Deux auteurs gais se mettent à nu

Alain Labonté se met à nu dans son... (La Tribune, Yanick Poisson)

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Alain Labonté se met à nu dans son deuxième livre intitulé Moi aussi j'aime les hommes.

La Tribune, Yanick Poisson

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Yanick Poisson
La Tribune

(Drummondville) Dans le but de convaincre les homosexuels de s'exprimer et de vivre pleinement leur vie, de sensibiliser leurs parents à l'ouverture et la tolérance, mais aussi d'amener la société à davantage de respect et de bienveillance, les auteurs Alain Labonté et Simon Boulerice lanceront, le 1er mars, Moi aussi j'aime les hommes, un recueil de leurs correspondances intimes s'échelonnant d'octobre 2015 à juin 2016.

Au cours de ces nombreux échanges, les deux hommes traitent de leur homosexualité sans censure ni détour. L'exercice les conduit à travers l'actualité mondiale, leurs activités quotidiennes et leurs relations intimes.

« Je vais même jusqu'à raconter une de mes baises », raconte M. Labonté, originaire de L'Avenir au Centre-du-Québec. « Quand j'ai écrit, l'éditrice m'a appelé. Il y en a qui vont capoter lorsqu'ils vont lire ça. En frais d'intimité, c'est difficile de faire plus, mais il y a un but, ce n'est pas gratuit. »

L'auteur raconte effectivement d'une expérience cours de laquelle son partenaire ne savait pas trop comment s'y prendre, étant habitué aux relations à distance, par l'entremise des réseaux sociaux. « Il m'a dit qu'il ne savait pas quoi faire avec ma peau. Qu'il n'était pas habitué aux contacts physiques. Je n'aurais jamais cru qu'un jour les relations à distance prendraient le dessus sur les ébats physiques », s'étonne-t-il.

Le L'Avenirois y raconte également la réaction de son père lorsqu'il lui a avoué son homosexualité. Ses craintes d'être renié par le chef de la famille se sont rapidement transformées en un soulagement et un profond sentiment de liberté.

« J'ai été élevé sur une ferme, en campagne. Je ne savais pas trop comment lui dire ça et j'avais peur de sa réaction. Je me suis toutefois dit que je devais vivre ma vie. J'étais prêt à ce qu'il me renie. Il m'a répondu, après une courte réflexion : "Je ne suis pas habitué avec ces choses-là, mais j'imagine qu'aimer un homme, ce doit être pareil comme aimer une femme" », se rappelle-t-il.

Alain Labonté souhaite que ce livre apporte un peu de réconfort à des jeunes, des ados et des adultes qui vivent un peu (ou totalement) dans l'ombre d'eux-mêmes et espère du même coup que l'ouvrage fasse écho chez les parents d'enfants de tous âges. « C'est ma façon à moi de dire à ceux qui subissent de l'intimidation ou qui ont peur de vivre leur vie au grand jour qu'il est possible d'être heureux en étant soi-même », ajoute-t-il.

De l'État islamique à Orlando

C'est l'exécution d'un homosexuel par des membres de l'État islamique qui est à l'origine de Moi aussi j'aime les hommes. Profondément touché par l'événement, Alain Labonté a instinctivement écrit à son ami Simon Boulerice afin de lui faire part de ses émotions. Le projet a graduellement pris forme.

« J'en ai parlé à mon amie Kim ThÚy et elle a adoré. Elle en a glissé un mot à quelqu'un de chez Librex et j'avais un appel dès le lendemain. Même si nous n'avions que quelques pages d'écrites, les éditeurs se sont lancés tête baissée », indique M. Labonté.

Ironiquement, le récit, qui commence par cette histoire sordide d'un homosexuel ligoté et jeté du haut d'une tour, se termine par l'incompréhension entourant la fusillade d'Orlando, qui a fait près d'une cinquantaine de morts dans un bar fréquenté par gais et lesbiennes.

« C'est un livre qui brasse. Il y en a beaucoup qui vont pleurer en lisant, plusieurs qui vont se reconnaître. Tout le monde est la cible de quelqu'un, pas juste les homosexuels. Quand je rencontre quelqu'un, je vois l'être humain. Je ne comprends pas pourquoi on fait une différence. Il y a beaucoup de démystification à faire », continue-t-il.

Alain Labonté sera à la Biblairie GGC de Sherbrooke le 2 mars, puis au Renaud-Bray des Promenades Drummondville le lendemain afin de faire la promotion du nouvel ouvrage d'un peu plus de 180 pages. Il en profitera pour mettre en lumière les organismes qui viennent en aide aux communautés LGBT de la région, dont GRIS Centre-du-Québec et L'Arche de l'Estrie.

SIMON BOULERICE ET ALAIN LABONTÉ

Moi aussi j'aime les hommes

ESSAI

Stanké

184 pages

En librairie le 1er mars

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