Les Rolling Stones retournent au blues

Mick Jagger... (Associated Press)

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Mick Jagger

Associated Press

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Nicolas Pratviel
Agence France-Presse
Paris

Retour aux sources et bain de jouvence : onze ans après leur dernier album studio, les inusables Rolling Stones reviennent avec Blue and Lonesome, dans les bacs le 2 décembre, un disque de reprises de standards du Chicago blues qui a nourri leur musique.

« C'est un hommage à nos artistes préférés, ceux qui nous ont donné envie de faire de la musique », a récemment expliqué Mick Jagger au New York Times. « C'est la raison pour laquelle nous avons fondé un groupe, nous étions fans et grands prosélytes du blues. Au final, nous voilà encore à faire du blues cinquante après. »

Du blues, mais pas n'importe lequel : celui qui a pris son essor à Chicago dans les années 50 en raccordant les guitares à l'électricité, ouvrant la voie au rock'n roll. Ses figures emblématiques se nomment alors Little Walter, Eddie Taylor, Howlin » Wolf, Magic Sam, Jimmy Reed, Willie Dixon, Muddy Waters... Muddy Waters dont la chanson Rollin' Stone donnera au groupe son nom.

Afin de boucler la boucle, les vétérans britanniques ont donc décidé de reprendre les chansons qui les faisaient vibrer gamins lorsqu'ils s'escrimaient au début des années 60 dans les pubs de l'ouest londonien. Soit douze titres, enregistrés en à peine trois jours en décembre 2015, aux British Grove Studios, non loin justement des clubs de leurs débuts.

A l'origine, pourtant, ce 23e album devait être celui de compositions nouvelles, une décennie après A Bigger Bang. Mais en studio l'inspiration peine à monter. Keith Richards, qui venait de sortir deux mois plus tôt son troisième album solo, le bluesy Crosseyed Heart, propose alors à ses partenaires de jouer Blue and Lonesome, de Little Walter.

« C'est un super morceau pour s'échauffer en studio ou quand on sèche sur une chanson », raconte au NY Times le guitariste au bandana et aux bagues de têtes de morts. « Nous le jouons, ça sonne super bien et c'est là que Mick nous dit : "faisons Howlin' Wolf". Et ça a décollé comme ça. »

La spontanéité est palpable à l'écoute de ces morceaux, qui sonnent forcément un peu plus électriques que les versions originelles. Le son, en revanche, est loin d'être propre. Il y a pourtant une production derrière ce disque, notamment assurée par Don Was qui accompagne le groupe depuis plus de vingt ans. Elle s'entend essentiellement sur la voix trafiquée (fatiguée ?) de Mick Jagger, 73 ans.

Mais dans cette session, le chanteur montre un réel talent à l'harmonica, très présent sur les reprises de Little Walter.

Les quatre chansons de ce génie éphémère du blues, décédé à 38 ans, en 1968 à Chicago, après une bagarre de rue, s'avèrent être les meilleures : Just Your Fool, Blue And Lonesome, I Gotta Go et Hate To See You Go. S'il y a un bienfait à cet album, c'est de donner envie de (re) découvrir cet harmoniciste hors pair.

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