Phénoménale Charlotte

La jeune chanteuse Charlotte Cardin a rempli le... (Spectre Média, Maxime Picard)

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La jeune chanteuse Charlotte Cardin a rempli le Théâtre Granada vendredi soir en venant y interpréter les chansons de son microalbum Big Boy, complétant son programme par plusieurs nouvelles chansons inédites.

Spectre Média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) CRITIQUE / Charlotte Cardin est vraiment un phénomène. Imaginez : remplir le Théâtre Granada (c'est-à-dire 1020 personnes) avec seulement un microalbum de six chansons (Big Boy), qui n'est même pas sorti en copie physique et qui offre un univers sonore très circonscrit. Tout ça à 22 ans.

Grosse balloune? Pas du tout. Même que tous ceux qui auraient pu attendre la chanteuse avec une brique et un fanal (une partie du public n'est pas toujours tendre avec les artistes découverts par la télé-réalité) auraient dû déposer les armes assez rapidement vendredi soir : Charlotte Cardin avait mitonné une prestation prouvant qu'elle est une artiste en puissance.

À commencer par l'aisance sur scène. On n'est pas dans le discours-fleuve, mais chaque intervention fait son effet. Dont l'aveu de sa joie (et de sa nervosité) de se retrouver devant sa « plus grosse salle comble ever » : « C'est complètement fou! Merci d'être là! On a plein de love songs pour vous, alors ouvrez votre coeur... à mes ruptures. »

Charlotte Cardin avait aussi de quoi faire taire ceux qui pourraient trouver Big Boy trop monolithique, avec seulement deux tempos : lent et très lent. Certes, la soul américaine va à ravir à cette voix pleine d'âme, mais Charlotte avait préparé, dans son nouveau répertoire, un début de rock, du country même, troquant momentanément son piano pour une guitare, se mettant enfin debout pour éviter une prestation trop statique, laissant la batterie prendre un peu de place, risquant quelques andantes, livrant aussi d'efficaces crescendos. Tout ça dans un relatif dépouillement, avec seulement deux musiciens accompagnateurs.

Bref, l'unicité de la voix sur laquelle elle aurait pu asseoir une carrière d'interprète, le répertoire limité qui pourrait être si confortable, la tentation de laisser aux autres le stress de la création, Miss Charlotte leur tourne le dos, avec audace et cran, ce qui mérite respect.

Secondaire en spectacle

Le public sherbrookois a aussi eu la chance d'être le premier à profiter des nouveaux éclairages du spectacle, constitués notamment d'un néon Big Boy devant le clavier et de trois grands panneaux rétroéclairés. Charlotte est d'ailleurs arrivée sur scène en ombre chinoise derrière celui du milieu, tapissé de projections multicolores.

« C'est la première fois qu'on n'a pas l'air d'un show de Secondaire en spectacle! » a commenté l'ancienne finaliste de Marie-Mai.

Parmi les moments magiques, Paradise Motion, la première chanson du spectacle où Charlotte monte le ton, Like It Doesn't Hurt, qui a gardé toute sa force malgré l'absence du rap, l'interprétation de Wicked Game de Chris Isaak, et Faufile, en guise de rappel.

Seul véritable bémol : une prestation trop courte (65 minutes, qui ont paru plus longues parce que la première partie, avec Aliocha Schneider, avait duré plus que la demi-heure habituelle). Après tout, Charlotte aurait pu facilement ajouter sa chanson de La voix (J'attends) ou sa touchante interprétation de J'ai douze ans de l'album hommage à Diane Dufresne.

Mais on ne peut s'empêcher de penser que ces omissions sont parfaitement assumées, la chanteuse souhaitant tricoter son propre univers, loin des voies faciles. À ça, on ne peut que tirer son chapeau.

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