bélanger m'a accompagné lors de ma dernière visite à Janine aux soins palliatifs à St. Mary's. J'ai pu lui redire mon amour une dernière fois. Elle a tenu à nous serrer dans ses bras. C'était très épuisant pour elle, elle avait perdu beaucoup de forces. »

Jean-Bernard Hébert évalue à au moins une douzaine le nombre de ses productions dans lesquelles Janine Sutto a joué. Il confirme l'énergie de l'actrice, toujours prête à sortir souper après le spectacle, toujours dernière à vouloir quitter le restaurant.

« Pour Janine, qui s'occupait de sa fille handicapée à la maison, la tournée équivalait à des vacances. Je m'assurais donc de convaincre que les chefs des restaurants de rester tard. Mon argument était que Mme Sutto serait là. »

Jean-Bernard Hébert n'oubliera jamais l'actrice rigoureuse et professionnelle, ni la bonne vivante, ni la battante qui ne quittait jamais le navire quand un spectacle ou une compagnie allaient mal. « Même à 80 ans passés, c'était une rassembleuse, qui ne se plaignait jamais de rien. Elle a connu des comédiens d'au moins neuf générations. Elle aimait les jeunes créateurs avec de nouvelles visions. »

Avec ses collègues de la pièce Représailles, dont Raymond Bouchard, Jean-Bernard Hébert a dédié la représentation d'hier soir à Drummondville à son amie disparue.

« C'est tout un pan de l'histoire du théâtre, mais aussi de l'histoire des femmes, qui vient de tomber, mais dont on pourra se servir comme modèle. »




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