Chanter les espaces de liberté

Jon Matte, chanteur, compositeur du groupe The Franklin... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Jon Matte, chanteur, compositeur du groupe The Franklin Electric

Spectre Média, Jessica Garneau

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Qu'y a-t-il dans l'eau à Hudson? Après Patrick Watson et Matt Holubowski, c'est au tour de la formation The Franklin Electric et de son chanteur Jon Matte, lui aussi originaire de cette ville à l'ouest de l'île de Montréal, de laisser une trace de plus en plus profonde dans notre univers musical, tant ici qu'ailleurs. Le quatuor revient justement d'une tournée en Australie, où il a même lancé son nouvel opus, Blue Ceilings, avant le Canada, les États-Unis et l'Europe.

« C'est vrai qu'il y avait un bon professeur de musique à la polyvalente! », reconnaît Matte, qui ne peut pas expliquer davantage cette coïncidence de talents, mais relativise aussi le succès de son groupe, « La réponse change selon les territoires. On peut dire que ça monte assez vite pour nous... mais il y a encore plein de gens qui ne nous connaissent pas. Et ça va toujours être comme ça. Nous ne serons jamais un band de stade », dit-il, rappelant qu'en Australie, le groupe s'est d'abord produit en première partie de Half Moon Run, puis avec la formation australienne Woodlock. The Franklin Electric n'était la seule tête d'affiche que de deux concerts... dont un donné dans une grange, devant une centaine de personnes.

« Mais ce fut un moment fort! » dit Jon Matte, évoquant cette soirée qui s'est terminée en véritable fiesta. Tout le voyage s'est avéré être une expérience unique.

« Le mode de vie est tellement différent là-bas. C'est beaucoup plus relax, genre bain de mer avant le test de son. Nous avons rempli de petites salles de 200, 300 personnes en moyenne. »

C'était le deuxième séjour du groupe montréalais au pays des Aussies. Il y était à la même date en 2016 et s'est promené un peu partout sur le globe ces deux dernières années. Blue Ceilings, paru le 24 février, a donc été écrit entre les tournées. Ce qui a ses inconvénients, mais aussi ses avantages, souligne le chanteur.

« C'est difficile pour le moral de partir lorsque quelque chose n'est pas terminé, qu'il s'agisse d'une chanson ou d'un album, et d'attendre encore avant d'en connaître la personnalité. Par contre, ça te laisse le temps de réfléchir. Parfois, tu écris impulsivement, et quand tu reviens un mois plus tard, tu n'aimes plus. »

Mais avec des périodes de création intercalées entre les spectacles, The Franklin Electric n'a eu aucun mal à donner le jour à des chansons très proches de ce qu'il fait sur scène. « Pour nous, c'était très important que l'album reflète le live. »

Créer son propre monde

Par rapport à l'opus précédent, This Is How I Let You Down (2014), Jon Matte décrit Blue Ceilings comme moins instrospectif, moins « finger picking dans le salon », et plus audacieux, avec l'ajout, notamment, de synthétiseurs et de plusieurs percussions desquelles ils sont tombés amoureux.

« Cela reste folk, mais on s'approche davantage de l'indie-pop et de l'indie-rock. Nous avons tenté de faire entrer dans la musique toutes nos nouvelles influences des deux dernières années. Nous n'aimons pas trop les comparaisons, alors nous avons essayé de créer notre monde. C'est difficile d'être original en faisant un album folk », reconnaît-il.

Le chanteur dit « nous  » tout au long de l'entrevue même s'il signe toutes les musiques et paroles de The Franklin Electric, en plus d'avoir coréalisé l'album. « Pour moi, l'interaction avec les autres est très importante. Oui, les chansons sont construites sur mes idées, mais il me faut d'autres êtres humains pour les exécuter, et ça, je ne peux pas le faire par moi-même! J'ai besoin de mes collègues. »

Notamment lorsque, après cinq jours de préproduction, le quatuor emballe ses instruments, se croyant prêt à entrer en studio, puis déballe tout parce que Jon s'est assis au piano pour jouer une chanson sortie de nulle part et qui, finalement, deviendra Burning Flame sur l'album.

THE FRANKLIN ELECTRICBlue CeilingsFOLK ROCK ANGLO

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THE FRANKLIN ELECTRICBlue CeilingsFOLK ROCK ANGLOIndica

Voix intérieure

Le titre, Blue Ceilings (plafonds bleus), métaphore du ciel et de son infinitude, est une façon de rappeler que chacun a ses limites, qu'elles soient émotionnelles, financières, physiques, etc., et qu'il doit arriver à atteindre un sentiment de liberté à l'intérieur de ces mêmes limites.

« Les thèmes de l'album se trouvent quelque part dans cet espace, entre l'espoir qui persiste malgré les restrictions de la vie, et le retour à soi, pour se rendre compte que, dans le fond, nous avons tout ce qu'il nous faut à l'intérieur de nous, pas à l'extérieur. »

« Malheureusement, nous vivons dans une période où la santé mentale est malmenée par l'anxiété, la dépression, les réseaux sociaux, les pressions sociales. C'est devenu épidémique. Nous n'avons jamais eu autant besoin de retrouver une paix d'esprit, de nous abandonner, de renouer avec la beauté d'écouter sa voix intérieure pour simplement suivre le cours de sa vie. »

En ces années où plusieurs entreprennent d'élever des murs entre les individus, The Franklin Electric offre, comme premier extrait, une chanson intitulée I Know the Feeling.

« C'est une chanson qui te dit que je te garantis que, sans même te connaître, je peux comprendre ton histoire, parce que les mêmes choses reviennent pour tout le monde dans la vie. Tout le monde peut se comprendre au-delà de la race, du statut social, de la langue même, s'il met son ego et ses propres problèmes de côté. Cette chanson est une célébration de ça. »

Vous voulez y aller?

The Franklin Electric

Première partie : Woodlock

Vendredi 24 mars, 20 h

Théâtre Granada

Entrée : 32 $




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