GériArt : pas d'âge pour créer

Une centaine d'aînés ont participé aux ateliers du... (La Tribune, Julie Lupien)

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Une centaine d'aînés ont participé aux ateliers du projet GériArt au cours de la dernière année. Sur la photo, derrière, on aperçoit Ian Fournier, Madeleine Toulouse, Alexandre Tessier, Sarah Touchette ainsi que, devant, Marie-Berthe Labbé-Frappier et Angelina Therrien.

La Tribune, Julie Lupien

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Julie Lupien
La Tribune

(Windsor) Ce n'est pas parce qu'on est rendu au troisième ou au quatrième âge qu'on n'a plus besoin ni envie de créer. Grâce au projet GériArt mis sur pied par l'organisme Le Vent dans les Arts, une centaine de personnes vivant dans trois résidences pour aînés de la région ont pu participer à des ateliers de dessin, de peinture, de gravure, de musique, de chanson, de poésie, de danse, d'écriture et même de cirque. Des ateliers créés par neuf artistes professionnels de l'Estrie.

« Nous travaillons souvent avec les jeunes, mais là, nous voulions inviter des personnes plus âgées », mentionne Ian Fournier, directeur du Vent dans les Arts, un organisme du Val-Saint-François.

Ce sont les aînés des résidences Chartwell Seigneurie du Carrefour de Sherbrooke, Brunswick de Richmond et Château du Bel Âge de Windsor qui ont participé à GériArt. Les ateliers s'adressaient autant aux clientèles autonomes que semi-autonomes ou en perte d'autonomie.

Ian Fournier et Sarah Touchette, deux artistes du Val-Saint-François, ont commencé leur travail en mars 2016. Ils ont reçu une aide financière de 99 643 $ du ministère de la Famille et de son programme Québec ami des aînés.

« Le but était de chercher les meilleures façons d'adapter des ateliers créatifs pour les aînés, afin d'améliorer leur qualité de vie », explique Ian Fournier, lui-même auteur-compositeur-interprète. « Nous voulions aussi faciliter la présence d'artistes professionnels dans les résidences du Québec pour les prochaines années. »

À la résidence Brunswick, la direction accueille déjà des artistes pour divertir ses résidents. « On fait souvent venir des chanteurs avec leur guitare ou un duo. GériArt nous a ouvert des portes vers des choses différentes », affirme le directeur, Roch Plourde.

« Il y a eu 63 ateliers pendant 21 semaines. Ce fut une année d'exploration », mentionne M. Fournier. Les artistes ont été choisis selon leur empathie et leur capacité d'écoute. L'exploration musicale avec Benoît Converset, le laboratoire de poésie vivante avec Frank Poule, la danse créative avec Liliane St-Arnaud et l'atelier de cirque d'Alexandre Tessier ne sont que quelques exemples.

« Je débute en me présentant, moi, Monsieur Loyal, directeur du cirque. Puis, les participants me disent à quoi le cirque leur fait penser. Plusieurs fois, on m'a raconté l'histoire de l'éléphant qui s'est échappé d'un cirque ambulant à Sherbrooke », raconte avec humour Alexandre Tessier. « J'aime aussi faire alterner le côté pratique et le côté théorique. Donc, on ne s'épuise pas. »

Ne pas « désapprendre »

« J'ai vu des sketchs merveilleux. C'est surprenant de voir les messieurs participer aux ateliers : c'est rare de les voir assister aux activités », confie Lison Roy, préposée aux bénéficiaires au Château du Bel Âge.

En effet, Noël Roy a beaucoup aimé l'atelier de peinture et de gravure. « J'avais arrêté la peinture depuis des années. J'étais content de savoir que je n'avais pas perdu la main. »

Marie-Berthe Labbé-Frappier, résidente de Windsor, a assisté à tous les ateliers. « C'est un enrichissement. Si on veut s'améliorer de jour en jour, il faut participer. J'ai aimé l'atelier d'écriture : ça empêche d'oublier et on ne "désapprend" pas. »

Angelina Therrien a aimé l'atelier de dessin et de musique. « Je devais faire une chanson. Elle parlait d'amour et d'amitié. La musique m'a rappelé ma jeunesse, les grandes soirées où il y avait de la compétition pour savoir qui chanterait le plus. »

Madeleine Toulouse s'est intégrée à un groupe le lendemain de son arrivée au Château du Bel Âge. « Je me suis fait des amis. Ce que j'ai aimé le plus, c'est l'encre de Chine. J'ai fait une fleur que j'ai gardée. Ça fait changement du bingo et des cartes, même si c'est correct aussi, là. »

Le fruit de leur travail est compilé dans un guide de 24 pages avec photos ainsi que dans la mise en ligne de neuf vidéos explicatives. On peut les retrouver au www.leventdanslesarts.com.

« Le guide a été monté par Émilie Lapierre de Bonsecours avec des photos de l'artiste de Sherbrooke Marianne Deschênes. C'est un outil qui montre comment réaliser les ateliers de GériArt », conclut Ian Fournier.




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