À Orford, comme dans le temps

Comme plusieurs jeunes musiciens, Gregory Charles a passé des moments... (La Presse, Andre Pichette)

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La Presse, Andre Pichette

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Karine Tremblay
La Tribune

(Sherbrooke) Comme plusieurs jeunes musiciens, Gregory Charles a passé des moments mémorables au camp musical d'Orford lorsqu'il était adolescent.

« Entre l'âge de 11 et de 16 ans, j'y suis allé chaque été. C'est connu que je ne dors pas beaucoup. Vous pouvez imaginer que je commençais mes journées de bonne heure! Je faisais beaucoup de musique, évidemment, mais j'étais aussi très engagé dans les activités plus sociales et sportives comme les comédies musicales et les excursions au mont Orford. Je me souviens aussi que j'étais le petit gars qui jouait des tours... »

Comme cette fois où il a réglé l'alarme des réveille-matin de tout le monde à... 3 h 30!

« C'étaient vraiment de beaux étés. Je me souviens, on organisait des marathons pendant lesquels on pouvait jouer du Chopin pendant douze heures. Les brunchs du dimanche matin, c'était l'fun. Les partys dans le bar à côté de la cafétéria aussi. Bref, c'était assez formidable! Et ça a nourri mon goût pour la musique de différentes façons. D'abord parce que j'ai trouvé à Orford une qualité d'enseignement assez exceptionnelle. Ensuite parce que j'y ai noué des amitiés importantes, avec des jeunes de partout dans le monde. Je suis d'ailleurs encore en contact avec plusieurs d'entre eux qui vivent aussi loin qu'en Chine et au Japon et qui font aussi carrière en musique. Enfin, tout ça se passait dans un décor magnifique. »

Il est repassé par le site bucolique pour des stages avec des choeurs, pour y voir des concerts, pour des tournages télévisés. Le 25 novembre, ce sera particulier. Il y donnera un concert unique. Un concert qui n'existera que ce soir-là, parce que tissé des chansons de l'époque où il fréquentait le camp musical.

« Venir jouer ici, c'est comme revenir chez moi, d'autant que je n'habite pas très loin, ma maison est à Dunham. Il y aura une dimension nostalgique à ce concert-là, parce que je puiserai dans le répertoire des années où j'étais stagiaire, c'est-à-dire à partir du milieu des années 1970 jusqu'au début des années 1980. »

Impossible d'en savoir beaucoup plus. Le musicien n'a pas l'habitude de dévoiler à l'avance ses plans de concert pour la simple et bonne raison qu'il n'en fait pas.

« Je n'ai jamais eu de pacing de show, de programme très figé. Je ne fais pas ça. Moi, je me laisse toujours porter par l'énergie de la salle, par les gens qui sont devant moi. J'ai une idée, un cadre général, mais je me donne toujours sur scène une grande liberté. Que je sois devant un public de jeunes de 8 à 14 ans ou devant un auditoire de personnes âgées de 88 ans, je ne suis jamais désemparé. Cette façon de faire est étonnante à notre époque, mais elle constituait la norme au XIXe siècle. Les gens ne savaient pas ce qu'ils entendraient aux récitals. Pour moi, c'est ça, la musique. Jacques Brel et Gilbert Bécaud faisaient ça, eux aussi. »

La musique comme un jeu

Cette aisance à passer d'un répertoire à un autre, il la doit en partie à sa mère. Lorsqu'il était enfant, elle jouait avec lui à « nomme-moi une chanson de telle année ». Et puis une autre. Et une autre encore.

« J'adorais ça. Grâce à ce jeu, j'ai intégré à mon disque dur un énorme bassin de chansons de toutes époques dès l'enfance. »

On comprend un peu mieux comment, au piano comme au micro, il arrive à passer d'un univers à un autre en un claquement de doigts. Comment il arrive aussi à présenter, en parallèle, trois spectacles différents (Noir & blanc 2, Ma mère chantait toujours et Virtuose, le spectacle), sur différentes scènes. Cela tout en multipliant les projets (musicaux) de tous genres, que ce soit dans les écoles, en studio ou à la télé.

« J'investis dans les choses auxquelles je crois », résume-t-il.

À la maison, c'est à son tour d'inventer des jeux musicaux pour sa fillette de quatre ans.

« Donner le goût de la musique, ça me rend très, très heureux. Et ça semble la rendre heureuse elle aussi. Elle adore la musique, elle chante constamment. »

Comme son papa.

Vous voulez y aller?

Gregory Charles

Vendredi 25 novembre, 20 h

Salle Gilles-Lefebvre, Orford Musique

Entrée : 42 $

Une émission tout en Crescendo

Après avoir créé le rendez-vous télévisuel Virtuose via sa maison de production (Groupe Musique Greg), Gregory Charles propose dès lundi Crescendo, une émission où le chant choral est à l'honneur.

Les téléspectateurs y verront évoluer six ensembles vocaux de différentes écoles secondaires de la région montréalaise, révèle l'infatigable musicien et producteur.

« C'est une compétition, mais le volet humain est aussi très important. Et très inspirant. C'est beau ce que vivent les jeunes, ce qu'ils racontent à la caméra... »

Gregory Charles souhaiterait que leur parcours inspire d'autres écoles à intégrer davantage la musique dans leur programme.

« Ça peut sembler un peu prétentieux, mais j'aimerais que cette émission amorce en musique un mouvement semblable à ce qu'a fait Pierre Lavoie avec l'activité physique. Si on est capable d'allumer l'intérêt des jeunes, ça peut les motiver à réussir. La difficulté des programmes musicaux plus traditionnels, c'est qu'ils commandent de gros investissements, par exemple pour acquérir la batterie d'instruments nécessaires à la formation d'une harmonie scolaire pour laquelle il faut aussi plusieurs professeurs. Ce type de programme est formidable, mais de nombreuses écoles sont incapables d'assumer les coûts que ça représente. Pour faire du chant choral, c'est facile : on a besoin d'un prof et d'un piano. C'est tout. »

La formule est économique. Et rassembleuse. 

« Chanter dans un choeur, je l'ai toujours fait. C'est une extraordinaire façon de faire de la musique. Il y a là un plaisir, mais aussi une expérience sociale. C'est quelque chose que j'aime vraiment beaucoup. »

C'est ce qui fait qu'il s'engage auprès de différents choeurs, dont Odyssea, à Sherbrooke. Pourquoi celui-ci plus qu'un autre?

« La réponse est très simple : ils sont volontaires, ils sont bons, ils sont heureux de chanter. Ils peuvent faire des kilomètres et des kilomètres pour le simple plaisir de chanter. Ça me ressemble, ça me touche. »

Vous voulez écouter?

Crescendo

Lundi, 20 h

ICI Radio-Canada Télé

Dès le 21 novembre

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