Le plaisir de jouer chez soi

Il y avait longtemps que le pianiste Tristan... (Spectre Média, René Marquis)

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Il y avait longtemps que le pianiste Tristan Longval-Gagné n'avait pas autant joué dans sa région d'origine, mais les douze derniers mois lui ont permis de renouer avec son premier public. Il donnera d'ailleurs dimanche un dernier récital à la Belle Chapelle de Sherbrooke avant de tourner une nouvelle page de sa carrière de musicien.

Spectre Média, René Marquis

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

Il y a eu le concert avec le violoncelliste Erich Kory le printemps dernier au Festival Musique Massawippi. Puis un nouveau récital solo, L'humour et la musique, en octobre, devant une salle Bandeen comble à l'Université Bishop's. La semaine suivante, la Maison d'opéra et de concerts de Sherbrooke lui demandait d'accompagner trois jeunes prodiges de la région lors d'un concert à l'église Plymouth. Et voici qu'il offre demain un tout nouveau récital, cette fois à la célèbre Belle Chapelle.

Bref, les douze mois qui se terminent sont ceux où Tristan Longval-Gagné aura le plus joué devant le public estrien depuis longtemps. Et 2017 s'annonce encore plus excitante : le pianiste a enfin trouvé un agent prêt à le guider dans le lancement de sa carrière de soliste, tandis que, petit à petit, il s'apprête à tenir un rôle encore plus actif à l'École de musique Pianissimo, où il enseigne la musique.

« Anne-Dominique Gagné [sa mère et cofondatrice de l'école avec son père Jean-François Longval] commence lentement à passer le flambeau et il faudra éventuellement quelqu'un pour prendre la relève. Ça veut dire un peu plus de responsabilités administratives pour moi, même si ce n'est pas vraiment mon champ d'expertise. Moi, c'est plutôt la pédagogie, l'enseignement et les projets spéciaux pour les élèves plus avancés. Par exemple, j'ai trois élèves qui feront le Concours de musique du Canada cette année. J'organise donc des classes de maître et des concerts additionnels pour les habituer à jouer devant un public. En fait, je veux leur transmettre la même qualité d'enseignement que j'ai reçue. »

Justement, c'est un de ses anciens professeurs, le pianiste Michel Fournier, qui a longtemps habité Sherbrooke et a enseigné à l'École de musique de l'Université de Sherbrooke, qui a accepté de l'aider à prendre son envol sur les scènes québécoises, ce sur quoi Tristan travaillait depuis deux ans.

« Michel m'a enseigné quand j'étais adolescent. Il joue toujours, mais il a cette nouvelle corde à son arc. Il n'est pas seul : il travaille avec Louis Saint-André, qui s'occupait aussi d'artistes populaires. Ensemble, ils travaillent davantage avec des artistes classiques, non seulement pour la programmation de concerts, mais aussi pour tout le matériel de promotion. »

Souvenirs de la Suisse

C'est donc une année importante qui commence pour Tristan, après avoir renoué avec son premier public. « Ça fait des années que je n'ai pas autant joué à Sherbrooke! Ça créait un défi supplémentaire, parce que je ne pouvais pas avoir le même programme chaque fois. »

En 2015, Tristan s'était beaucoup promené avec son récital Scriabine : entre romantisme et modernisme. Après l'avoir rodé au Québec, le musicien était parti pour une tournée de quatre concerts en Suisse, en novembre 2015. Il avait pu ainsi goûter à la différence du public européen,

« Disons que c'était la première fois que je jouais la Sonate pour piano de Liszt au complet comme rappel! C'est 30 minutes de musique! » raconte-t-il en éclatant de rire. « Le public est très chaleureux ici aussi, mais j'ai vraiment senti là-bas, dans les discussions, que les gens s'y connaissent vraiment. Les salles étaient toujours pleines et il y avait toujours un repas et une fête après le concert. J'ai beaucoup aimé cette tournée et c'est quelque chose que je souhaite refaire. »

Tout comme la formule concert-conférence, qu'il a pu expérimenter au Conservatoire de Fribourg. « J'ai toujours pris le temps d'expliquer le répertoire au public avant chaque pièce, mais là, c'était devant des professeurs et des étudiants, donc beaucoup plus didactique. Mais j'ai beaucoup aimé cette approche, assez pour avoir envie de la répéter. »

Moins obscur

Pour son récital à la Belle Chapelle, Le romantisme au piano, Tristan Longval-Gagné a choisi des pièces romantiques du XIXe siècle. « Les gens qui me connaissent savent que j'ai plutôt l'habitude de me tourner vers le répertoire contemporain... et même parfois des choses assez obscures. Mais pas cette fois-ci. Ce ne sont que des compositeurs très connus et des pièces représentatives de l'époque », assure celui qui interprétera, entre autres, le Rondo à la Mazur de Chopin, Dumka de Tchaïkovski ainsi que Prélude, Aria et Final de Franck.

« Ce triptyque est beaucoup moins populaire que celui composé par Franck juste avant, mais j'aime toujours mettre en lumière le répertoire moins connu. C'est aussi une pièce qui évoque beaucoup l'orgue et cadre parfaitement avec la Belle Chapelle. »

En première partie, le public pourra entendre Dorothée Jourdain, qui enseigne aussi à Pianissimo. « Elle est vraiment excellente! C'est la dernière occasion de l'entendre dans la région, car elle part faire sa maîtrise à l'extérieur. »

Vous voulez y aller?

Tristan Longval-Gagné

Première partie: Dorothée Jourdain

Dimanche 15 janvier, 15h

Belle Chapelle, Sherbrooke

Entrée: 20$

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