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Père fils thérapie: deux en deux pour Émile Gaudreault

Dans Père fils thérapie, adaptation française de la... (Séville, Thierry Valletoux)

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Dans Père fils thérapie, adaptation française de la comédie De père en flic d'Émile Gaudreault, Richard Berry se révèle parfait successeur de Michel Côté, tandis que Waly Dia offre une interprétation plus sérieuse, mais quand même crédible et efficace. Au lieu du jeune trentenaire plus caricatural et physique de Louis-José Houde, il met l'accent sur le réalisme et le côté plus dramatique du personnage, laissant textes et situations se charger de l'humour.

Séville, Thierry Valletoux

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Des adaptations ratées, le septième art en est truffé, surtout avec cette manie bien américaine de toujours cuisiner les oeuvres étrangères à sa propre sauce. Alors quand on tombe sur une relecture qui fonctionne, qui s'avère même plus forte que l'original sur certains points, on en profite.

Père fils thérapie, l'adaptation française de notre De père en flic national (quand même le deuxième plus gros succès du cinéma québécois au box-office), effectue donc un saut très réussi chez nos cousins. Certes, il y aura toujours d'inévitables différences culturelles, mais celles-ci ne gauchissent nullement la charpente de cette excellente comédie.

Il est même rassurant de constater à quel point le scénario de départ a été respecté, l'humour et les émotions ayant été conservés ou simplement déplacés. Émile Gaudreault a su préserver les forces de son histoire, apporter des améliorations senties et livrer une réalisation beaucoup plus maîtrisée, tandis que les coscénaristes français Guy Laurent et Philippe de Chauveron ont eu de brillantes idées pour rehausser le film.

Par exemple en remplaçant le psychologue (Robin Aubert dans la version originale) par une femme (Julie Ferrier), ce qui crée une source d'humour supplémentaire, en apportant un élément de séduction. Un nouveau revirement scénaristique, absent du premier film, conduit aussi la psychologue à se remettre comiquement en question.

Plus vite en thérapie

Mais pour le reste, l'histoire demeure la même. Jacques et Marc Laroche (Richard Berry et Waly Dia), un père et un fils policiers constamment à couteaux tirés, se voient confier l'infiltration d'un groupe de thérapie père-fils en pleine nature. En font aussi partie l'avocat Charles Perronet (Jacques Gamblin), qui a comme client un dangereux bandit détenant un policier en otage, et Fabrice (Baptiste Lorber), son mollasson de fils toxicomane. Mission : pousser l'avocat à balancer le mafieux. Mais de douteux accidents laissent croire que des tueurs sont aussi de l'équipée.

Émile Gaudreault a judicieusement raccourci la mise en place, amenant le spectateur beaucoup plus vite dans le groupe de thérapie, là où De père en flic prenait sa véritable vitesse de croisière, ce qui donne beaucoup plus de rythme à l'ensemble de la production, déjà bonifiée par le choix, comme cadre, des gorges du Verdon, ici superbement filmées.

Si Richard Berry se révèle parfait successeur de Michel Côté, Waly Dia offre une interprétation plus sérieuse, mais quand même crédible et efficace. Au lieu du jeune trentenaire plus caricatural et physique de Louis-José Houde, il met l'accent sur le réalisme et le côté plus dramatique du personnage, laissant textes et situations se charger de l'humour. Mêmes constats pour Jacques Gamblin et Baptiste Lorber, qui ont adopté la même approche pour succéder à Rémy Girard et Patrick Drolet.

« Il me soûle! »

Une comédie portant sur les conflits père-fils était probablement le film idéal pour une transposition dans un pays où l'engueulade est un sport national. Il faut quelques minutes pour s'habituer aux différences terminologiques en matière de prises de bec, mais la présence de nombreux acteurs québécois dans la bande de pères et de fils (Manuel Tadros, Rachid Badouri, Patrice Coquereau...) compense en créant une proximité particulière, malgré l'accent français adopté par tout le monde.

Les cinéphiles qui ont vu la première version seront privés des principaux coups de théâtre, qu'ils n'auront assurément pas oubliés. Étonnamment, ce n'est pas suffisant pour gâcher le plaisir, celui de traquer les différences, d'apprécier les améliorations, voire de rire aux mêmes endroits. Parce que De père en flic était, redécouvre-t-on, un foutu bon film.

PÈRE FILS THÉRAPIE

COMÉDIE POLICIÈRE

***½

Réalisé par Émile Gaudreault

Avec Richard Berry, Waly Dia et Julie Ferrier

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