Écrire l'hiver au loin

Bertrand Gosselin... (Archives La Tribune, Maxime Picard)

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Bertrand Gosselin

Archives La Tribune, Maxime Picard

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Karine Tremblay
La Tribune

Sa chanson L'hiver québécois évoque tant la neige et le froid qu'on a l'impression qu'elle a été écrite entre vents forts et blanche poudreuse. Pourtant, non. Bertrand Gosselin avait les pieds dans le sable et la mer comme horizon lorsqu'il a composé son texte hivernal.

« Je ne suis pas très friand du froid, alors pendant 13 ans, j'ai passé mes hivers sous le chaud soleil du Mexique. Je partais trois mois là-bas. Il n'y avait pas d'hôtel là où j'allais. Je vivais dans une petite cabane sans plancher, avec un toit en feuilles de bananier. J'accrochais mon hamac... et je finissais par m'ennuyer de l'hiver, puisque j'y ai écrit cette chanson-là, qui se retrouve sur mon premier disque solo. Elle a servi à mousser les attraits touristiques de la région de Charlevoix pendant quelques campagnes télévisées. »

C'est au loin, aussi, que Bertrand Gosselin a écrit Il a neigé hier, laquelle figure sur le dernier disque de Jim et Bertrand, À l'abri de la tempête.

« J'étais en Bretagne, en tournée, et j'avais la nostalgie du pays. Jamais je n'échangerais nos hivers contre ceux qu'ils ont en Europe, où on a froid partout. Ici, le temps est sec, on a donc moins froid, malgré les températures bien au-dessous de zéro. L'hiver ici, c'est une saison magnifique, une saison en bleu et blanc, comme je dis souvent aux Européens. Et l'air est si pur, si bon. »

Sa chanson d'hiver préférée, qu'il aime entre toutes, c'est celle de Vigneault, Mon pays.

« Parce qu'elle est belle et que j'ai pour Gilles Vigneault la plus grande admiration. Quel poète! Quel musicien! C'est un grand. Et sa chanson est devenue un hymne québécois. »

Catherine Durand... (Le Soleil) - image 2.0

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Catherine Durand

Le Soleil

La fille du nord

Catherine Durand rigole presque lorsqu'on la sollicite pour une entrevue sur les chansons d'hiver. Pour cette grande amante de l'Islande (une destination qu'elle a découverte bien avant la folie actuelle et où elle a déjà tourné un clip), l'hiver est plus qu'un matériau d'écriture : c'est un état propice à la création.

« L'hiver m'inspire beaucoup plus que l'été, tout simplement parce que, pour être en phase d'écriture, il faut que j'aie envie d'être à l'intérieur, au chaud, dans un cocon. L'automne et l'hiver sont des saisons qui, inévitablement, me forcent à rester un peu plus emmurée, qui me poussent au recueillement et à l'introspection. Mais il y a aussi quelque chose dans l'hiver qui me parle beaucoup. Je suis vraiment une fille de pays froid. »

Pour l'auteure-compositrice-interprète qui trempe plus souvent sa plume dans la mélancolie, la froidure, la neige et les étendues glacées ne pourraient être plus appropriées. « Mes chansons parlent souvent de déchirures, de relations chaotiques. L'hiver, c'est rude et aride, ça rejoint souvent mon propos, cette difficulté des êtres de cohabiter. Et puis il y a tout un vocabulaire associé à l'hiver qui sonne très bien : vent, froid, neige, glace... Ça donne des images très belles, et j'écris beaucoup par images. Le décor est beau, épuré, mais transmet en même temps une poésie plus dure. »

Apparaissant de-ci de-là dans plusieurs de ses chansons (Coeurs migratoires, La musique de ton absence, Mon coeur te portera, Première gelée, Les murs blancs du nord), le vocabulaire hivernal demeure le plus dense dans Le bonheur est parfois maladroit, un duo avec Louis-Jean Cormier sur l'album Coeurs migratoires (2008).

« Il y a un profond mal-être dans les personnages de la chanson. Ils n'arrivent pas à voir le bonheur. Cette maladresse très humaine rend les choses plus difficiles qu'elles le sont. Par la bande, ça traite un peu du suicide. Un des personnages veut empêcher l'autre de poser un geste fatal, lui dit d'attendre à demain, que juillet va revenir en décembre. Ça va finir par aller mieux. Louis-Jean porte en lui une charge émotive exceptionnelle et a tout de suite accepté de faire le duo. »

Une chanson d'hiver préférée? « Surtout des albums et des artistes d'hiver, comme Björk et Emiliana Torrini, deux artistes islandaises. Mais ma chanson fétiche, c'est Winter, de Tori Amos, qui me touche beaucoup et que j'aimerai toujours. » STEVE BERGERON

Lynda Thalie... (La Presse, Marco Campanozzi) - image 3.0

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Lynda Thalie

La Presse, Marco Campanozzi

La fille du sud

Voilà 22 ans que Lynda Thalie a quitté l'Algérie avec sa famille pour s'installer au Québec. Cette saison qu'elle n'avait jamais connue telle quelle avant ses 16 ans continue de l'émerveiller, même si, intégration oblige, elle commence, elle aussi, à en avoir assez rendue en mars. Mais sa chanson De neige ou de sable, que lui a écrite Michel Rivard (ils se sont connus dans le spectacle Le petit prince, il était l'aviateur, elle jouait la rose), traduit très bien le point de vue de l'immigrant qui découvre la neige.

« Je racontais à Michel à quel point une tempête de neige pouvait ressembler à une tempête de sable. La poudrerie sur la route, c'est la même chose que les vagues de sable. Michel a pris toutes ces images-là et en a fait une histoire d'amour entre une personne du Québec et une autre venue d'ailleurs. Je trouvais sa chanson charmante : découvrir l'hiver par les yeux de l'amour. D'ailleurs, en parler me fait prendre conscience qu'il y a longtemps que je ne l'ai pas faite sur scène et que ce serait bien de la ramener. J'avais fait aussi une autre chanson, cette fois de Stéphane Carreau, qui évoque l'hiver. Mi casa parle de la maison et de l'amour pour se protéger du froid. »

Malgré toutes les années passées ici, Lynda Thalie trouve tout aussi magique de voir les premières neiges tomber. « Je m'émerveille toujours, sinon plus, parce que je fais désormais des retraites dans la nature. C'est un endroit sans eau courante, où je m'occupe de mon feu toute la nuit, où je peux marcher en forêt. J'ai appris à être bien dans cet hiver, même d'aimer le froid pinçant, lorsqu'on est bien habillé et que le ciel est d'un bleu de cristal qu'on ne peut pas retrouver dans un pays de chaleur. Et le soleil couchant sur la neige, c'est fabuleux! » STEVE BERGERON

D'autres chansons d'hiver québécoises

Chinatown, Beau Dommage

Blanc mercredi, Caracol

Le sentier de neige, Les Classels

Il neige, Stéphane Côté

Des anges dans la neige, Luce Dufault

Je déteste décembre et Le fleuve gelé, Dumas

Chanson d'hiver, Les Cowboys fringants

Je reviens chez nous, Jean-Pierre Ferland

Maudits soirs de février, Thomas Hellman

Miroir d'hiver, Jim et Bertrand

Comme un beau soir de neige, Luc de Larochellière

Premier hiver, Claude Léveillé

Un soir de février, Les soirs d'hiver et Je cherche un abri pour l'hiver, Félix Leclerc

L'hiver, Koriass avec Karim Ouellet

Montréal -40, Malajube

Blanche et Hiver Mile-End, Ariane Moffatt

Décembre, Karim Ouellet

Janvier, Josianne Paradis

C'est beau, Mario Peluso

Pleine lune en décembre et Dans le nord canadien, Zachary Richard

L'amour a pris son temps, Nathalie Simard

Pas fait en chocolat et Les peaux de lièvre, Tricot machine

Ballade de l'hiver, Chanson du 29 février, J'ai rentré le bois, Mettez vot' parka et On n'a jamais l'hiver qu'on veut, Gilles Vigneault

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