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Inspiration Salvador, création Gutierrez

Julian Antonion Gutierrez, un des leaders du groupe... (Photo fournie, Jean-François Dupuis)

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Julian Antonion Gutierrez, un des leaders du groupe Habana Café, lance un premier album solo, Paso a pasito.

Photo fournie, Jean-François Dupuis

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(Sherbrooke) Julian Gutierrez et Emiliano Salvador ont quelques points en commun qui ne se limitent pas à leurs racines cubaines, ni à leur passion viscérale pour le jazz, ni à leur attirance naturelle pour le piano. L'un et l'autre ont aussi fait leurs premières gammes auprès de leur père respectif, le premier bien avant d'immigrer à Sherbrooke avec toute la famille il y a 15 ans, le second quelques décennies auparavant, alors qu'il rêvait déjà de faire voyager sa musique hors de La Havane.

Et si la prometteuse carrière de Salvador s'est arrêtée avec son décès précoce à 41 ans, en 1992, elle n'en a pas moins inspiré celle de Gutierrez, directeur musical et chanteur du groupe Habana Cafe, qui lance ces jours-ci son premier album solo, Paso a pasito, un disque parfait pour réconforter l'humeur des amateurs de jazz latin.

« Cet album, c'est le fruit de toutes mes recherches et de ma création », explique avec enthousiasme Julian Gutierrez, qui, après avoir terminé son baccalauréat en jazz, a poursuivi ses études à la maîtrise et au doctorat dans la même discipline, cette fois à l'Université Laval. C'est là qu'il a poussé ses recherches sur Emiliano Salvador, l'une des figures de proue du jazz cubain avec Chucho Valdes et Gonzalo Rubalcaba.

« En à peine vingt ans de carrière, Salvador a réussi à créer son propre langage musical », explique Gutierrez, qui donne de nombreuses conférences sur le virtuose cubain au Canada et aux États-Unis.

« On pouvait identifier Salvador très rapidement. C'était un musicien, un compositeur et un pianiste explosif, mais en même temps minimaliste. Il a réussi à mixer la musique traditionnelle cubaine, apprise avec son père, au jazz qu'il a découvert au milieu des années 1960, entre autres avec Miles Davis. »

« Même si le jazz, comme le rock et d'autres styles musicaux, était interdit par le gouvernement cubain, Emiliano Salvador a réussi comme plusieurs musiciens à être en contact avec cette musique et à en faire un apprentissage rapide. Et dans son cas, c'est arrivé au moment où le jazz s'ouvrait à d'autres influences. Ç'a été très spécial. »

Espoirs noyés

Salvador aura connu une carrière internationale, mais pas nécessairement à la hauteur de ses espoirs, qu'il aura noyés dans l'alcool. « Malheureusement, on lui a fait ombrage et ça a nui à sa carrière », a découvert Julian Gutierrez au fil de ses recherches qui l'ont ramené vers son pays d'origine pour y rencontrer amis, musiciens et famille de Salvador. Il a aussi eu droit à une entrevue téléphonique avec Paquito d'Rivera installé à New York.

« Tout ce monde de jazz, c'est une grande passion », réitère Julian Gutierrez, qui a composé les neuf pièces musicales de son nouvel opus en plus de coécrire avec son père Ramino la chanson Amanece.

« Ce n'est pas vraiment une bonne période pour le jazz au Québec, note le musicien sherbrookois. C'est un peu une période creuse quant aux possibilités, les gens ne s'y intéressent pas beaucoup et on a un peu l'impression de créer entre musiciens. Mais il se fait de la bonne musique et je suis content d'en faire partie. »

Après un lancement montréalais jeudi, Julian Gutierrez présentera officiellement Paso a pasito dans sa ville d'adoption le 9 décembre chez Bès Musique.

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