On ira tellement danser

Les membres de Galant tu perds ton temps... (Benoît Rousseau)

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Les membres de Galant tu perds ton temps : Jacinthe Dubé, Mia Lacroix, Isabelle Payette, Evelyne Gélinas et Josianne Hébert. Absent : le percussionniste Jean-François Berthiaume.

Benoît Rousseau

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(Sherbrooke) On ira danser. Ne cherchez pas de midi à 14 heures : ce sera le mot d'ordre des prochaines semaines, des mois qui suivront et des années qui se succèderont. Pourquoi pas?! Et pourquoi, surtout, pourquoi se contenterait-on de ce rythme heureux de la musique québécoise traditionnelle dans le temps des Fêtes seulement, alors que la fierté de ce qu'on est devrait facilement s'étirer tout au long de l'année?

La question nous turlupinait pendant qu'on cherchait dans les étagères mal classées les trois premiers albums de Galant tu perds ton temps, quintette aussi créatif que féminin qui revisite le répertoire traditionnel a capella depuis une décennie déjà. Normal donc qu'on refile notre interrogation à Josianne Hébert, réalisatrice du quatrième album de Galant tu perds ton temps qui vient d'atterrir sur les tablettes.

« Notre façon de médiatiser la musique traditionnelle au Québec y est pour beaucoup », croit la chanteuse et musicienne originaire de Warwick.

« C'est un genre musical dont on ne parle qu'aux Fêtes, souvent avec pas mal de clichés, et qu'on remet de côté ensuite, comme si ça n'avait plus sa place dans l'espace public. Pourtant, dans l'espace privé, la musique québécoise continue d'exister dans les partys et les rencontres, même au mois de mai. Mais dans les festivals ou ailleurs, c'est non. Moi, je rêve du jour où, aux Francofolies ou à un autre festival, on va retrouver un groupe de musique québécoise traditionnelle entre un show de Louis-Jean Cormier et un show de hip-hop, sans faire dans le cliché. Juste parce que ça a sa place. »

« D'un point de vue musical, on se renie beaucoup comme peuple. On est le seul peuple qui parle de musique traditionnelle plutôt que de musique québécoise, comme si on n'avait pas cette fierté, contrairement aux Irlandais par exemple qui assument pleinement la musique irlandaise. Et je crois que ça a beaucoup à voir avec la façon dont on médiatise notre musique », poursuit encore Josianne Hébert avec une conviction tout ce qu'il y a de convaincant.

Entre podorythmie et boule disco

Et les non-convertis comme les plus récalcitrants trouveront un argumentaire plus solide encore sur ce quatrième album de Galant tu perds ton temps, Nous irons danser, dont la chanson-titre à elle seule devrait pousser à improviser quelques planchers de danse, promis juré. Repiqué à La Bottine souriante et à Genticorum, ce classique est remis au goût d'un jour très nouveau.

« Y a un petit côté électro-transe, quand même », lance Josianne Hébert lorsqu'on lui souligne que c'est la toune parfaite pour transiter du tapage de pied vers la boule disco, et vice-versa.

« C'était voulu, reprend-elle. On n'a pas le choix de faire preuve de créativité quand on veut se renouveler dans un répertoire, sans instruments, avec les voix seulement. Ce n'est pas facile, parce qu'on veut faire quelque chose d'unique, pas un copié-collé de ce qui s'est déjà fait. »

Ce qui n'a pas empêché les cinq filles de Galant tu perds ton temps et leur complice percussionniste Jean-François Berthiaume de revisiter leurs collections de disques personnelles pour y dénicher quelques chansons féminines reprises par les voix masculines au fil du temps.

La Bottine souriante, les frères Labri, Fred et Nicolas Pellerin, Les Mononcles, Le Vent du Nord, les Chauffeurs à pieds, le Rêve du Diable, Michel Faubert et d'autres chanteurs encore ont ainsi fourni à Galant tu perds ton temps le matériel de Nous irons danser, certains allant même jusqu'à pousser leur voix sur l'album autour de celles des cinq filles regroupées comme jamais, c'est-à-dire, outre Josianne Hébert, Mia Lacroix, Evelyne Gélinas, Jacinthe Dubé et Isabelle Payette.

Les femmes par les hommes

« On a mis beaucoup d'énergie sur les voix et les arrangements », note Josianne Hébert, arrangeuse, réalisatrice et une des voix de l'album. « On voulait un concept nouveau autour de chansons de femmes qui avaient été interprétées par les hommes au fil du temps, depuis les années 1970. Une fois qu'on a eu fait notre choix, j'ai enregistré ma voix cinq fois et j'ai envoyé les pistes aux filles comme outils de travail. Ça nous a facilité les choses parce qu'on est installées dans des régions différentes. »

Qui plus est, avec des familles qui prennent forme depuis quelques années déjà, ce qui explique les tournées de spectacles un peu plus au ralenti. Mais ce quatrième album devrait relancer la roue au printemps.

En attendant, on ira danser.

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