Le plaisir croît avec l'orchestre

Anne-Marie Dubois a livré une prestation faisant la... (Spectre média, Julien Chamberland)

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Anne-Marie Dubois a livré une prestation faisant la preuve de sa grande virtuosité dimanche lors du concert Plaisirs coupables II de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke. La pianiste drummondvilloise a notamment interprété le Concerto de Varsovie de Richard Addinsell.

Spectre média, Julien Chamberland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) CRITIQUE/Un peu moins de 1500 personnes n'ont aucunement eu honte dimanche de leurs plaisirs coupables : elles ont presque rempli la salle Maurice-O'Bready pour savourer des classiques parmi les plus populaires, qu'il faudrait, normalement, regarder un peu de haut lorsqu'on a un tant soit peu de culture musicale.

Mais, on s'en doute bien, l'atmosphère n'était nullement à la pédanterie, surtout pas avec un chef comme Stéphane Laforest, qui s'emploie (et réussit très bien d'ailleurs) à « désnober » la musique classique... et à faire prendre conscience que « populaire » ne veut pas forcément dire « facile ».

L'auditoire en a eu une bonne preuve dimanche, notamment avec la Bacchanale extraite de l'opéra Samson et Dalila de Saint-Saëns, une des oeuvres parmi les plus réussies de ce concert de fin d'après-midi, truffée de petits motifs musicaux extrêmement rapides. Une trompette a d'ailleurs manqué un peu de souffle à force de répéter les mêmes quatre ou cinq notes, mais dans l'ensemble, les musiciens ont vraiment livré une prestation du tonnerre.

On pourrait d'ailleurs dire qu'ils ont été les héros de ce concert. À peine quelques égarements ont été perceptibles dans les premières pièces (le premier mouvement de la Cinquième de Beethoven, l'Air sur la corde de sol de Bach). Une fois bien dégourdi, l'ensemble musical a atteint un summum qui s'est maintenu jusqu'à la fin.

Puissance et délicatesse

L'autre héroïne du concert fut évidemment la pianiste Anne-Marie Dubois, qui a livré une très solide prestation dans le Concerto de Varsovie, de Richard Addinsell. Elle aussi a mis quelques mesures à s'échauffer, les folles envolées du début lui donnant un peu maille à partir, mais lorsque les mêmes passages sont revenus vers la fin, elle les a réussis parfaitement.

Le reste du temps, la musicienne drummondvilloise a pu s'abandonner au lyrisme « rachmaninovien » de l'oeuvre, livrant une belle puissance lorsque nécessaire, s'abandonnant à une délicatesse idoine dans les condensés d'émotion. Dix minutes qui ont passé dans le temps de le dire. Et excellent choix de répertoire pour la circonstance (car il fallait des pièces courtes et du Rach court, c'est très rare).

La musicienne s'était imposé tout un défi comme rappel, soit une variante du célèbre rondo Alla Turca (à la turque) de Mozart, une pièce que l'on maîtrise généralement après quatre ou cinq années de piano. Mais Anne-Marie Dubois a relevé de beaucoup la barre avec la Marche turque de Mozart d'après Arcadi Volodos à la manière de Yuja Wang, les deux pianistes, le Russe et la Chinoise, ayant augmenté tour à tour le coefficient de difficulté.

La ritournelle archiconnue s'est ainsi vu farcir d'impertinentes dissonances, de sauts olympiques, d'arpèges foisonnants et de doubles mélodies simultanées, une pour chaque main (essayez donc d'écrire rouge avec la main gauche et bleu avec la droite en même temps...). Mais la pianiste a relevé la course à obstacles avec une enviable aisance, même si elle a dû reprendre deux passages et livrer une finale moins énergique qu'attendu. La prestation a quand même été accueillie par un wow! sincère du public.

Molto piano

Contrairement à ce qui avait été transmis aux médias, c'est la Gymnopédie no 1 (et non la no 2) d'Érik Satie, dans sa version orchestrée par Debussy, qui était au programme... et qui fut un autre des moments forts du concert. Rares sont les oeuvres qui recourent à tout un orchestre symphonique mais qui l'utilisent dans un aussi grand degré de douceur, comme le requérait cette interprétation, tel un nuage qui se serait déposé dans la salle.

Exception qui a confirmé la règle, l'Ouverture olympique de Maxime Goulet n'était pas un plaisir coupable, mais pourrait facilement le devenir : l'oeuvre du compositeur québécois, qui était d'ailleurs dans la salle, n'avait rien à envier au répertoire symphonique américain, avec des mélodies très accrocheuses et une savante exploitation de l'orchestre.

Barcarolle d'Offenbach et Danse des comédiens de Smetana ont bellement mis fin à ce qui pourrait annoncer un Plaisirs coupables III.

En guise de rappel, les spectateurs ont eu droit au Can Can, également d'Offenbach, et à la Marche Radetzky de Strauss père, ce qui leur aura permis de battre des mains... et de figurer sur l'album de l'OSS, dont toutes les autres pièces seront enregistrées lundi au même endroit.

Le chef et l'orchestre ont en effet eu l'idée de faire une place de dernière minute à leur public sur ce tout premier album des 77 ans d'histoire de l'OSS, et dont la sortie est prévue au printemps ou à l'automne.




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