Une expérience de théâtre universelle

Les comédiens Bruno Gagnon et Marie Lefebvre pendant... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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Les comédiens Bruno Gagnon et Marie Lefebvre pendant une répétition de la pièce Comme un grand trou dans le ventre.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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Denis Dufresne
La Tribune

(Sherbrooke) Il y a parfois des chansons, des romans, des films ou des oeuvres théâtrales qui, même si elles se rattachent à une époque ou à un événement précis, finissent par traverser le temps et à transcender les cultures. Elles parlent à tous les humains et font écho à des sentiments universels. L'avenir dira si c'est le cas de Comme un grand trou dans le ventre, la pièce créée en 2015 par le Théâtre des petites lanternes à la suite de la tragédie ferroviaire de Lac-Mégantic du 6 juillet 2013.

Auteure et directrice artistique du Théâtre des petites... (Spectre Média, Marie-Lou Béland) - image 1.0

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Auteure et directrice artistique du Théâtre des petites lanternes, Angèle Séguin donne ses indications à Nathalie Arbour, coordonnatrice des ateliers d'écriture, Patrice Daigneault, éclairagiste, et Marc Thibault, comédien, lors d'une répétition de la pièce Comme un grand trou dans le ventre.-

Spectre Média, Marie-Lou Béland

Cette création, faut-il le rappeler, était le fruit de la Grande cueillette des mots du Granit de l'hiver 2014, dans laquelle des centaines de citoyens avaient exprimé ce qu'ils avaient vécu durant et après cette nuit cauchemardesque. Deux ans plus tard, ses artisans ont décidé de lui donner un nouveau souffle après avoir pris une distance de la charge émotive qui avait suivi les événements. Ils vont bien sûr les raconter de nouveau, mais aussi dire ce qui a émergé de tout cela, depuis la perte d'êtres chers et de repères jusqu'à la résilience et à la reconstruction individuelle et collective. La pièce sera jouée par les mêmes comédiens, soit Bruno Gagnon, Marie Lefebvre, Marc Thibault et Sylvie Tremblay.

« Le spectacle [présenté en automne 2015 à Lac-Mégantic et à Sherbrooke] avait connu beaucoup de succès et les gens nous demandaient si on allait le reprendre; on a donc décidé de le faire, mais d'aller plus loin », explique Angèle Séguin, directrice des Petites lanternes, qui a signé le texte et a fait la mise en scène.

« Le recul nous a permis de nous détacher de l'émotivité du moment, de ne plus seulement narrer quelque chose, mais de le vivre, de donner plus de forces aux personnages, sans trahir la pièce », ajoute-t-elle.

« Ce n'est pas juste une reprise : on a retravaillé la pièce. Le théâtre permet de poser des questions : qu'est-ce que ça veut dire, justement, la résilience? » demande Angèle Séguin, dont le travail artistique a été reconnu à plusieurs reprises tant au Québec qu'à l'étranger.

Porter plus loin

« Il y a tellement eu de couverture médiatique à la suite des événements que les gens se sont sentis coupés de leurs émotions. Avec le spectacle, ils se sont dit : "Enfin ma parole est entendue!" C'était dit comme eux voulaient le dire », souligne-t-elle au sujet de cette expérience théâtrale hors du commun.

Cette nouvelle mouture de Comme un grand trou dans le ventre a aussi permis aux comédiens de se réapproprier les personnages, de les porter plus loin.

« Il y avait une telle fébrilité à l'époque, une telle charge émotive... Mais maintenant on est plus loin, le temps a passé et on peut aller plus en profondeur », dit Bruno Gagnon.

Pour Marie Lefebvre, « c'est intéressant de laisser les choses décanter, les personnages ont gagné de l'étoffe, mais ça demeure leurs mots ».

« On ramène ça à un travail plus théâtral; c'est l'universalité de la pièce, c'est l'oeuvre qui prend les devants », dit pour sa part Marc Thibault.

Comme un grand trou dans le ventre sera présenté les 19, 20 et 21 janvier au Théâtre Léonard Saint-Laurent, à Sherbrooke, de même que le 22 janvier au Théâtre Mirella et Lino Saputo du Centre Leonardo da Vinci, à Montréal.

À noter que la représentation du jeudi 19 janvier sera suivie d'une discussion sur le thème de la résilience, en présence notamment de Mélissa Généreux, directrice de la Santé publique de l'Estrie, et de Stéphane Lavallée, directeur du Bureau de reconstruction de Lac-Mégantic.

Vous voulez y aller?

Comme un grand trou dans le ventre

Jeudi 19 janvier, 19 h

Vendredi et samedi, 20 et 21 janvier, 20 h

Théâtre Léonard-Saint-Laurent

Entrée : 25 $ (étudiants : 17 $)

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