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Daniel Bélanger : dix chansons dans l'ordre

Daniel Bélanger : « Les idées à 15... (LA PRESSE, IVANOH DEMERS)

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Daniel Bélanger : « Les idées à 15 sous sont toujours celles que je préfère parce qu'elles demandent d'être créatif. C'est cool, par exemple, de prendre des revers de guitares pour faire des percussions... »

LA PRESSE, IVANOH DEMERS

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(Québec) Daniel Bélanger a étonné tout le monde en lançant le simple Il y a tant à faire la semaine dernière et en annonçant, du même coup, la parution de son huitième album, Paloma. Le principal intéressé ne tenait pas à faire un Radiohead de lui-même et à innover dans la manière de partager sa musique, mais il observe aujourd'hui que l'effet de surprise a eu autant d'impact qu'un lancement traditionnel.

C'est à la fin du mois d'août que Bélanger a constaté que, peut-être, les dix chansons qui constituent Paloma seraient prêtes à être gravées avant la fin de l'année. Il a alors passé un coup de fil à sa maison de disques, Audiogram. « J'ai demandé un échéancier en me disant : tout d'un coup que ça marche. Mais je ne m'étais pas mis de pression, relate-t-il. Finalement, j'ai passé comme un grand chacune des étapes et soudainement, le 25 novembre était possible... »

Paloma - colombe en espagnol - a donc pris son envol hier. Rarement un album aura si bien porté le nom de Daniel Bélanger. Reclus dans son studio personnel, l'artiste y a tout fait : l'écriture, l'interprétation, la réalisation, la production. Et il a joué de tous les instruments, à quelques exceptions près.

« J'aime travailler seul, confie-t-il. Ç'a l'air bête à dire, mais je ne me fonds pas en explications. Et puisque je suis meilleur musicien de jour en jour, je suis capable de traduire encore plus ce que j'ai en tête. Je ne dis pas que ce sera ça pour le reste de mes jours, mais j'ai beaucoup de plaisir à faire ça. Tout autant que d'aller aussi travailler avec des musiciens comme je l'ai fait quand c'était pertinent. »

Traquer l'inspiration

Quand vient le temps de confectionner un album, Daniel Bélanger a besoin d'une locomotive. Pour Paloma, c'est la toute première chanson, Ère de glace, qui a joué ce rôle. Par la suite, les autres compositions se sont imbriquées de manière naturelle, dans l'ordre chronologique, sans qu'il ait à se creuser les méninges pour trouver une séquence particulière. En résulte un album diversifié qui, s'il est ancré dans des racines folk, ne s'en éloigne pas moins pour toucher à d'autres registres, avec des accents électros, des lignes world, roots ou même une indie rock musclée.

« Chaque fois que j'ajoutais une chanson terminée à la précédente, je réécoutais et je me demandais ce que j'écouterais ensuite, après cette chanson-là. C'est relativement nouveau pour moi. Ça m'est arrivé comme ça et pour cet album-là ça fonctionnait bien. »

Pour traquer l'inspiration, Daniel Bélanger a une routine bien à lui : aller à sa rencontre, chaque matin, dès 9 h. Après avoir siroté un café, il voit si elle se pointera à son studio. La musique lui vient assez facilement. Il reste les mots, avec lesquels il se chamaille davantage pour les mettre à sa main. Paloma traite du temps qui file, du sens de la vie, de l'amour autant que de l'amitié, de l'irritation de perdre ou encore des aléas de la mémoire.

« C'est un travail de composition à tous points de vue, soutient le créateur. J'invente des personnages qui sont loin de moi aussi, par exemple dans la chanson Tout viendra s'effacer. C'est vraiment quelqu'un aux prises avec le jour de la marmotte, une espèce de trouble obsessif compulsif, ce que je n'ai pas - en tout cas, on ne me l'a pas diagnostiqué! Mais ça me plaît d'aller développer sur mes chansons, d'inventer des histoires. La ligne n'est peut-être pas aussi claire, à savoir si on parle ou pas de moi, mais ça m'importe peu. Ce qui m'importe, c'est le résultat à la fin : la chanson. »

Des oreilles californiennes

Si Daniel Bélanger a aimé façonner Paloma en solitaire, des oreilles extérieures sont venues lui prêter main-forte en fin de parcours. Son frère Michel, grand manitou d'Audiogram, demeure un complice de la première heure, celui vers lequel il se tourne pour chercher un avis autre que le sien. Or la particularité avec Paloma est sans doute que l'auteur-compositeur-interprète a voulu faire mixer l'album - du moins en partie - à l'étranger. Shaun Lopez s'est chargé de faire la moitié du boulot, en Californie, tandis que Claude Champagne, qui avait collaboré à Quatre saisons dans le désordre et à Déflaboxe, a mixé l'autre moitié, avec Michel Bélanger.

« Comme Shaun ne me connaît pas, il a mixé mes chansons; il n'a pas fait de business avec mes chansons en se disant : " Ça ne sonne pas comme du Daniel Bélanger." Il s'est juste attelé à mixer et à être très créatif et ça m'a plu énormément. Ç'a juste fait voyager mes chansons, ça m'a fait prendre de l'air. Un moment, mes chansons ont joué en Californie, un Californien les a interprétées à sa façon et ça m'a amusé beaucoup. »

En aucun temps, lorsqu'il était entre les quatre murs de son studio, Daniel Bélanger ne s'est censuré. Il s'est permis des choeurs élaborés, des percussions world, divers instruments à cordes... Bref, autant de pistes qu'il en avait envie, sans se soucier de la façon dont il devrait rendre les compositions en spectacle. Maintenant, la question se pose, puisqu'une tournée s'amorcera au printemps.

« Je vais faire comme j'ai fait pour le premier album : me casser la tête, conclut-il, en riant. On me posait la question un peu sceptique, à l'époque, et je suis arrivé avec un trio avec Rick Haworth et Mario Légaré et on a fait un carton. À chaque album, le problème se pose. Je ne peux pas transposer parfaitement et ça fait bien mon affaire, parce que ça me permet de retravailler les chansons pour qu'elles soient vivantes sur scène tout en conservant les mêmes intentions. »

Vous voulez y aller?

Daniel Bélanger

Samedi 14 octobre 2017, 20 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 51 $ (étudiants : 41 $)

Vendredi 27 octobre 2017, 20 h

Maison des arts, Drummondville

Entrée : à déterminer

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