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Anne-Marie Dubois : des chiffres et des notes

La pianiste Anne-Marie Dubois sera la soliste invitée... (Marie Daigneault)

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La pianiste Anne-Marie Dubois sera la soliste invitée de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke, demain, pour le concert Les plaisirs coupables II. Elle interprétera notamment le Concerto de Varsovie de Richard Addinsell.

Marie Daigneault

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Du plus loin qu'elle se souvienne, Anne-Marie Dubois a toujours voulu devenir pianiste de concert. En fait, dès son premier récital, qu'elle a donné à l'âge de 5 ans devant les élèves de son école primaire à Drummondville, elle avait décidé de son destin. Et aujourd'hui, elle est une des pianistes québécoises parmi les plus sollicitées. Elle a d'ailleurs fait le décompte : elle a maintenant dépassé le cap des 500 concerts, dont 71 concertos avec orchestre.

« Cinquante-huit au Québec et treize à l'étranger! » appuie cette musicienne, visiblement aussi à l'aise avec les chiffres qu'avec les notes, également très active sur la toile (elle a deux chaînes de diffusion internet), et qui tient le compte précis du nombre de visionnements pour chacune de ses 29 vidéos en ligne. Ce qui peut étonner, le milieu de la musique classique étant généralement perçu comme conservateur et moins porté sur les nouveaux modes de communication.

Mais Anne-Marie Dubois met beaucoup de soins pour choisir chacune des nombreuses photos de ses vidéos (la plupart sont des diaporamas). Pour une des plus récentes, soit le premier mouvement du Concerto pour piano no 2 de Nino Rota qu'elle a joué avec l'Orchestre symphonique de Sherbrooke en 2007, elle a tenu à inclure plusieurs photos des musiciens de l'OSS. Les instrumentistes ont à nouveau accepté de ne pas percevoir de droits de reproduction, comme ils l'avaient fait en 2014 lors de la mise en ligne du deuxième mouvement de la même oeuvre.

« En fait, ils auraient été prêts à ce que j'utilise le concerto au complet », souligne Anne-Marie Dubois, touchée par une telle délicatesse, mais désireuse, surtout, de participer elle aussi à la modernisation des moyens de diffusion... même s'ils ne remplaceront jamais les concerts.

Destrier d'envergure

Fille de l'homme d'affaires et mécène Roger Dubois, président de Canimex, Anne-Marie Dubois a été élevée dans un milieu où la musique a toujours eu une grande importance. Son père, raconte-t-elle, a acheté un piano à queue à sa mère après un an de mariage.

« Un Heintzman remis à neuf. Mais ça, c'était avant qu'il crée sa compagnie, alors qu'il habitait encore en logement! Il avait des moyens très modestes à l'époque. Mais il a toujours su négocier! » dit celle qui a donc toujours eu un destrier d'envergure et qui ne se séparerait jamais de son Steinway aujourd'hui. « C'est mon piano de rêve! Il a un son extraordinaire! »

On a tendance à l'oublier, mais c'est Anne-Marie Dubois qui a inauguré le piano Yamaha de la salle Maurice-O'Bready, offert par l'homme d'affaires Louis Lagassé en 1998. La musicienne s'était produite tout juste avant Louis Lortie, lors du premier concert de l'OSS ayant suivi les importants travaux d'agrandissement et de rénovation du Centre culturel cette année-là.

« C'est aussi un excellent instrument. Il y a très peu de Yamaha plus expressifs que celui-ci. Le seul que je connais est à Saint-Hyacinthe et il a été fabriqué selon les recommandations d'Alain Lefèvre, en bois plein. »

Selon arcadi et yuja

Lorsque le chef Stéphane Laforest a invité Anne-Marie Dubois à participer au concert Les plaisirs coupables II (le premier a fait salle comble l'an dernier), elle a proposé le Concerto de Varsovie d'Addinsell, ce qui a emballé le maestro. L'oeuvre a été écrite en 1941 pour le film britannique Dangerous Moonlight, une histoire d'amour ayant l'invasion de la Pologne par les nazis en toile de fond.

« On pourrait dire que c'est mon plaisir coupable à moi, dit la musicienne en riant. J'ai un souvenir très précis d'avoir entendu cette oeuvre dès ma plus tendre enfance. C'est une pièce qui m'a marquée et qui faisait déjà partie de mon répertoire, puisque je l'ai jouée avec l'Orchestre symphonique de Drummondville en 1996. Pour moi, le Concerto de Varsovie est vraiment le summum des sommets. Je le qualifierais d'impressionnant, avec des passages virtuoses, d'autres lyriques ou dramatiques, des mélodies attachantes. Pour le grand public, c'est très facile de s'y retrouver. »

Anne-Marie Dubois a aussi préparé

le célèbre Rondo à la turque de Mozart, que l'on apprend généralement dès la petite enfance lorsqu'on suit des leçons de piano. On s'en doute bien, la musicienne ne pouvait s'en contenter. Elle a donc choisi la paraphrase qu'en a fait le pianiste Arcadi Volodos... mais à la manière de la pianiste Yuja Wang.

« C'est un de mes amis qui a publié sa version sur Facebook. Quand j'ai vu ce qu'elle en faisait, je me suis dit qu'il fallait absolument que je joue ça! Il y a beaucoup de superpositions de mélodies, des sauts qu'elle transforme en arpèges... C'est très impressionnant et j'ai eu beaucoup de plaisir à la préparer. »

Quant aux tendinites aux mains qui ont nui à sa carrière pendant quelques années, elles sont maintenant maîtrisées. L'important, explique Anne-Marie Dubois, est de mettre en pratique tous les exercices que lui a conseillés la tribu d'ostéos, d'orthos, d'ergos et de physios rencontrés, et de prendre des pauses régulièrement.

« Je ne peux plus répéter des heures et des heures sans arrêter, mais avec des pauses, je peux faire jusqu'à cinq heures dans une journée », souligne-t-elle.

Tubes classiques

Consacré aux « tubes » de la musique classique, le concert Les plaisirs coupables II mettra à l'honneur d'autres pièces parmi les plus populaires du répertoire. Citons le premier mouvement de la Cinquième Symphonie de Beethoven, Barcarolle d'Offenbach, Bacchanale de Saint-Saëns, la Suite no 2 de Roméo et Juliette de Prokofiev ainsi que l'Air sur la corde de sol de Bach.

Le concert sera précédé d'une conférence du musicologue Louis Brouillette sur le métier d'orchestrateur, car la matinée comportera quelques pièces arrangées pour orchestre, telle la Gymnopédie no 2 d'Érik Satie.

Rappelons que, lundi, l'OSS se retrouvera à nouveau à la salle Maurice-O'Bready, cette fois sans soliste et sans public, pour enregistrer le premier album de son histoire, comportant une partie du répertoire joué dimanche.

Vous voulez y aller ?

Les plaisirs coupables II

Dimanche 19 février, 15 h

Conférence de Louis Brouillette : 14 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 37 à 61 $ (aînés : 32 à 53 $)




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