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La SLA emporte Luc Cousineau: «Une maladie violente», dit sa fille

L'auteur-compositeur-interprète Luc Cousineau s'est éteint lundi à l'âge... (Archives La Tribune)

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L'auteur-compositeur-interprète Luc Cousineau s'est éteint lundi à l'âge de 72 ans.

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(Eastman) Même si les années les plus grisantes de sa carrière artistique étaient loin derrière, Luc Cousineau aura continué à créer jusqu'à la fin. Il s'est éteint lundi, quelques semaines seulement après avoir lancé son plus récent album, intitulé Salut la vie!

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Luc Cousineau et sa fille Karine

Ayant résidé dans le secteur d'Eastman durant de nombreuses années, Luc Cousineau se savait condamné depuis 2013 puisqu'il était atteint de la sclérose latérale amyotrophique (SLA), une maladie dégénérative qui ne pardonne pas. « C'est une maladie violente et foudroyante », témoigne sa fille Karine Cousineau.

L'auteur-compositeur-interprète aura oeuvré dans le domaine de la chanson pendant une cinquantaine d'années. Plusieurs se souviennent sans doute de sa chanson Vivre en amour, qui avait connu énormément de succès en 1976. Elle a été intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens.

Au total, l'artiste a été à l'origine de 20 albums. Quatre de ses chansons ont atteint le sommet des palmarès. À partir des années 1980, il a écrit une centaine de jingles et de musiques de film. Sans trop le savoir, les Québécois auront souvent fredonné ses airs entendus dans des publicités de Kellogg's, Provigo, Harvey's, Steinberg, Salada, Loto Québec, Bovril ou Labatt. Il a aussi écrit de la musique d'émissions de télévision et de courts métrages pour l'Office national du film.

À ses débuts, Luc Cousineau a appartenu au duo Les Alexandrins, qui a ensuite été baptisé Luc et Lise. Il a par surcroît fondé la maison de production Disques Airedale en 1975.

Leçon de vie

« On savait que la mort planait. N'empêche, un méchant gros morceau est parti. Moi, j'ai perdu mon père, mais c'est également un artiste important qui est disparu. Avec tout ce qu'il a accompli dans le domaine de la musique, il a fait travailler beaucoup de monde. Il a marqué le coeur de plein de gens », affirme Karine Cousineau.

Karine Cousineau... (Photo tirée de Facebook) - image 3.0

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Karine Cousineau

Photo tirée de Facebook

Pendant les dernières années de sa vie, Luc Cousineau s'est efforcé de sensibiliser la population à l'épreuve que représente la SLA et a recueilli des fonds pour venir en aide aux gens atteints de cette maladie.

« Au fil des entrevues accordées, il a éveillé les esprits, encouragé les malades et leur entourage, offert une leçon de vie avec philosophie », souligne un communiqué émis dans la foulée de son décès.

Sa fille Karine ajoute que son père était triste de constater que sa vie s'achevait. Mais il ne s'apitoyait pas sur son sort. « Il ne se demandait pas pourquoi lui et pas un autre. » 

L'artiste a « gardé toute sa tête » jusqu'aux derniers instants de sa vie. « Il n'a jamais arrêté de goûter la vie malgré l'épreuve qui l'affligeait. Je suis ébahie par la force et la passion qui l'animaient », confie sa fille.

Un papa célèbre

Né en 1944, Luc Cousineau a étudié la musique, tout comme ses frères Jean, fondateur des Petits Violons, et François, compositeur bien connu. Il a appris à jouer du violoncelle à Sherbrooke puis s'est mis au saxophone et à la contrebasse à l'école de musique Vincent-d'Indy de Montréal.

Karine Cousineau raconte que son enfance a été un peu différente de celles de bien des jeunes Québécois, en raison de la renommée de son père. « Il était célèbre et très sollicité, note-t-elle. La dimension publique de sa vie faisait partie de notre quotidien. À la maison, il y avait régulièrement de grandes tablées et la musique occupait une large place. »

L'objectif premier de Luc Cousineau n'était toutefois pas d'être célèbre, selon sa fille. « Essentiellement, il s'agissait d'un homme de projets. Il était tout le temps affairé à la création. Et, quand il ne créait pas de la musique, il touchait à d'autres choses : les meubles, le jardinage, la création de sentiers et plus encore. Vraiment, il aimait l'action. »

D'ailleurs, il est à l'origine de la création du projet immobilier Les Boisés de la héronnière à Eastman, qui se démarque par un souci porté au cadre de vie et à l'environnement.

« Il avait l'Estrie tatouée sur le coeur. Il nous a transmis son amour de cette région. Pour lui, c'était donc logique de réaliser un projet immobilier ici. En plus, il adorait la nature. »

Un documentaire portant sur la vie de Luc Cousineau a été diffusé à l'antenne de RDI en février 2016. Il devrait à nouveau être présenté à l'occasion de la prochaine édition du Festival international des films sur l'art de Montréal.

Dans un communiqué émis par ses proches, on cite l'artiste lui-même : « J'ai eu tellement de plaisir. Il y a eu des moments exaltants, de l'abus et de l'audace. J'ai croqué la vie. Quand je tombais, je réussissais à me relever, par amour de la vie. »

- Avec La Presse canadienne




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