Bob Walsh s'est tu

Bob Walsh est décédé mardi, dix jours après... (Archives, La Tribune)

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Bob Walsh est décédé mardi, dix jours après avoi subi un infarctus.

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(Québec) Bob Walsh n'est plus. Le chanteur, qui a longtemps fait vibrer Québec de sa voix puissante et sensible, avant de conquérir la province tout entière, s'est éteint mardi, à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal.

Walsh avait été victime d'un infarctus le 5 novembre et son état s'était fortement détérioré.

Le musicien, qui était à quelques jours de son 69e anniversaire, n'en était pas à ses premiers ennuis de santé. Il avait été très malade ces dernières années et avait dû subir un triple pontage coronarien en 2013. L'artiste avait alors été victime de complications qui l'avaient ramené deux fois sur la table d'opération.

Or, après une longue convalescence, il s'était relevé et avait pondu l'album After the Storm, paru en 2015. Il avait même repris la route au point où il avait des engagements cet automne et jusqu'au printemps. Son dernier concert, à Saint-Georges-de-Beauce, le 22 octobre, s'était d'ailleurs fort bien déroulé.

« Il a chanté merveilleusement bien, tout le monde était super content, souligne son gérant, René Moisan. [...] Il était revenu après la tempête, comme le disait le titre de son album, After the Storm. C'était reparti... »

Figure incontournable du blues, mais qui était loin de se limiter au genre, Bob Walsh s'est d'abord fait un nom à Québec, où il a sillonné les bars durant des années avec différents musiciens, qu'il s'agisse du guitariste Gilles Sioui ou de son complice de longue date, l'harmoniciste Guy Bélanger.

Ce n'est qu'au milieu des années 90 qu'on a pu enfin entendre sa voix unique sur des enregistrements. D'abord avec un album éponyme (1996), puis avec un live (1998) et avec sa mémorable collaboration avec le Quatuor à cordes Allard (2000).

Par la suite, Walsh a régulièrement fréquenté les studios, faisant notamment paraître un album de jazz, Unforgettable Songs, un de Noël, Christmas, et son récent After the Storm, où, à ses interprétations, il avait ajouté un titre de son cru avec des références musicales à ses racines irlandaises, dédié à sa compagne, Maddy Kasirer. Il confiait à l'époque, à la collègue Daphné Bédard du Soleil, que la maladie l'avait changé : « Les chansons prennent une autre valeur. Les mots prennent une autre profondeur. Les mélodies prennent une autre erre d'aller. Ça m'a inspiré à aller ailleurs. »

Le départ d'un grand

« C'était un grand. Un grand homme, un grand musicien, le plus grand chanteur blues au Québec. Je perds un grand ami », dit avec émotion le Sherbrookois Larry O'Malley à propos de Bob Walsh, décédé mardi.

Les deux hommes se connaissaient depuis une vingtaine d'années. Bob Walsh avait enregistré un premier album (son deuxième en carrière) avec le propriétaire d'Audiobec Sono-Vidéo. Ce projet a scellé leur amitié comme leur complicité en studio : le bluesman a ensuite endisqué toutes ses galettes avec O'Malley.

« On a fait une dizaine de disques ensemble, ici. On devait en enregistrer un autre au printemps. Il est parti avant... Bob, c'était une bête de scène et une bête de studio. Il chantait la toune une fois et tout était là. La puissance de la voix comme la sensibilité de l'interprétation. Il nous laisse le bel héritage de sa musique. »

Une musique qui a souvent mis le feu aux planches du Vieux Clocher de Magog.

« Depuis plusieurs années, il venait jouer ici environ deux fois l'an. C'était un monument, un artiste exceptionnel qui savait chanter avec toute son âme. Il aurait pu avoir une carrière internationale, et il restait quand même ce gars très humble. Avec lui, rien n'était compliqué. Il était très généreux avec le public, mais avec ses pairs également. Il a aidé beaucoup de musiciens », témoigne Bernard Y. Caza.

Le directeur artistique de l'institution de la rue Merry garde plusieurs bons souvenirs du bluesman, dont il était très proche. « C'était un très bon ami. C'est lui qui a chanté à mon mariage, il y a quatre ans. Il avait entre autres interprété What a Wonderful World, la chanson préférée de mon père. Il a fait brailler toute la famille Caza. C'était un interprète d'exception, qui savait se réapproprier les classiques avec émotion. » Avec Karine Tremblay

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