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Marie Denise Pelletier : 30 ans sur le métier

Marie Denise Pelletier célèbre 30 ans de carrière... (Photo fournie)

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Marie Denise Pelletier célèbre 30 ans de carrière sur scène. Pour marquer le coup de ses trois décennies en musique, elle a tissé un spectacle avec des chansons pigées dans l'ensemble de son répertoire, lequel compte plus de 130 titres.

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Marie Denise Pelletier le dit d'emblée : la nostalgie, ce n'est pas tellement son truc. Elle préfère regarder ce qu'il y a devant plutôt que ce qu'elle laisse derrière. Mais voilà, trois décennies de carrière, ça marque quand même un tournant.

La rousse chanteuse a lancé un coffret pour marquer le coup, Les introuvables, dans lequel elle a rassemblé ses cinq premiers albums. En tout, une cinquantaine de chansons ont pris un nouvel envol. Le tour de chant a suivi. Tricoté avec des pièces de l'ensemble de son répertoire, il roule depuis deux ans maintenant sur différentes scènes du Québec. La demande est là, les rencontres avec le public sont douces. Marie Denise Pelletier, elle, savoure le bonheur de chanter encore devant des foules qui, partout, l'attendent.

« J'ai voulu me payer la traite avec ce spectacle-là. Je l'ai bâti en choisissant parmi toutes les chansons que j'ai endisquées depuis mes débuts, dans Starmania. »

On pense tout de suite aux presque classiques, aux incontournables, à Tous les cris, les SOS et autres Pour une histoire d'un soir. Mais il y en a d'autres. Beaucoup d'autres. La chanteuse avait un répertoire de 130 titres dans lequel piger. « On a éliminé certaines chansons, plutôt pop-rock, qui trahissaient trop l'époque au cours de laquelle elles ont été écrites. Et on en a retrouvé d'autres, qui sont toujours actuelles. Je pense à La lettre, par exemple, écrite pour un ami mort du sida. Elle a encore toute sa pertinence. »

Sur scène, la chanteuse est accompagnée de trois musiciens. Sa voix, claire et puissante, est propulsée par celle des autres. C'est que dans les différentes villes qu'elle visite, Marie Denise invite une chorale locale à l'accompagner. À Sherbrooke, le Choeur de l'Université de Sherbrooke foulera les planches avec elle. À Drummondville, ce sont les Gospangels qui seront à ses côtés.

« Chaque fois, c'est fantastique! La présence d'un choeur, ça donne un souffle à la chanson, mais aussi à la chanteuse. Pour moi, la voix humaine reste le plus bel instrument qui soit. Me retrouver prise en sandwich entre le public et la chorale, ça me transporte. Et les arrangements de Benoit Sarrasin sont magnifiques. Il connaît bien mon répertoire, il a su l'emmener ailleurs. Certaines des chansons existaient en format piano-voix, elles avaient un côté plus introspectif. Lorsque je les chante avec une chorale, elles prennent une autre ampleur, une nouvelle dimension », dit celle qu'on a découverte en 1982, lorsqu'elle a remporté le Festival de la chanson de Granby.

Courir les concours

La vitrine était belle, le tremplin était grand.

« Chaque concours donne un élan, je ne peux pas dire le contraire, je suis issue des concours. Il y en a beaucoup, de nos jours, c'est un fait. Certains comme ceux de Granby, de Saint-Ambroise, de Dégelis. Et bien d'autres qui se passent à la télé. La voix, par exemple. Ceux-là, évidemment, ont un impact immédiat et indéniable. Quand tu es vu par deux millions de téléspectateurs, ça crée un succès instantané. Mais c'est l'après qui compte. Le travail commence quand les lumières du concours s'éteignent. On le voit, d'ailleurs, il y a beaucoup d'appelés, peu d'élus, dans ce métier-là. »

Elle, elle a bûché. Fort. Son succès s'est inscrit dans la durée.

« Pouvoir gagner ma vie avec ma voix, encore maintenant, après tout ce temps et dans le contexte actuel, c'est un énorme privilège. Mes débuts ont été plus ardus. Ce n'était pas les conditions qui étaient difficiles, c'était moi qui n'étais pas nécessairement prête à assumer le succès. Disons que mes premières années en chanson, c'était un peu douloureux. Maintenant, c'est différent. Je ne ressens pas la même pression. Avec les années, il y a une sagesse qui s'installe. Quelque chose s'apaise. À 20 ans, on a de la broue dans le toupet, on a l'impression que le monde nous appartient. À 56 ans, je suis ailleurs. Je déguste les beaux moments de ma carrière, je suis davantage dans le plaisir. »

Cette sérénité professionnelle est venue avec le temps. Et un certain détachement.

« C'est quelque chose qui se travaille. Je n'ai pas mis tous les oeufs dans le même panier de ma carrière. J'ai eu une autre vie à côté de ce métier-là et c'est grâce à ça que je me suis trouvé un équilibre. Il y en a pour qui vieillir est difficile, ils regrettent leur vingtaine. Pas moi. Chaque âge a ses plaisirs, ses avantages. J'ai aussi la grande chance de n'avoir rien perdu de ma voix. Je peux jouer dans tout mon registre, et j'ai l'avantage d'avoir beaucoup plus de vécu, maintenant, pour nourrir l'interprétation de mes chansons. »

Chanter Léveillé

Avec France Castel et Claudette Dion, Marie Denise Pelletier sera en mars sur la scène du Casino de Montréal pour faire vivre le spectacle Des Dames de coeur. Elles visiteront ensemble le riche répertoire des grandes voix féminines de la chanson québécoise. Mais le gros morceau, celui qui risque de meubler les mois qui viennent, c'est un hommage à Claude Léveillé sur lequel la chanteuse planche avec son pianiste et complice musical des 35 dernières années, Benoit Sarrasin. 

« Le spectacle sera mis en scène par Serge Postigo. On en fera quelque chose de somptueux, à la hauteur du talent de Claude. J'ai eu l'immense privilège de le côtoyer. C'était un pilier. On prévoit lancer un disque l'automne prochain et amorcer une tournée en 2018. On a déjà avancé les recherches d'archives, on a dépoussiéré des titres qui avaient été un peu oubliés. »

Que m'importe, par exemple, une magnifique chanson qui parle du silence, de la grandeur de la nature. Une trouvaille inattendue.

« Je l'ai découverte sur le tard, mais son thème m'interpelle. Je réalise qu'on se rejoignait beaucoup. C'est très touchant pour moi de replonger avec ma tête et mon coeur d'adulte dans ce riche répertoire qui a marqué mon enfance. »

Vous voulez y aller?

La chanteuse a 30 ans!

Marie Denise Pelletier

Salle Maurice-O'Bready

Vendredi 24 février, 20 h 

Entrée : 40 $

Dimanche 5 mars, 14 h

Maison des arts, Drummondville

Entrée : 36 $

Samedi 18 mars, 20 h

Pavillon des arts de Coaticook

Entrée : 24 $




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