Philippe Brach: aussi fort que sauvage

La soirée s'annonçait difficile pour un Philippe Brach... (Spectre Média, Maxime Picard)

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La soirée s'annonçait difficile pour un Philippe Brach ennuyé par des maux de gorge. Mais la nature est aussi forte que sauvage.

Spectre Média, Maxime Picard

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CRITIQUE / Y a de ces soirs, tu retrouves ce feeling que la plupart des gens sont nés pour être sauvages, qu'ils avaient simplement glissé leurs envies dans un dossier en attente, et que là, tout à coup, parce que l'occasion est belle, que la musique est bonne et que l'invitation est claire, ils se laissent enfin aller sur play all the way.

L'histoire ne dira pas s'il faut absolument que Philippe Brach serve de bougie d'allumage à la sauvagerie, on se souhaitera que non, et ce, bien que l'artiste demeure une bête de scène étrange et explosive même en ce dernier droit de sa longue tournée, grippé au-delà de toutes les doses de gingembre et de shooters.

Si la fatigue et les microbes ont rendu Brach moins volubile entre ses chansons qu'à son habitude, samedi soir, la révélation de l'ADISQ 2015 n'en a pas moins offert son show intégral dans un Boquébière rempli à plus soif de monde et d'énergie. Les premiers accords de guitare venaient à peine de percer la microsalle de spectacle que les têtes balançaient toutes dans un même mouvement et que les déhanchements off beat secouaient l'air réchauffé au quart de tour.

L'auteur-compositeur-interprète originaire de Saguenay a inséré quelques titres de son premier opus La foire et l'ordre aux tout aussi débridées musiques de Portraits de famine, ce second album sorti en 2015 et venu confirmer non seulement la belle folie de Brach, mais aussi son talent brut, son audace et ce côté joyeusement baveux qui sème le bonheur sur son passage.

Maux de gorge

Présenté plus d'une centaine de fois depuis le lancement de Portraits de famine, ce spectacle a largement fait ses preuves. Après son arrivée, masqué sur scène au milieu de son quatuor de musiciens, Brach a enfilé quatre chansons et cherché réconfort auprès du public en confiant ses maux de gorge aux bons soins d'un morceau de gingembre. La compassion ne s'est pas pointée sur un plateau d'argent, mais au détour d'un cabaret de shooters de Jameson que Brach et ses copains ont enfilé en concluant qu'il valait mieux « ouvrir les yeux pis se réveiller ».

L'énergie a alors levé d'un cran encore, mais Brach a dosé la montée en reprenant à son compte Black Swan de Radiohead avant d'enfiler Monsieur le psy, Ressac sur ta peau et une nouveauté qu'il a interprétée seul à la guitare.

Fallait-il s'attendre à une seconde partie de spectacle plus posée ? Pouah. Jamais. Le chanteur n'a officiellement pas été le seul à chanter et à danser dans l'inspiration et le plaisir le plus total entre Le bonheur tousse moins qu'avant et Héroïne, les deux pièces enrobant le deuxième set consacré entre autres à Alice et Crystel, et précédant un rappel annoncé d'avance sans sortie de scène pour gagner en efficacité.

« Z'êtes cool Sherbrooke ! J'vais m'ennuyer de vous autres à Winnipeg », a lancé un Brach visiblement heureux d'être passé vivant à travers la soirée, le gingembre et les shooters.

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