• La Tribune > 
  • Arts 
  • > Deuxième chance : le retour d'un Sherbrookois à Macao 

Deuxième chance : le retour d'un Sherbrookois à Macao

Grâce à l'émission Deuxième chance, Pascal Robidas a... (Fournie)

Agrandir

Grâce à l'émission Deuxième chance, Pascal Robidas a pu retrouver sa mère biologique. Le journaliste de Radio-Canada, qui a grandi à Kingsey Falls et à Sherbrooke, s'est rendu à Macao en juillet dernier, accompagné de l'équipe télévisée. Les émouvantes retrouvailles sont diffusées ce soir, à 20 h, à ICI Radio-Canada Télé.

Fournie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Pendant 35 ans, Pascal Robidas n'a aucunement ressenti le besoin de remonter le fil de ses racines. Il avait trouvé parents et ancrage en Estrie lorsqu'il était bébé. Son pays, c'était ici. Jusqu'à ce qu'il devienne papa, en septembre 2015. Alors, tout a changé. Le journaliste de Radio-Canada, qui a grandi à Kingsey Falls et à Sherbrooke, s'est mis à réfléchir à la possibilité de retrouver la trace de sa mère biologique en Chine.

« Mon fils a des traits asiatiques. Lorsqu'il est né, je me suis trouvé des ressemblances avec quelqu'un de ma famille pour la première fois de ma vie. J'ai senti que j'avais le devoir de faire des démarches pour lui. Parce qu'un jour, il allait me poser des questions sur ses origines », explique celui qui, après des études à l'Université de Sherbrooke, a notamment oeuvré au défunt Journal de Sherbrooke avant de faire le grand saut à Montréal.

Quelques mois après le passage de la cigogne, Pascal Robidas entendait parler de l'émission Deuxième chance, laquelle donne la possibilité à des gens de retrouver quelqu'un pour lui dire merci ou pour lui demander pardon.

Le moment était bon, l'occasion était belle. Pascal Robidas a soumis sa candidature et envoyé ses papiers d'adoption à l'équipe télévisée en janvier 2016. Quatre mois ont passé sans qu'il ait de nouvelles. Un matin d'avril, il a reçu un coup de fil : était-il libre pour un voyage à Macao en juillet?

« On m'a dit que je ne devais pas poser de questions. Je me suis lancé.

Sans savoir ce qui m'attendait ni s'ils avaient retrouvé ma mère biologique. »

C'est Patrick Lagacé (qui copilote le rendez-vous télévisé avec Marina Orsini) qui lui a annoncé la bonne nouvelle, sur un banc de parc. Il a montré à Pascal une photo de sa mère biologique à l'époque de son adoption, il y a 35 ans. Et puis une autre photo d'elle. Aujourd'hui. Les deux clichés mettaient un visage en lumière. Ils donnaient surtout une réponse attendue et souhaitée.

Ce moment très précis, où Pascal apprend que les recherches ont porté leurs fruits, a été dévoilé à l'émission Tout le monde en parle dimanche dernier. Le segment est court, mais il révèle beaucoup. À travers cet extrait, on saisit la couleur et la portée de l'émission qui sera diffusée en entier ce soir, à 20 h.

« Le résultat n'est pas racoleur, mais juste plein d'humanité. L'équipe, la même qui était derrière l'émission Qui êtes-vous?, est vraiment fantastique. Elle a fait un travail extraordinaire. Moi, je n'aurais sans doute pas été capable de me rendre très loin dans mes recherches. J'ai un jeune bébé, des horaires atypiques. Je me serais probablement découragé avant de retracer ma mère. Dans tout ça, on est aussi accompagné avec beaucoup de délicatesse. La productrice au contenu, Manuelle Légaré, avait même pris le temps de m'écrire une lettre à la main, qui m'a été remise après la rencontre avec ma mère. Ça m'a énormément touché. »

Précieuses retrouvailles

Les retrouvailles tant espérées ont été heureuses. Deux jours après son arrivée à Macao, Pascal Robidas rencontrait celle qui lui a donné le jour. Un doux moment. Et des émotions plurielles.

« J'ai appris qu'elle vivait seule et que j'étais son unique famille. J'ai eu une chance incroyable de la retrouver après tout ce temps, j'ai été ému d'apprendre dans quel contexte elle m'avait donné en adoption. »

Il a été ému, aussi, de savoir qu'elle avait tenté de le retracer. Et qu'il était dans chacune de ses prières.

« La Croix-Rouge répète aux enfants chinois adoptés qu'ils doivent être prudents dans leurs démarches lorsqu'ils souhaitent retrouver leur famille biologique. Souvent, celle-ci réclame de l'argent. Ce n'est pas simple. Non seulement ma mère chinoise n'a rien demandé, mais elle n'a même pas voulu de l'aide financière qui lui a été offerte par l'équipe télévisée. Elle a ce grand coeur, cette bonté pure. Pour elle, notre réunion n'avait pas de prix. »

Seul comptait le bonheur de voir son fils.

« Elle avait amorcé des démarches de son côté, il y a quelques années, mais personne n'avait pu l'aider. Tous ceux qui étaient là à l'époque de mon adoption étaient partis. Je sais que c'est une décision qui avait été difficile à prendre pour elle. Elle s'en est voulu toute sa vie. J'étais content de pouvoir lui dire merci, lui dire qu'elle avait fait quelque chose de bien. J'ai ici une vie que j'aime, son geste m'a donné une deuxième chance. En Chine, je n'aurais peut-être pas survécu. J'étais malade lorsque je suis arrivé ici. J'ai passé une semaine au CHUS... »

Sauvé par l'adoption

À l'époque, les petites filles chinoises étaient bien davantage envoyées à l'étranger que les garçons. « Il fallait qu'un garçon soit handicapé, malade ou sur le point de mourir pour qu'on ouvre la porte à l'adoption. On avait dit à mes parents adoptifs qu'il était possible que je ne survive pas. Ils m'ont quand même choisi. J'ai avec eux un lien fort et précieux. Je n'aurais pas pu faire ces démarches-là sans avoir leur appui, je n'aurais surtout pas voulu les blesser. »

Sa mère sherbrookoise lui a fait le beau et grand cadeau de le pousser vers l'avant, vers l'inconnu de ses origines.

« Elle m'a dit : ''Tu sais maintenant c'est quoi être parent, tu sais comment ta mère biologique a dû renoncer à quelque chose de précieux pour te permettre d'avoir la vie que tu as aujourd'hui. Va lui dire merci, lui dire qu'elle peut dormir l'esprit en paix.'' C'est avec cette idée-là que je suis parti. »

Il est revenu avec le coeur rempli. Et l'envie de garder contact.

« Ma mère chinoise a passé 16 ans dans un camp de réfugiés, en Malaisie, où elle a appris l'anglais. Nous avons donc une langue commune pour communiquer. On s'est écrit depuis mon retour. Et j'aimerais bien, dans le futur, faire de nouveau le voyage à Macao pour retourner la voir. Avec mon fils, cette fois. »

Vous voulez écouter?

Deuxième chance

Samedi, 20 h

ICI Radio-Canada Télé




À lire aussi

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer