Simplement Amé

Amélie Larocque arrive à un carrefour de sa... (Spectre Média, René Marquis)

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Amélie Larocque arrive à un carrefour de sa vie, peu importe si la chanson Ton départ qu'elle a écrit pour Marc Dupré remporte le prix de chanson de l'année au gala de l'ADISQ dimanche.

Spectre Média, René Marquis

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(Sherbrooke) Il y a peut-être un peu de cette trentaine qui se pointe le nez, un tantinet aussi de cette nomination de Chanson de l'année au gala de l'ADISQ de dimanche, et sans doute beaucoup de ce projet personnel qui devrait aboutir sous peu sous forme de deuxième album. Peu importe le comment du pourquoi, voire l'issue de son passage sur le tapis rouge de l'ADISQ, voilà que la Sherbrookoise Amélie Larocque semble arriver à un carrefour de sa carrière.

« Il se passe enfin quelque chose de significatif. Ça bouge au bout et je suis pleinement en confiance », lance-t-elle en sirotant son thé vert, boisson révélatrice d'une grande partie de la personnalité de l'auteure-compositrice-interprète férue de yoga, de course à pied, de saine alimentation et d'une certaine forme de spiritualité, un terme qu'elle emploie presque entre parenthèses de peur de passer pour une illuminée, mais heureuse de répéter sa foi en l'humanité.

« Je suis une éternelle optimiste dans la vie, mais aussi dans ma vision du monde, assume-t-elle en souriant. Ça se transpose beaucoup dans mes textes, mes chansons. C'est rare que j'écrive une chanson d'amour dramatique. J'aime davantage l'écriture sur l'être humain, sur l'humanité. »

Sur ce second album à venir sous peu, on entendra ainsi, entre autres coups de plume, d'images et de musique, My Lord, T'as jamais su et Dans le même wagon, un coup d'oeil sur cette vague de violence qui fait abstraction de l'humanité environnante.

« Ce n'est pas nécessairement mes sujets d'écriture qui diffèrent, mais souvent l'angle que je vais emprunter pour parler de certaines choses.

« Et dans ce sens, écrire pour d'autres m'a permis d'ouvrir mes horizons, de sortir de mon purisme et d'avancer vers autre chose. Tout ça s'ajoute à ce que je suis et au projet qui découle enfin de ces découvertes », explique celle dont l'album éponyme paru en 2011 s'était vendu à 3000 exemplaires et avait ouvert de nombreuses portes.

Mais après la grossesse et l'arrivée de la petite Arielle, les portes s'étaient refermées. « Pas qu'il fallait repartir à zéro, mais on avait du terrain à reprendre », confie-t-elle en avouant qu'il y a eu quelques phases de colère et de découragement.

« Mais ça ne dure jamais longtemps parce que ce n'est tout simplement pas dans ma personnalité », rassure Amélie Larocque, qu'on suivra désormais sur disque et en musique sous le seul nom d'Amé.

En souvenir de Jolyane

« J'avais besoin d'une coupure entre l'auteure-compositrice qui écrit pour d'autres et la chanteuse qui mène ses propres projets », explique celle qui a écrit pour 2Frères, Annie Blanchard, Renée Wilkin, Ryan Kennedy, Jérôme Couture et Marc Dupré (bien sûr), lequel pourrait monter sur la scène du gala de l'ADISQ, dimanche, pour Ton départ.

« Cette chanson-là, il m'a demandé de l'écrire parce qu'il voulait parler de la peine d'un homme au chevet de sa femme, rappelle Amélie Larocque. Il voulait cette chanson en mémoire de Jolyane Fortier, une jeune femme décédée d'un cancer qui était une de ses fans.

« Il m'a envoyé la musique et un yaourt [N.D.L.R. agencement de sons et syllabes qui donnent le rythme d'une chanson] sur lesquels j'ai travaillé en doudoune, assise dans ma chambre en sirotant mon thé vert. On s'est beaucoup parlé et on l'a longuement travaillée pour arriver à ce qu'elle est. »

Ton départ se retrouve maintenant en lice comme chanson de l'année de l'ADISQ. « Honnêtement, je n'ai aucun stress, c'est hors de mon contrôle, insiste-t-elle. Je vais juste m'asseoir dans la salle avec mes amies et profiter de la soirée. »

Et peu importe si Marc Dupré monte sur scène pour récupérer le Félix, Amé, elle, va continuer d'écrire pour son prochain album à lui et pour les autres artistes qui oseront sa plume, qu'ils soient de la gauche ou de la droite de l'industrie, terme traçant la ligne entre les artistes un peu plus champ gauche et ceux plus pop auxquels elle est davantage associée.

« J'aime pas trop les étiquettes, même si c'est vrai que ce que je fais comme musique, c'est plus de l'électro-pop-indie, remarque Amé. Mais c'est mon son à moi, c'est ce que je fais. Lorsque j'écris pour d'autres, je suis vraiment caméléon et j'y prends plaisir. »

Aussi attend-elle avec impatience le début du camp d'écriture Kenekt de la SOCAN auquel elle a été invitée avec entre autres Gaëlle, Jason Bajada et Laurence Nerbonne. « On écrit chaque jour en équipe avec une nouvelle personne. Ça va être super créatif et stimulant. »

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