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Le bleu des rives : voguer entre poésie et mystère

Marie-Claude Lapalme... (Spectre Média, René Marquis)

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Marie-Claude Lapalme

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Marie-Claude Lapalme aime les lieux. Certains l'habitent longuement et profondément, un genre de coffres à souvenirs pas nécessairement toujours très précis, qui tiennent souvent de l'atmosphère et d'un certain mystère. On pourrait en faire le point de départ d'un recueil de nouvelles, toutes indépendantes les unes des autres, mais aussi intimement liées entre elles.

C'est le cas du chalet aux abords du lac Aylmer, là où se déroulaient les rencontres familiales élargies, mais là aussi où elle se rendait fréquemment avec ses parents, la proximité de l'endroit aidant. Chaque fois, la jeune fille de l'époque tentait d'imaginer ce qui pouvait bien se passer entre ces murs lorsque ses occupants abandonnaient le chalet.

« C'était un petit chalet assez étrange, avec des petites pièces sombres et une drôle de déco », note l'auteure sherbrookoise qui a fait paraître son tout premier recueil de nouvelles, Le bleu des rives, publié chez Hamac.

« C'est un endroit où l'on faisait les partys de famille, un point de rencontre très positif, reprend-elle. Mais il n'était pas habité tout le temps, et c'est quelque chose qui m'intriguait, comme tous les lieux qui se vident sans personne pour les surveiller. Je me demandais ce qui s'y passait quand on partait. »

Marie-Claude Lapalme a fait appel à son imagination pour donner vie à ces lieux en alliant poésie et monde fantastique, un peu sur la ligne entre deux mondes littéraires, bien loin de l'autofiction à la mode.

« J'avais envie d'un univers un peu surnaturel avec des ambiances troubles. J'aime bien ce qui reste en suspens, les non-dits », explique celle qui avait amorcé l'écriture de ces nouvelles pendant sa thèse de doctorat avant de les proposer à différentes maisons d'édition. Certains de ces textes avaient été couchés sur papier dès 2001. Le peaufinage des deux dernières années a donné naissance au Bleu des rives, un recueil de neuf nouvelles qui brisent les murs du chalet et n'ont rien à voir avec des souvenirs d'enfance précis de l'auteure.

« La première nouvelle partait d'un rêve que j'avais fait et qui me suivait, se rappelle Marie-Claude Lapalme. Je nageais dans le lac avec cette sensation étrange d'une présence, de quelque chose là, dans l'eau. Je pensais souvent à ce rêve, à son sens, au lac. »

L'eau s'est ainsi infiltrée au coeur de ses nouvelles, elle vient baigner les différents tableaux qui se succèdent, marqués par des personnages parfois étranges.

« L'eau, le lac, c'est le miroir nous permettant d'apercevoir notre reflet, mais c'est aussi en même temps tout ce qu'on cache, ce qu'on ne montre pas, qu'on ne dit pas », note celle qui apprécie autant dans ses lectures que dans son écriture que toutes les réponses ne soient pas dévoilées.

« J'aime qu'on laisse certaines possibilités ouvertes », ajoute celle qui enseigne au cégep de Sherbrooke la création littéraire et le cinéma.

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