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Joel Quarrington : la contrebasse au coeur

Le contrebassiste Joel Quarrington est le soliste invité... (Fournie)

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Le contrebassiste Joel Quarrington est le soliste invité de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke ce soir. Dans ce concert totalement russe, il interprétera le Concerto pour contrebasse de Sergeï Koussevitzky. L'OSS et son chef Stéphane Laforest ont également préparé des interprétations de l'Ouverture Roméo et Juliette de Tchaïkovski et des Danses symphoniques de Rachmaninov.

Fournie

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<p>Steve Bergeron</p>
Steve Bergeron
La Tribune

(Sherbrooke) Pour Joel Quarrington, le Concerto pour contrebasse de Sergeï Koussevitzky est sans contredit le meilleur concerto russe jamais écrit pour son instrument. Voire un des trois meilleurs concertos pour contrebasse tout court. Il y a juste un petit problème : la partition pour orchestre est un « problématique fouillis ». Tellement qu'on se demande si c'est le compositeur qui l'a lui-même écrite. Mais que fait-on dans une telle situation? C'est simple : on réécrit la partition soi-même.

C'est donc une prestation assez unique que le public de l'Orchestre symphonique de Sherbrooke pourra entendre ce soir : non seulement aura-t-il droit à un concerto pour contrebasse, ce qui ne court déjà pas les rues, mais aussi à une interprétation où l'invité d'honneur, en plus de livrer la partition du soliste, a aussi signé ce que jouent les musiciens. D'habitude, cela ne se produit que lorsque le soliste est avant tout compositeur.

« Voilà des années que je travaille sur cette partition d'orchestre. J'en ai fait plusieurs versions : la première il y a 25 ans, la seconde lorsque j'ai joué ce concerto avec l'Orchestre symphonique de Toronto...

Mais j'ai toujours continué de la peaufiner. Tout en restant humble, je crois que j'ai réussi à améliorer cette oeuvre et qu'elle n'a jamais eu aussi bonne mine. Mais je vais probablement la retoucher encore », confie-t-il en riant.

À ceux qui se demandent s'il avait le droit de procéder ainsi, la réponse est oui, du moins au Canada, où une partition tombe dans le domaine public après 50 ans (le concerto est daté de 1901). « Mais aussi parce que j'ai appuyé mon orchestration sur une version russe pour piano datant des années 1950. »

En dehors de tout ça, l'important est que cette oeuvre reste, pour lui, un pur plaisir à jouer. « C'est intensément passionné, avec de magnifiques mélodies! En fait, ça sonne incroyablement russe! Et la vérité, c'est que ce concerto n'est pas très difficile. Ce n'est pas une oeuvre virtuose. »

À cause du grand frère

Même si c'est la première fois qu'il est invité par l'Orchestre symphonique de Sherbrooke, Joel Quarrington connaît bien l'Estrie, puisqu'il est maître régulier de l'Académie d'Orford musique, où il passe une partie de ses étés depuis plusieurs années. Torontois d'origine, il a longtemps enseigné à l'Université McGill, avant de se retrouver aujourd'hui à l'Université d'Ottawa, ainsi que professeur invité à l'Académie royale de musique de Londres.

En plus de 30 ans de carrière, le musicien a été contrebassiste solo pour les orchestres de Toronto, du Centre national des arts à Ottawa et même de Londres. Parmi ses autres faits d'armes, un prix Juno en 2010 pour son album Garden Scene (Analekta) et un prix Opus en 2014 pour son album Brothers in Brahms (Modica Music).

« J'avais deux frères ainés et le plus vieux était un véritable amateur de folk et de bluegrass. Il voulait surtout nous apprendre la guitare, à mon frère et à moi, pour que nous puissions jouer en trio. Et c'est ce que nous avons fait. Jusqu'au jour où mon frère a rapporté une contrebasse de l'école. J'ai tout de suite trouvé que nous avions un son plus professionnel avec cet instrument. Alors à 11 ans, lorsque j'ai eu à choisir un instrument à l'école, j'ai pris la contrebasse, pour pouvoir la rapporter à la maison et en jouer avec mes frères!»

« Je n'avais alors aucun intérêt pour le classique. Mais à 14 ans, je suis allé dans un camp musical, où j'ai joué dans un orchestre symphonique. J'ai tellement eu de plaisir que j'ai su tout de suite que j'avais trouvé ce que je ferais de ma vie. »

ZZZZZZZZZZZZ!

Un moment important de sa carrière est cette séance d'enregistrement avec le pianiste Glenn Gould. en 1982, pour la trame sonore du film The Wars, d'après le roman de Timothy Findley. Cette musique pour violoncelle et contrebasse d'après les intermezzos de Brahms est la dernière oeuvre composée par Gould avant sa mort prématurée.

« Ce fut une expérience incroyable... et aussi une histoire un peu bizarre. Quand il chantait ma partition pour me diriger, il faisait un bruit qui ressemble à un bourdonnement de moustique : zzzzzzzzz! Je me demandais pourquoi un son aussi horrible. J'ai fini par comprendre qu'il imitait le son de mon instrument. Il m'a ouvert les oreilles, pour me faire réaliser le bruit véritable d'un instrument à cordes. »

Vous voulez y aller ?

Orchestre symphonique de Sherbrooke

Soliste invité : Joel Quarrington, contrebasse

Samedi 5 novembre, 20 h

Salle Maurice-O'Bready

Entrée : 61 $

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