Statera : jamais un sans quatre

Après plus de trois ans de préparation, les... (Spectre Média, Marie-Lou Béland)

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Après plus de trois ans de préparation, les membres du quatuor vocal estrien Statera ont lancé leur album de Noël, C'est l'hiver. Nathalie Robidoux, soprano, Isabelle Arseneault, alto, Mario Couture, ténor, et René Dufresne, basse, seront en concert ce samedi 3 décembre à la salle Guy-Veilleux de Cookshire-Eaton et au Marché de la gare de Sherbrooke le dimanche 4 décembre en après-midi.

Spectre Média, Marie-Lou Béland

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Quand on fait partie d'un ensemble vocal, on répète parfois en petits groupes : deux ou trois voix se détachent des autres pour répéter leur partition ensemble, afin de s'assurer de l'exactitude de leur harmonie. Pendant la préparation de l'album de Noël C'est l'hiver du quatuor Statera, l'alto Isabelle Arseneault et la basse René Dufresne se sont donc retirés pour répéter un passage conjoint. C'est alors qu'ils ont vu le ténor Mario Couture se pointer la tête dans la pièce en leur disant : « C'est vraiment ça que vous devez chanter? C'est tellement bizarre! »

« Effectivement, lorsqu'on prenait seulement nos deux voix à part, ce n'était pas très joli. Ça sonnait limite dérangé, confirme Isabelle Arseneault. La plupart du temps, il nous faut les autres pour faire un tout. Aucun de nous ne tient la mélodie au complet dans une chanson. On se la passe constamment. »

« D'ailleurs, lorsqu'on se retrouve chacun de son côté et qu'on se fait demander de chanter une chanson, on est un peu mal pris », appuie la soprano Nathalie Robidoux en riant.

C'est surtout un signe que le quatuor vocal estrien, qui avait déjà lancé un premier album en 2013 baptisé Équilibre, est passé à une autre étape. Lorsqu'on en vient à des structures si complexes qu'il faut absolument que les quatre voix soient là pour que l'harmonie tienne debout, c'est qu'on a atteint un haut degré d'unité et de difficulté.

« En concert, mentionne Mario Couture, il nous est déjà arrivé de chanter le même extrait individuellement, l'un et après l'autre, puis de le refaire tous ensemble. Cela permet au public d'apprécier tout notre travail. »

D'ailleurs, les membres de Statera développent parfois ce qu'ils appellent de « l'angoisse de séparation » : la peur d'oublier ou de se tromper quand leurs coéquipiers ne sont pas là, car ils ont des points de repère dans la partition des autres.

Un mois ou un an

C'est l'hiver a failli voir le jour en 2015. L'album était presque prêt, mais l'échéancier, trop serré. « On ne peut pas se permettre de lancer un album de Noël au début de décembre... et c'est le genre d'album que tu ne peux pas reporter d'un ou deux mois. Il fallait attendre une année de plus », fait comprendre René Dufresne.

Qu'à cela ne tienne, les quatre mousquetaires vocaux en ont profité (à travers leur autre vie professionnelle, car ils ont tous un autre métier) pour peaufiner encore le travail dans cet ambitieux projet qui n'a cessé de s'étoffer au fil des ans, notamment par l'ajout de musiciens. Au trio jazz initial se sont donc greffés un violoncelle, un célesta et des cuivres (dont le trompettiste sherbrookois Jean-François Gagnon de Belle et bum), sans oublier l'Ensemble vocal Odysséa, qui participe à trois pièces.

« Nous avons eu plein d'idées qui ont surgi et nous avons réenregistré plusieurs choses. Une pièce nous plaisait moins, alors nous l'avons retirée et nous avons refait Angel, une des chansons de notre premier disque que les gens apprécient vraiment beaucoup. Nous voulions vraiment être satisfaits, alors nous avons pris le temps qu'il fallait », expliquent René, Nathalie et Isabelle. « Nous avons même travaillé avec des amis anglophones pour qu'ils nous aident à trouver l'accent tonique en anglais... ce qui nous a poussés à refaire des harmonisations », ajoute Isabelle.

Le résultat, ce sont treize pièces de Noël majoritairement en anglais, la plupart de grands classiques comme Jingle Bells, Have Yourself a Merry Little Christmas, Noël Blanc et Au royaume du Bonhomme Hiver, mais aussi des moins connues, telles Pray on Christmas ou Holiday Season, et certaines qui ne semblent pas cadrer au premier abord avec les festivités de fin d'année, dont My Favorite Things, qui ouvre l'album.

« Nous avons aussi inclus des chansons qui nous faisaient penser à Noël », explique Nathalie Robidoux, qui se remémore le temps où La mélodie du bonheur était presque toujours diffusée durant les Fêtes. « J'avais ma petite enregistreuse collée sur le téléviseur, puis j'écoutais la cassette en boucle. »

Statera a d'ailleurs travaillé cette pièce lors de son camp musical annuel au Domaine Forget, avec le septuor britannique Swingle Singers.

Noël urbain

Pour choisir les chansons, le quatuor s'est réuni un beau jour devant un verre de vin, chacun ayant apporté ses disques de Noël préférés. Ils ont écouté différentes versions des mêmes pièces. Ils ont ensuite fait un sondage auprès de leurs proches. « Sans perdre l'idée qu'on voulait aussi se faire plaisir là-dedans », insiste René Dufresne.

Ils ont ensuite pris la direction du studio sherbrookois Oblik, où l'album a été réalisé par Étienne Chagnon. Ils travaillaient déjà avec Sylvain Bertrand pour les harmonisations vocales. Nadia Labbé s'est ajoutée pour les arrangements des chansons avec choeur.

Quant aux photos de la pochette, le public reconnaîtra assez rapidement la promenade du Lac-des-Nations ainsi que le Marché de la gare de Sherbrooke. « Nous voulions une ambiance de Noël urbain. C'était aussi une façon de rappeler que ce produit est entièrement sherbrookois », soulignent les quatre chanteurs.

Statera est donc désormais prêt à se lancer dans les concerts, car toutes les chansons de l'album, ils peuvent parfaitement les reproduire a cappella, ou avec une bande sonore ou un accompagnement acoustique. Bref, d'avoir atteint leur but leur donne de nouvelles ailes.

« C'est une aventure qui nous tient beaucoup à coeur. Beaucoup abandonnent en cours de route. Nous avons réussi à être constants et disciplinés. Créer un album, ça génère un certain stress : chacun a son opinion, il y a des choix à faire, il faut beaucoup d'écoute. Mais l'amitié que nous avons développée avec le temps nous a portés », concluent Isabelle et Mario.

Vous voulez écouter

C'est l'hiver

NOËL JAZZ

Production Statera

Vous voulez y aller ?

Statera

Samedi 3 décembre, 20 h

Salle Guy-Veilleux, Cookshire-Eaton

Entrée : 22 $

Dimanche 4 décembre, en après-midi

Marché de la Gare, Sherbrooke

Entrée gratuite

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