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Jim Corcoran a amorcé sa carrière en chantant Cohen

Plus qu'une véritable inspiration pour Jim Corcoran, Leonard... (The New York Times)

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Plus qu'une véritable inspiration pour Jim Corcoran, Leonard Cohen lui aura aussi permis de poursuivre ses études et d'amorcer une carrière inattendue.

The New York Times

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(Sherbrooke) Plus qu'une véritable inspiration pour Jim Corcoran, Leonard Cohen lui aura aussi permis de poursuivre ses études et d'amorcer une carrière inattendue.

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lJim Corcoran

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Vincent Vallières... (Archives, La Tribune) - image 1.1

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Vincent Vallières

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« Quelques personnes s'en souviendront peut-être, mais les premiers spectacles que je faisais à Sherbrooke en 1971 et 1972, c'était Jim Corcoran chante Leonard Cohen. C'était uniquement pour le plaisir et payer mes frais de scolarité que je faisais ça, pas pour faire carrière. Mes derniers spectacles duraient trois heures et je ne faisais qu'enfiler toutes les chansons de Cohen. Je dois mon éducation à Leonard Cohen », affirme le plus sérieusement du monde Jim Corcoran, qui terminerait son baccalauréat en enseignement du latin à l'Université Bishop's en 1973.

« Mes ambitions n'allaient pas plus loin. J'ai ensuite rencontré Bertrand Gosselin, on a commencé à faire des spectacles à l'extérieur des Cantons-de-l'Est, le public s'est élargi et je me suis fait prendre. 43 ans plus tard, j'aime toujours ça. »

L'auteur-compositeur-interprète natif de Sherbrooke rappelle que c'est d'abord sa rencontre avec les textes de Leonard Cohen, le poète, qui l'ont marqué.

« Il n'a jamais abandonné sa vie personnelle. Dans toute son oeuvre, il parle de lui, de ses doutes, de ses trouilles, de ses plaisirs et de ses quêtes. J'adore avoir l'impression d'avoir accès à un artiste en l'écoutant et en le lisant. Il nous amène sur le terrain de ses excès et des problématiques qui s'imposaient. C'est très fascinant et généreux de sa part. Il possédait la langue, et la langue, entre les mains de Cohen, c'est déjà une musique. »

« J'étais très touché par ses textes et par ses mélodies, poursuit-il. C'était savoureux. J'étais comblé par l'oeuvre. Ses mélodies ne sont pas compliquées, j'y vois l'influence country dans son oeuvre musicale, accessible et simple. Ses textes sont profonds, inspirés et demandent un effort et si sa musique demandait un effort également, je ne pense pas que ça aurait passé. C'est sa grande réussite en tant que musicien et poète. Il est un homme de littérature qui n'a rien modifié de son oeuvre pour accommoder la chanson. Et la chanson populaire en est sortie gagnante. »

Jim Corcoran, qui vit à proximité de la résidence montréalaise de Leonard Cohen, décédé lundi dans sa résidence de Los Angeles, n'a cependant jamais osé l'aborder, ne serait-ce que pour lui faire part de l'influence qu'il a eue sur son parcours.

« J'aurais aimé lui dire. Je passais très, très souvent devant chez lui et j'admets que souvent, je voulais ralentir dans l'espoir que sa porte s'ouvre, mais ce n'est jamais arrivé », mentionne M. Corcoran, qui devait aller rendre hommage à l'auteur de Suzanne, Everybody knows et Hallelujah, vendredi après-midi.

« Un artiste majeur »

Pour Vincent Vallières, qui doit « faire le deuil supplémentaire de ne jamais l'avoir vu en spectacle live », Leonard Cohen représente « un artiste majeur » de la trempe d'un Bob Dylan.

« C'est un artiste majeur comme il y en a eu peu dans le 20e siècle et au tournant du 21e. On pourrait le mettre dans la classe de Bob Dylan et des faiseurs de chansons. C'est une oeuvre faste qui m'interpelle à plusieurs niveaux, parce que c'est un parcours qui s'étale sur plusieurs décennies et je suis en train de composer les chansons de mon prochain disque et ça ramène nécessairement aux valeurs, à la façon dont on veut faire ce métier-là de faiseur de chanson. Il a commencé avec la poésie et a réussi à cheminer en étant à l'abri des modes et des courants, il a fait son chemin dans une espèce de zone parallèle, un peu comme Gilles Vignault. »

« Ça s'est imposé à lui. C'est un parcours d'exception. »

Alexandre Belliard... (Archives, La Presse) - image 2.0

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Alexandre Belliard

Archives, La Presse

Leonard

Everybody knows

bien sur Hallelujah

Pour Suzanne une pensée,

encore... Hallelujah

De chez lui à Montréal,

Hydra ou Los Angeles

Ses poèmes voyagent,

telles prières. Éternels.

So long Leonard,

so long monsieur Cohen

Aux côtés de Marianne,

the miracle happened

Entre Bible et Lorca,

Garneau, Yeats et Bouddah

Naissent des mélodies,

d'un peu de bleu sous la pluie

Des notes comme des étoiles, sur la page, sur la toile

Le monde paraît plus beau

par le filtre de ses mots

So long Leonard,

so long monsieur Cohen

Aux côtés de Marianne,

the miracle happened

De sa voix nuageuse

surgit un ciel immense

Une poésie rugueuse,

sculptée dans la patience

Il pose les derniers mots

d'un traité pour coeur lourd

Puis s'évade pour valser jusqu'au bout de l'amour

So long Leonard,

so long monsieur Cohen

Aux côtés de Marianne,

the miracle happened

So long Leonard,

so long monsieur Cohen

Et pour une dernière fois.

Allez! Hallelujah.

Poème de l'auteur-compositeur-interprète Alexandre Belliard

« Leonard Cohen, pour moi, c'est une manière d'apaisement. On ne peut pas écouter Cohen et être en colère. Ça fait du bien, c'est comme un baume sur la vie. Je l'ai découvert adolescent et c'est une période des fois un peu troublée et quand on retrouve un artiste qui nous fait du bien, c'est un peu mystique comme expérience et c'est extraordinaire. Il était un mélodiste extraordinaire et avait une voix unique et touchante, d'une profondeur qui vient nous chercher, directement connectée avec nos sentiments. Quand on voit un homme comme ça disparaitre, c'est émouvant et j'ai eu envie de lui écrire. »

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