Formule gagnante, prestations touchantes

La chanteuse Kim Richardson a conquis quelque 1300... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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La chanteuse Kim Richardson a conquis quelque 1300 personnes réunies dimanche après-midi à la salle Maurice-O'Bready pour le concert de Noël de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke. Avec sa formule mi-sacrée mi-populaire comme l'an dernier, la prestation portait la forte signature du chef Stéphane Laforest, spécialiste québécois des concerts symphoniques pop.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

CRITIQUE / On ne peut quand même pas reprocher à l'Orchestre symphonique de Sherbrooke (OSS), avec le succès remporté par son concert de Noël de l'an dernier, d'avoir misé sur la même formule cette année. Surtout que le public semble le suivre dans cette recette où le répertoire des Fêtes n'occupe qu'une partie du programme, encore plus petite que l'an dernier même.

En 2015, Émilie-Claire Barlow s'était permis quelques incursions dans son répertoire jazz habituel avant de revenir vers les chansons plus traditionnelles. La première partie du concert avait été consacrée aux oeuvres chorales de Noël de John Rutter. Cette année, c'est le Gloria de Vivaldi (qui n'est pas, à proprement parler, une pièce de Noël) qui comblait les 45 premières minutes, alors que la soliste Kim Richardson n'a fait que cinq chansons de Noël après l'entracte.

Par contre, juste avant, elle a offert le jazz d'Ella (L.O.V.E.), la soul de Stevie (You Are the Sunshine of My Life)... et même du James Bond (Skyfall) et du disco (I Will Survive)! Bref, le père Noël est resté dans les coulisses pendant les trois quarts du concert. Mais les quelque 1300 spectateurs ne se sont pas fait prier pour monter dans le traîneau.

Il faut dire que l'interprétation du Gloria a été d'une rare force et que le chef Stéphane Laforest a eu un coup de génie en guise de « rappel de première partie » : faire venir Kim Richardson plus tôt sur scène pour livrer, avec choeur et musiciens, une interprétation vraiment touchante de Hallelujah en hommage à Leonard Cohen. Inutile de dire que, si de rares spectateurs n'étaient pas encore convaincus, la conquête était totale après ça.

Maestro Travolta

Avec toute la grâce et la chaleur qu'elle peut avoir dans la voix, Kim Richardson a fait cadeau de remarquables interprétations, sans avoir besoin de réinventer la roue, chaussant parfaitement les univers de Stevie Wonder, Ella Fitzgerald, Whitney Houston et Céline Dion. Mais c'est dans sa livraison de Skyfall d'Adele qu'elle a le plus brillé. En prime, maestro Laforest s'est pris pour John Travolta pendant le célèbre solo de cordes d'I Will Survive.

Quelques hautes notes ont quand même échappé à la soliste, qui a aussi buté deux ou trois fois dans les paroles (c'est presque incontournable avec l'inhérente légèreté des concerts de Noël). Cela vaudrait aussi la peine pour elle de mettre ses interventions en scène, car on ne la sentait pas totalement à l'aise avec l'improvisation.

Par contre, la chanteuse d'origine torontoise a osé s'aventurer dans les versions françaises des classiques de Noël (plus que le laissait supposer le programme, car les titres, sauf Sainte Nuit, étaient tous en anglais). Finalement, The Christmas Song est devenue Joyeux Noël et Jingle Bells a été livrée en version bilingue. Honnêtement, il aurait été décevant qu'une telle dose d'âme ne profite pas davantage à la langue de Molière.

Excellente idée de la part de Stéphane Laforest de réunir les Chanteurs de l'Université Bishop's et l'Ensemble vocal de l'École de musique de l'Université de Sherbrooke. Ce faisant, on réglait l'éternel problème des ensembles choraux : le manque de voix d'hommes. Et avec Fannie Gaudette et Robert Ingari à leur direction, on pouvait être certain que chacun serait à ses affaires.

En effet, la livraison du Gloria s'est révélée quasi parfaite, surtout le difficile Et in terra pax hominibus, qui peut facilement se transformer en bouillie informe. Cette fois, tous les pupitres étaient parfaitement détachés. La soprano Melinda Enns a été brillante à souhait dans le Domine Deus, la contralto Cécile Muhire, très à-propos dans sa pieuse retenue.

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