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Annie Lagrandeur: portée par le vent de Chine

Native de Magog mais aujourd'hui établie à Sherbrooke,... (Spectre Média, René Marquis)

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Native de Magog mais aujourd'hui établie à Sherbrooke, Annie Lagrandeur signe La charmeuse de vent, un premier roman délicat comme une fleur de lotus.

Spectre Média, René Marquis

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Après un baccalauréat en anthropologie, Annie Lagrandeur a mis le cap sur l'Asie. La Chine l'a happée. Et enchantée.

« Je suis partie enseigner l'anglais à des enfants pendant quelques mois. J'étais fascinée par le continent et déjà un peu conquise avant de partir, mais j'ai été accueillie avec tant de chaleur que j'ai eu un réel coup de foudre pour le pays. La culture, les traditions, la beauté du paysage, tout ça m'a séduite », résume l'écrivaine native de Magog.

Elle est revenue au Québec avec la tête et le coeur remplis d'images. Avec l'envie de raconter, aussi.

Au retour, elle a amorcé des cours en littérature avant de compléter une maîtrise en création littéraire à l'Université Laval. Inspirée par son séjour, mais aussi par ses lectures et les rencontres qu'elle a faites au Québec, Annie Lagrandeur a tissé un récit tout naturellement empreint de parfums d'Asie. Ce premier roman délicat comme une fleur de lotus a ravi les éditions Chauve-souris. C'est la maison estrienne, pilotée par les auteures Michèle Plomer et Anne-Brigitte Renaud, qui publie La charmeuse de vent, jolie plaquette destinée aux adolescents et aux jeunes adultes.

« Mon livre, c'est un peu une lettre d'amour à la culture chinoise », résume Annie Lagrandeur.

C'est un peu une histoire d'amour tout court, aussi. À travers les pages se dessine une fougueuse relation entre Bastien, un jeune bédéiste, et Feng, la belle Asiatique québécoise dont il s'éprend. Le jour où ils se croisent pour la première fois, il dessine dans un parc, elle fait voler un cerf-volant avec grâce. Une charmeuse de vent, pense-t-il.

Entre elle et lui, tout de suite, c'est l'alchimie. Les liens sont forts, mais remplis de noeuds à dénouer. Normal. Leur rencontre, ce sont deux univers qui s'entrechoquent, deux cultures qui trouvent des points communs mais qui sont aussi traversées de différences. Bientôt, le feu s'essouffle entre les deux amants. Parce que les blessures du passé ne sont pas toutes pansées, les tempêtes éclatent dans l'appartement. L'orage amoureux plombe le quotidien partagé.

Tant et tellement que la jeune femme aux yeux bridés ressent le besoin de partir seule sur la terre de ses ancêtres. Elle s'y trouve toujours lorsque survient l'impensable, un énorme tremblement de terre qui défigure le Sichuan et emporte dans la mort d'innombrables citoyens. Sans nouvelles de Feng, Bastien part à sa recherche. Du Québec à la Chine, on suit sa quête.

Raconter l'amour et l'ailleurs

« J'avais envie de raconter une histoire d'amour entre deux jeunes de différentes cultures. Le vent est très présent dans les pages du roman parce que j'aime ce qu'il transporte poétiquement. C'est un élément qui fait son chemin dans l'invisible. Le vent, on le sent sans le voir. »

La formation d'anthropologue de l'auteure, aujourd'hui libraire chez GGC et étudiante au doctorat en littérature à l'Université de Sherbrooke, n'est sans doute pas étrangère à son désir de raconter une histoire pétrie de références d'ailleurs.

« Je rêvais d'écrire depuis toujours. À 12 ans, je composais déjà de petites nouvelles. J'ai d'abord étudié en anthropologie parce que j'avais soif de mieux comprendre les sociétés de partout. Le racisme, c'est quelque chose qui me dépasse. Des fois, il s'installe en même temps que la peur de l'inconnu. D'autres fois, les gens sont divisés entre l'ouverture aux autres et l'envie de protéger leur propre culture », exprime la jeune femme de 30 ans.

Métisser les visions, les perspectives et les paysages dans un même écrin littéraire, c'est déjà un pas pour rapprocher les peuples, un pas pour aller au-delà des stéréotypes et des idées reçues. Annie Lagrandeur n'a pas fini d'avancer sur ce sentier : « Un voyage au Japon m'a inspiré une autre histoire d'amour. C'est encore au stade de projet, mais je travaille là-dessus. »

Vous voulez lire?

Annie Lagrandeur

La charmeuse de vent

Roman

ÉditionS Chauve-souris

153 pages




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