Du trad qui rocke

Alexandre de Grobois-Garand et Mélisande... (Spectre Média, René Marquis)

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Alexandre de Grobois-Garand et Mélisande

Spectre Média, René Marquis

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Il pataugeait dans le trad depuis l'adolescence, elle avait roulé sa bosse dans l'univers de la chanson folk. Alexandre de Grobois-Garand et Mélisande partageaient déjà leur quotidien, ils ont un jour eu l'idée de pousser plus loin leur complicité en mariant leurs univers musicaux respectifs. En créant Mélisande [Électrotrad], le couple souhaitait réinterpréter les succès d'hier en les enrobant de rythmes actuels. C'était en 2012. Le filon était bon, leur musique aussi : leur premier disque, Les métamorphoses, a remporté un Independent Music Awards pour l'Album World Beat de l'année 2016. Depuis leurs débuts, ils ont multiplié les concerts au Canada, en Australie et en France. Deux mois avant de lancer un second album, le duo donnera ce soir (samedi) au Centre d'art de Richmond la dernière représentation du spectacle Le bal des métamorphoses, né de son premier effort solo et sur lequel Michel Faubert a posé son oeil. Entrevue entre trad et électro avec le couple de créateurs.

Vous avez chacun touché à la musique avant d'embrasser le genre électrotrad. Avez-vous l'impression d'avoir trouvé votre niche?

Mélisande : Vraiment. Moi j'ai baigné dans le rock progressif, dans la pop aussi. J'ai adoré faire ça, mais j'ai vu à quel point c'était difficile de se faire un nom dans ce milieu-là. J'écrivais mes chansons, j'ai fait les concours de Granby et de Petite-Vallée. C'est exaltant... mais ça peut aussi être minant, à cause du côté subjectif de l'affaire. Certains s'extasient sur tes chansons, d'autres les descendent. Après ça, c'est difficile de ne pas se censurer. Avec Mélisande [Électrotrad], j'ai beaucoup de plaisir et je n'ai pas cette pression-là, parce que ce n'est pas moi qui écris les textes.

Alexandre : De mon côté, j'ai découvert le trad en 1994 et j'ai eu un coup de coeur immédiat. En 1995, j'avais déjà mon groupe et on intégrait un peu d'électro à ce qu'on faisait. C'est comme un beau retour aux sources.

Vous êtes un couple dans la vie, vous travaillez aussi ensemble. C'est difficile de concilier tout ça?

Mélisande : C'est facilitant, plutôt. Dans un couple, quand les deux font de la musique, c'est difficile de trouver un diapason commun à cause des horaires, des tournées, des spectacles. On a deux enfants, on a eu envie d'essayer de monter un projet ensemble. Et on trouve ça formidable! Depuis un an et demi, professionnellement, on ne fait que ça... et aussi un peu de figuration!

De la figuration?

Mélisande : C'est possible étant donné qu'on est membres de l'Union des artistes. On a fait des apparitions dans un paquet de téléromans, on s'est même embrassé dans un épisode de L'Auberge du chien noir.

Pourquoi avoir glissé de l'électro dans le trad?

Mélisande et Alexandre : On voulait actualiser la musique trad, on voulait décloisonner le style, s'inspirer des éléments du passé et les mettre au goût du jour. On a fait le pari de donner au répertoire traditionnel une couleur différente, un emballage plus moderne.

On dit qu'il y a un côté féministe à vos chansons...

Mélisande : Ça se passe dans le choix des chansons. J'opte toujours pour des textes qui ont une résonance actuelle. Souvent, je ne dirais pas les choses comme dans la chanson, on sent l'époque dans les tournures de phrases, mais derrière tout ça, le propos est encore pertinent aujourd'hui. Et si le texte est au masculin, je le féminise, quand c'est possible, de façon à pouvoir me mettre dans la peau de la personne qui parle dans la chanson. Cela dit, cet aspect féministe sera un peu moins présent sur le prochain disque.

Justement, qu'en est-il de ce second disque? Il est terminé?

Alexandre : On est en train de le finir. Pour le premier, on a fouillé dans les recueils, on avait cette idée de rendre hommage aux folkloristes. Là, on a choisi de remonter à la source, d'aller s'imprégner de la tradition orale en allant écouter les extraits sonores, dans les centres d'archives à Washington, Québec et Gatineau.

Mélisande : On a fait une sélection très festive. L'album s'intitulera Les millésimes. L'idée qui le sous-tend, c'est que, comme les grands crus, les chansons traditionnelles prennent de la valeur avec les années. J'interprète un duo avec Nicolas Boulerice, un autre avec Alexandre Désilets et un autre encore avec David Goudreault, qui fait un slam sur le disque.

Un dernier spectacle en 2016, ça vous rend nostalgique ou heureux de fermer la boucle?

On est content! C'est une belle façon de clore la tournée parce qu'on arrive avec la totale, nous serons accompagnés des deux musiciens qui étaient là pour l'enregistrement, Robin Boulianne au violon et au banjo ainsi que Mark Busic au clavier. Il y aura aussi deux danseurs, le breakdancer folklorique Kevin Desriveaux et la gigueuse urbaine Yaëlle Azoulay. Sur la scène, c'est du trad qui rocke.

Vous voulez y aller ?

Le bal des métamorphoses

Mélisande (Électrotrad)

Centre d'art de Richmond

Samedi 3 décembre, 20 h

Entrée : 28 $

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