Alain-François : le marchand de bonheur

Alain-François... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Alain-François

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Yanick Poisson
La Tribune

(Victoriaville) Toujours souriant et animé d'une bonne humeur contagieuse, Alain-François est, en quelque sorte, le neveu sympathique et dynamique que tout le monde rêve d'avoir. En plus, il sait chanter, joue du violon comme pas un et se transforme en une véritable bête de scène le soir venu.

Le spécialiste du style néo-traditionnel, qui prend fièrement le relais des « violoneux » et des « tapeux de pieds » d'antan, vient tout juste de lancer un huitième album studio, intitulé avec justesse La fête! On y retrouve une dizaine de chansons, dont trois reprises de classiques de la chanson française et québécoise : Le frigidaire (Tex Lecor), Mon oncle Edmond (Jean Lapointe) et À la claire fontaine.

Les autres titres sont inspirés de son regard sur la société actuelle ainsi que de récits tirés de sa vie. Fidèle à son habitude, il ajoute une touche humoristique à ses textes pour que ses auditeurs aient le sourire bien fendu à chacune des écoutes.

« Ce n'est pas nouveau, La Bolduc faisait ça aussi, à sa manière. Elle parlait de ce qui se passait dans sa vie, elle disait à tout le monde qu'elle avait un bouton sur le bout de la langue, rigole-t-il. Je raconte des histoires qui me touchent et j'ajoute beaucoup d'humour. C'est à la fois léger et intelligent. »

La fête! paraît deux ans après le troisième tome de La trousse du temps des Fêtes. Le nouvel album est toujours aussi traditionnel et festif, mais les thèmes abordés ne sont pas reliés à Noël ni au jour de l'An.

« Cet album pourra être écouté quatre saisons. Il va passer le mois de janvier, lui! Les trousses, moi-même, je ne suis plus capable rendu en février. La fête! pourra être écouté à la Saint-Jean-Baptiste, lors des carnavals d'hiver et lors d'autres fêtes. »

Une étiquette assumée

Maintenant que la première neige est tombée, médias, salles de spectacles et organisateurs de partys de Noël s'arracheront les services d'Alain-François. Au cours des prochaines semaines, il donnera une dizaine de spectacles un peu partout à travers le Québec et il sera invité dans nombre d'émissions de télévision, dont le jeu-questionnaire Le tricheur, à TVA.

On entendra également les chansons de ses huit albums en boucle sur les ondes de stations de radio qui le boudent dix mois par année. En a-t-il assez de cette courte fenêtre, au point d'envisager de changer de style? Non, le Victoriavillois se plaît toujours dans cette niche qui lui sied bien.

« Je ne peux pas me plaindre : je bénéficie d'un large public de jeunes et de moins jeunes. Je plais tant aux amateurs de musique plus douce que de rock. J'ai fait les plaines d'Abraham à deux reprises, le parc Maisonneuve, et on ne se cachera pas qu'à l'approche des Fêtes, tout le monde est à la recherche d'un nouvel album à mettre dans son lecteur pour faire le sapin », explique-t-il, précisant que les trois Trousse du temps des Fêtes avaient été vendues à 50 000 exemplaires.

Un tout nouveau spectacle

Alain-François et sa bande ont développé un tout nouveau spectacle qu'ils présenteront en primeur les 2 et 3 décembre au Colisée Desjardins de Victoriaville. Pour l'occasion, ils seront accompagnés sur scène de Vincent Vallières et Patrice Michaud.

« On a refait le spectacle de A à Z. On a enlevé les tuyaux, mis de nouveaux jeux de DEL et on a ajouté des pelles à neige. On crée quelque chose de nouveau, on fait un gros party entre nous, dans le sous-sol. C'est beaucoup de travail, mais on croit que les gens vont aimer », souhaite-t-il.

Malgré son allure éternelle de jeune adulte, le violoniste approche la cinquantaine et il s'est surpris à constater qu'il avait atteint les 30 ans de carrière. S'il a enregistré son premier album officiel en 2003, il donne des spectacles depuis le milieu des années 1980. Mais il n'a pas l'intention d'arrêter d'écrire ni de faire danser.

La fête! pourrait toutefois être son dernier album physique. Par souci d'économie, mais surtout pour s'adapter au marché, il envisage de commercialiser son prochain album sur le web. 

« À moins qu'il y ait quelque chose qui se passe, tout s'en va vers le virtuel. Il y a maintenant des voitures sans lecteur CD », fait-il remarquer.

Cinq chansons à (re)découvrir

Le frigidaire

« Comment se fait-il que personne n'ait pensé à retoucher ça? C'est la chanson de famille par excellence, une mélodie que tout le monde connaît. J'ai décidé d'en faire une version différente, en y ajoutant entre autres du banjo. J'espère faire découvrir aux plus jeunes certaines pièces qui ont marqué l'histoire du Québec et celle-ci en est une. Ils vont s'apercevoir que le frigidaire n'est pas seulement quelque chose à vider. »

Chanson à répondre

Une chanson qui ne porte pas bien son nom. On se serait attendu à ce qu'elle renferme de nombreuses répétitions, mais il s'agit plutôt d'une ode à ces boîtes vocales qui déshumanisent grandes entreprises et appareil gouvernemental. Fidèle à lui-même, Alain-François a décidé d'en rire. « Pour le département de la frustration, veuillez patienter quelques jours. »

Gaulin

Intitulée ainsi en l'honneur de Francis, son batteur et directeur musical, la chanson s'adresse à tous les gens qui ont le nez rivé en quasi-permanence à leur écran de téléphone. Alain-François la qualifie comme étant la « chanson débile » de l'album et il ne manquera pas de l'ajouter au spectacle. La mise en scène mettra évidemment en vedette ledit Gaulin qui fera la sourde oreille tout en battant les rythmes d'une seule main.

À la claire fontaine

Une reprise qui ne se démarque pas tant par ses rythmes que par la qualité de l'interprétation et des arrangements. « C'est beau en tabouère ce qu'on a réussi à faire avec cette chanson-là. Tout le monde s'est endormi à un moment ou à un autre en écoutant ça et on a voulu lui donner une nouvelle vie. On souhaite que les gens la redécouvrent sous un nouvel angle. »

Top net

« Top net, c'est mon histoire, celle d'un passionné de hockey qui rêvait de devenir Wayne Gretzky ou de jouer avec les frères Stastny, qui travaillait fort et avait le coeur gros comme l'aréna, mais qui était trop petit. Encore aujourd'hui, du hockey, j'en mange. Je joue quatre fois par semaine, c'est très important dans ma vie. » En 2007, Alain-François avait lancé C'est pour quand, la coupe Stanley?, faisant référence aux déboires des Canadiens. « Elle s'en vient démodée et c'est tant mieux ».

Vous voulez y aller?

Alain-François

Les 2 et 3 décembre, 20 h

Invités : Vincent Vallières et Patrice Michaud

Colisée Desjardins de Victoriaville

Entrée : 25 $

Jeudi 8 décembre, 20 h

Salle Maurice-O'Bready, Sherbrooke

Entrée : 45 $

Vendredi 30 décembre, 20 h 30

Vieux Clocher de Magog

Entrée : 35 $

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer