Patrice Michaud : déjà sur les rails

Heureux de se retrouver devant une salle pleine... (Spectre Média, Maxime Picard)

Agrandir

Heureux de se retrouver devant une salle pleine samedi soir au Vieux Clocher de Magog, Patrice Michaud a avoué à ses spectateurs qu'il les « espérait » : « Je vis une période très intense mais combien délicieuse. Pour moi, la musique, ça commence ici, avec vous autres. »

Spectre Média, Maxime Picard

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Magog) CRITIQUE / Ce n'était que le troisième spectacle de sa nouvelle tournée. Pourtant, on aurait pu croire que son équipe de musiciens et lui n'étaient descendus de scène qu'hier (pas il y a seize mois), tant ces retrouvailles étaient bien huilées.

Du moins, ce Vieux Clocher de Magog bien rempli qui l'attendait fébrilement samedi soir, Patrice Michaud a réussi à le transformer en plaisir plutôt qu'en stress. Il a retrouvé les planches telle sa cour arrière, s'est remis à jaser avec le public comme à des amis, a joué son nouvel album Almanach en entier comme on enfilerait de vieilles pantoufles.

Peut-être ce naturel vient du fait qu'il habite maintenant la région depuis un an. « Pour la première fois ce soir, je peux dire que je joue à la maison », a-t-il souligné d'emblée lors de son entrée.

Il demandera aussi quels spectateurs le découvraient pour la première fois sur scène. Une majorité, ont révélé les applaudissements. Ce qui explique pourquoi la plupart n'ont vu que du feu dans cette mise en scène à nouveau cosignée par Yann Perreau (lequel était d'ailleurs dans la salle) mais quand même grandement inspirée de son précédent spectacle.

En fait, Patrice Michaud et Yann Perreau se sont simplement servis, comme fondation, des éléments forts du Feu de chaque jour, les poussant plus loin, leur laissant le temps d'évoluer. Sagesse et prudence ? Un peu... mais aussi fidélité à cet artiste raconteur, pour qui le passé et la nostalgie sont de puissantes sources d'inspiration.

Avant, Patrice Michaud se souvenait des après-midis d'adolescence passés à la patinoire locale pour introduire Je cours après Marie. Cette fois, ce sont les slows des bals de polyvalente qu'il évoque pour livrer une des plus belles surprises du spectacle, sa propre version, en français, de l'ancien succès Stop ! de Sam Brown.

Il nous refait aussi le coup des lunettes fumées, dont il se servait précédemment pour son Crash du concorde. Cette fois, il pousse beaucoup plus loin, réservant un bloc du rappel aux chansons des Baronets, Sultans et autres Césars et ses Romains, réhabilitant ces groupes qui remplissaient les salles dans les années 1960 même s'ils ne chantaient que des succès américains et britanniques traduits en français.

« Quand les bébéboumeurs disent que c'était mieux dans leur temps, moi, je les crois ! » a-t-il résumé. « On essaie plusieurs choses ce soir. Ce bout-là, c'est la première fois... et je pense qu'on va le garder », a-t-il ajouté devant le délire de l'auditoire.

Trois chansons pour se taire

À la fin, Michaud chante plus et parle moins qu'à son précédent spectacle. Il avouera d'ailleurs le défi : « Me fermer la trappe pendant les trois premières chansons. Yann Perreau m'a assuré que vous resteriez. »

Il amorcera donc avec Kamikaze, qui caracole toujours dans les hauteurs de palmarès. Suivra Cherry Blossom, puis la difficile à placer Saison des pluies, chanson d'un père en phase terminale. Pas de mise en contexte, pas d'anecdote douloureuse, juste la simplicité et la beauté de la tristesse. On devine que le chanteur souhaite une soirée parfois émouvante mais pas lourde.

Le moment de profondeur sera judicieusement placé au retour de l'entracte, pour Les terres de la Couronne (sans Ariane Moffatt, malheureusement) et la superbe L'anse blanche, avec le monologue préenregistré de son fils Loïc, Tout le monde le saura, intercalé.

Le reste de la soirée sera livré essentiellement dans une atmosphère de fête, rehaussée par de superbes harmonies vocales de gars et la présence d'un musicien supplémentaire (le claviériste Guillaume Rochon). Mécaniques générales a clos le spectacle et Si près du soleil, le rappel, sur un superbe decrescendo.

Après une telle soirée, Patrice Michaud nous demanderait quoi changer pour améliorer le show, on ne saurait quoi répondre...




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer