Richard qui fait du bien

Près de 800 personnes ont assisté au spectacle... (Spectre média, Maxime Picard)

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Près de 800 personnes ont assisté au spectacle de Richard Séguin samedi soir au Théâtre Granada.

Spectre média, Maxime Picard

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) CRITIQUE / Près de 800 personnes ont choisi l'antidote idéal samedi soir pour combattre la morosité que peut laisser l'élection d'un Donald Trump : un spectacle de Richard Séguin. Rien de tel, pour retrouver son aplomb, que de se faire chanter L'envie d'y croire, Rester debout ou des vers comme « que viennent les vents contraires qui ramènent l'espérance » et « ils ne casseront pas le soleil de mon cri ».

Un bien bon spectacle, donc, par un artiste apaisant, toujours souriant, et qui, s'il a goûté lui aussi au découragement mardi soir dernier, n'en a rien laissé paraître, préférant profiter du plaisir de donner ce spectacle chez lui, dans une atmosphère à la fois familiale et très professionnelle.

En dehors de cette proximité entre un public estrien et un artiste qui se sont adoptés l'un l'autre depuis plus de 40 ans, cette prestation accompagnant la sortie de l'album Les horizons nouveaux se révèle d'une solide charpente, tant dans l'agencement des chansons que dans la mise en scène.

Dont le clou reste la partie supérieure du fond de scène, sorte de toile blanche constituée d'un amas de bandelettes de tissu, procurant un fascinant relief aux éclairages et aux projections. Les images restent tout de même dans une sorte de flou qui ne donne pas tout cuit dans le bec, restant le plus souvent au service de l'atmosphère plutôt que du récit.

Le reste de la magie provient de l'impressionnant carré d'as que forme Richard Séguin avec son lumineux trio de musiciens, véritables caméléons qui brillent autant dans la douceur que dans la puissance.

Ainsi la guitare de Richard et le violoncelle de Myëlle suffiront dans les dépouillées Belle ancolie et P'tit frère. Les guitares de Hugo Perreault et de Simon Godin, surtout quand elles deviennent électriques, de même que les enveloppantes harmonies vocales à quatre, apporteront ensuite toute la force souhaitée lors des crescendos de ce concert sans batterie (tout au plus une grosse caisse et une caisse claire).

Le pouvoir du fa

Droit comme un chêne de 64 ans, Richard Séguin sait comme toujours se faire complice de sa salle, se révolte sans hurler, raconte l'inconscience de certains avec le sourire, attrape les blagues du public. Notamment lorsqu'il présente son harmonica en fa pour Roadie, parce que, explique-t-il, ce son fait tout de suite voir la route. Il éclate ensuite de rire en entendant la boutade d'un spectateur : « Il dit qu'il voit même les cônes! »

La plus puissante séquence du concert, valant au chanteur une ovation avant l'entracte, se trouve à la fin de la première partie, entre Sous les cheminées, qui réveille l'auditoire pour de bon, et un ardent Ange vagabond sous la lune. Entre les deux agit le Richard qui mord encore : une percutante version des Bouts de papier, notamment parce que transposée du il au je, puis Tant qu'y en a et Dans mon coeur, sortes de Protest Song 2016 dénonçant le saccage des ressources en région au détriment de l'appartenance au territoire.

Autre coup de tonnerre lors de l'avant-dernière chanson de la deuxième partie, Dans le désir du monde, puis rappel berçant (Quand on ne saura plus chanter) et festif (Journée d'Amérique). Et un autre rendez-vous réussi pour le poète de Saint-Venant, auquel on ne peut que souhaiter une supplémentaire.

Avec la panoplie de succès qui parsèment les 44 ans de carrière de sieur Séguin, il était impossible de ne pas négliger quelques classiques (quoique, si le public avait été plus insistant après le rappel...). Certains spectateurs sont sans doute repartis déçus ne pas avoir entendu Aux portes du matin ou Chanson pour durer toujours... mais peut-être aussi que l'écoute de neuf nouvelles chansons leur aura laissé le sentiment d'apprécier un artiste qui ne s'assoit pas sur le passé et regarde toujours devant.

De ça, on n'a jamais eu autant besoin.

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