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Défoncer l'année à coups de traditions

Robert Legault est un homme de traditions :... (Archives La Tribune, René Marquis)

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Robert Legault est un homme de traditions : il anime pour la 27e année le Party du jour de l'An, diffusé sur les ondes de CFLX dès 19 h, le 31 décembre.

Archives La Tribune, René Marquis

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(Sherbrooke) Robert Legault n'est pas qu'un homme de musique traditionnelle, c'est aussi un homme de traditions. Ce qui explique, du moins en partie, qu'il se retrouvera pour une 27e fois à la barre du Party du jour de l'An, cette fin de semaine, au moment de défoncer 2017 à grands coups de quadrilles et de chansons bâties sur des airs de bonne humeur contagieuse.

La surprenante émission de radio sera de nouveau présentée sur les ondes de CFLX avec lesquelles elle avait renoué l'an dernier. « C'est là que tout était parti en 1991, se rappelle Robert Legault. On était restés en ondes toute la journée juste avec des 33 tours et des CD, c'était quelque chose, ça prenait du souffle et ça tournait parfois carré. »

La technologie a quelque peu simplifié le travail d'animation et de mise en ondes, l'émission a butiné un brin de station en station, mais Legault et son enthousiasme n'ont pas vacillé en 27 éditions. Cette année encore, il entrera en ondes le 31 décembre de 19 heures à 2 heures du matin, laissera ensuite la programmation musicale faire son chemin jusqu'à 10 heures le matin du premier janvier, moment où il se réappropriera le micro jusqu'à 19 heures, histoire de boucler la boucle.

« La première fois qu'on a fait l'émission, c'était un concours de circonstances, un hasard, se souvient Robert Legault. J'animais mon émission de musique traditionnelle le matin, puis quand Patrick Boulet a pris le relais avec son émission, je suis resté pour faire sa technique. Au final, on a trouvé quelque chose, ça a pris de l'ampleur et on a fait ça ensemble pendant cinq ou six ans. »

La formule demeure en constante évolution, mais la sélection de musiques traditionnelles, les voeux et messages en direct ainsi que les prestations en studio sont toujours au programme de ce 24 heures en continu. « Chaque année, ça varie pas mal, surtout les musiciens et chanteurs en studio, note Legault. Ça dépend de la disponibilité de chacun. Par exemple, cette année, les gars du Bal à l'huile vont défoncer l'année à Cookshire, on ne sait pas trop s'ils vont être en forme pour venir faire une couple de tounes le lendemain. »

Mais Robert Legault y sera avec sa discographie de quelque 45 000 pièces. On répète, 45 000 pièces. « Mais là-dedans, y a peut-être 127 versions de La poule à Collin », remarque le passionné et féru de musique québécoise traditionnelle.

Valoriser le trad

« Y a plusieurs versions de certaines chansons, dont plusieurs que je ne ferais pas jouer parce qu'elles ont été mal faites. C'est trop quétaine. Il y a eu une époque où la musique traditionnelle était pas mal galvaudée, entre autres certains enregistrements des années 1960, 70 et 80 qui ne font pas honneur à ce que c'est. Peut-être que certains producteurs avaient flairé la bonne affaire, mais ç'a donné des produits assez merdiques. Rien pour valoriser notre musique traditionnelle. »

Hormis quelques incartades de mauvais goût que Legault et ses complices préfèrent laisser dormir dans le fond de la boîte à bois, il y a de la découverte et des retrouvailles à faire pendant ces 24 heures du Party du jour de l'An. Les préférées de l'ami Bob?

« La Bottine souriante a enregistré pas mal les meilleures versions de tout ce qu'ils ont fait, concède-t-il. Si j'ai à jouer une version de La poule à Collin, ça va être celle de La Bottine. Si je veux faire jouer Dans nos vieilles maisons, ça va être la version de La Bottine. Ou celle de Murielle Millard. »

Dans la même veine, Legault optera pour Le reel du pendu de Ti-Blanc Richard, de Gérard Ti-Noir Joyal, de Jean Carignan ou de La Bottine, on appellera ça l'embarras du choix, mais misera assurément sur quelques tounes pour lancer le party comme Fortierville de La Volée d'castors, Vive le plaisir, vive l'amour de La Veillée est jeune. Il en profitera également pour mettre en lumière les réalisations de certains noms dont on ignore trop l'apport au folklore québécois, dont La Famille Soucy qui a multiplié les chansons à boire comme Prendre un verre de bière mon minou, Prendre un p'tit coup c'est agréable ou encore Y a-tu d'la bière icitte?

« On connaît trop mal notre répertoire et ses interprètes, note Robert Legault en regrettant le peu de place laissée à la tradition folklorique. « Y a des vagues et on espère toujours qu'elles vont être là pour rester, mais c'est fragile. Pourtant, c'est tout un monde, notre monde. C'est clair qu'on mérite de s'écouter plus souvent », relance celui qui anime d'ailleurs chaque mardi Tout l'monde en place, émission dans les mêmes notes et sur les mêmes ondes de CFLX.

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