Kevin Parent : nourrir la flamme

En spectacle au Théâtre Granada de Sherbrooke le... (Spectre Média, Frédéric Côté)

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En spectacle au Théâtre Granada de Sherbrooke le 18 février, Kevin Parent interprétera quelques-unes des chansons anglophones de son plus récent disque, Kanji, mais il pigera aussi dans le répertoire de ses albums précédents.

Spectre Média, Frédéric Côté

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Karine Tremblay
La Tribune

(SHERBROOKE) Kevin Parent vient de se claquer l'aller simple Montréal-Sherbrooke. Le trafic de la métropole et le froid de février n'ont visiblement pas entamé son élan matinal.

Il a l'humeur agréable, le parler franc, la manifeste envie de jaser de musique, de télé et de ce spectacle qu'il promène avec son bon ami Michel Roy.

« Michel, c'est un drummer gaspésien avec qui je joue depuis mes débuts, il y a 25 ans. Il apporte une belle énergie, on aime chanter ensemble et, à deux, on remplit bien l'espace sonore. C'est l'fun de me retrouver sur scène avec mon vieux chum. La complicité entre nous est palpable et ça, le public le ressent. »

Leur tour de chant est tout sauf figé dans le temps.

« Ça change d'un soir à l'autre. Il faut se mouler à l'énergie de la salle, s'adapter, varier la quincaillerie du son, les éclairages, notre façon de présenter les tounes. Il faut garder ça vivant, un show. Après tout, c'est une rencontre. Si tu es sur le pilote automatique, les gens s'en aperçoivent. J'ai lancé un CD anglophone en mai dernier, Kanji, un bon disque, très folk, roots, un peu blues... Je suis très fier de ce projet-là, j'aime m'exprimer en anglais, ma langue maternelle, mais sur scène, on n'impose pas toutes les chansons de Kanji. On revisite aussi les autres, on se promène dans tout mon répertoire. Des fois, je demande au public ce qu'il a envie d'entendre. Ça me sort de ma zone de confort. »

Le titre de son dernier disque sonne comme un voyage. Ce n'est pas un hasard. Kanji évoque un brin l'Asie, que Kevin Parent a découverte au hasard d'un séjour au Japon.

« Le Japon, j'ai vraiment aimé ça. J'y suis allé pendant un mois une première fois. J'y suis retourné trois semaines l'an dernier. Quand tu sors de Tokyo, l'anglais n'est pas partout. Tu communiques comme tu peux, c'est vraiment du langage non verbal. Le pays est fascinant, les gens aussi. C'est une vieille culture. Il y a quelque chose de très respectueux, chez ce peuple-là. Sa façon d'agir avec les personnes âgées, de tenir la communauté, je trouve ça inspirant. Des fois, j'aimerais voir un peu plus de ça au Québec. »

Laisser ressortir l'essentiel

Dans ces paysages étrangers, à l'autre bout de la mappemonde, l'auteur-compositeur-interprète gaspésien s'est curieusement retrouvé plus près de lui-même.

« Être loin de chez soi, ne pas l'avoir facile, ça fait ressortir quelque chose en soi. L'essentiel, je dirais. Tu reviens et tu sais un peu plus où tu t'en vas. Tu es moins distrait par des choses qui sont peut-être moins importantes. Tu focalises davantage. »

Le superflu perd du terrain. La perspective change. Sur la vie en général. Sur le métier, aussi.

Le chanteur patauge dans la musique depuis longtemps, on l'a dit. Il a vu les changements s'opérer dans le milieu de la chanson. Les travers de l'industrie musicale, les disques qui ne se vendent plus comme à la belle époque, le téléchargement qui fait la vie dure aux droits d'auteurs, qu'en pense-t-il?

« Je peux juste répondre que je continue. Il y a beaucoup de choses qu'on aimerait voir revenir comme avant, on se demande pourquoi on l'a échappé... Mais c'est comme ça. La seule chose que je peux faire, moi, c'est donner le meilleur. La vie, c'est des cycles. Il faut faire confiance. Mettre l'égo et l'orgueil de côté, se rappeler pourquoi on fait ce métier-là. Et réveiller la flamme des débuts. »

Un deuxième tournage en anglais

C'est la caméra de Jean-Marc Vallée qui a révélé les talents de comédien de Kevin Parent, en 2011. Avant de jouer dans Café de Flore, le chanteur n'avait jamais vraiment envisagé le milieu du cinéma comme un terrain de jeu accessible.

« J'avais l'impression que c'était réservé aux littéraires. J'avais le sentiment que c'était élitiste. Moi, mon université, disons que je l'ai faite auprès de mon grand-père de 100 ans, alors je me sentais loin de cette forme d'art », dit le comédien qui, depuis sa première apparition au grand écran, multiplie les projets.

Il termine d'ailleurs bientôt le tournage d'une nouvelle série canadienne, The Disappearance, qui sera diffusée à CTV et à Super Écran l'automne prochain et à laquelle a participé l'acteur Peter Coyote (E.T., l'extraterrestre).

« Il y a une collaboration américaine, mais on a tourné à Montréal, l'automne dernier. En gros, c'est l'histoire d'un jeune garçon qui se fait kidnapper pendant une chasse au trésor organisée par son grand-père. On suit cette intrigue-là, on essaie de résoudre l'énigme. Ça ratisse large au plan générationnel, on voit les réactions de chacun, il y des retours en arrière. Le sujet est émotif, mais il s'insère dans un suspense policier plein de rebondissements. J'ai hâte de voir ce que ça va donner. »

Lui, il incarne un inspecteur chargé d'enquêter sur l'affaire.

« C'est un rôle de soutien. J'ai joué avec Micheline Lanctôt. Elle et moi, on forme un duo d'enquêteurs. J'ai adoré travailler avec elle. C'est la première chick, dans le milieu du cinéma, avec qui je peux jaser de scie mécanique! C'était mon deuxième tournage en anglais, j'ai beaucoup aimé l'expérience. J'ai pu côtoyer de vrais policiers et inspecteurs, ça m'a donné une autre vision de ce qu'ils font au quotidien. Je suis impressionné par leur discipline, leur patience. J'ai appris beaucoup sur ce métier-là, j'ai un grand respect pour ceux qui le pratiquent », insiste l'acteur.

Vous voulez y aller?

Kevin Parent

Samedi 18 février, 20h

Théâtre Granada

Entrée: 38,50$ (sièges réservés)

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