Alexandre Poulin : Sauvages pluriels

Le Sherbrookois d'origine lancera, le 4 novembre, son... (Spectre Média, Jessica Garneau)

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Le Sherbrookois d'origine lancera, le 4 novembre, son quatrième album, Les temps sauvages.

Spectre Média, Jessica Garneau

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(Sherbrooke) Alexandre Poulin présente son nouvel album, Les temps sauvages. Sauvage comme la liberté des chevaux sauvages. Sauvage comme l'amour torride qu'on souhaite conserver malgré le quotidien. Sauvage comme les attaques des intimidateurs dans une cour d'école. Sauvage comme l'intrusion des médias sociaux dans notre intimité. Sauvage comme le manque de temps qui nous bouscule.

« Il y a une dualité dans le mot sauvage, car ça peut être positif ou non. C'est ce qui est beau dans ce titre, chacun peut s'approprier le sens qu'il veut. Moi, je suis devenu papa depuis mon dernier album et il n'y a rien de plus brut, de plus sauvage que de tenir son enfant pour la première fois dans ses bras. Tu vis des émotions que tu n'as jamais vécues. C'est beau. Le temps qui passe peut aussi mener à des constats. On peut choisir de sortir du rang et ça peut être sauvage de rejeter une vie qu'on nous avait vendue », explique l'auteur-compositeur-interprète.

Le quatrième opus du Sherbrookois d'origine compte dix chansons, comme dix petites histoires collées de près ou de loin à sa réalité.

Victime d'intimidation dans son enfance, le chanteur se glisse dans la peau d'un parent qui promet des jours meilleurs à son enfant qui est dans la même position : « Je t'amènerai voir l'été en hiver, ça te fera tout oublier. » L'interprète devient ensuite ce gars de l'usine qui perd son emploi : « Je m'ennuie du bruit de mes machines, j'm'habille encore en Big Bill, juste pour me bercer dans la cuisine. » Le goût de ralentir s'entend dans Lundi et dans File indienne : « Veux-tu faire la vie buissonnière ? »

« L'album ressemble aux trois précédents par l'omniprésence de guitare acoustique et mon envie de raconter des histoires. C'est ma signature », souligne l'ancien professeur dont les textes sont étudiés au primaire comme à l'université, à sa grande fierté.

« Aussi, ça reste de la chanson folk moderne, mais l'album se différencie vraiment des trois précédents pour les arrangements. J'avais envie de sortir de la sonorité americana avec son banjo et sa mandoline. C'est devenu tellement à la mode que j'ai voulu m'en éloigner et aller vers quelque chose de plus ambiant, texturé et planant », ajoute-t-il.

Les temps sauvages est le fruit d'une première collaboration avec le réalisateur Guido Del Fabbro, qui a travaillé avec Pierre Lapointe et Groenland. « Il a fait beaucoup de musique de film et de théâtre, alors il est habitué d'habiller des histoires », précise le chanteur, ajoutant que le multi-instrumentiste Mathieu Perreault agit aussi comme coréalisateur de l'album qui sera lancé le 4 novembre.

Trois ans se sont écoulés depuis le dernier disque du chanteur, des années passées principalement en tournée. « J'ai fait environ 150 spectacles, ici et en Europe. Alors, j'ai fait de la route, de la route et de la route, et ensuite j'ai pris une année off pour me ressourcer, écrire, entrer en studio et puis : coucou, me revoilà. »

Alexandre Poulin essaie toujours de faire de la musique qui ressemble à celle qu'il écoute. « Je pense que le secret, c'est de faire le disque que tu voudrais acheter plutôt que celui que tu voudrais vendre. Tu as plus de chance que ça marche. »

Et qu'est-ce qui traine dans son lecteur cd ces temps-ci ? « Nick Cave et Leonard Cohen. »

La chanson Le temps qu'on tremble parle de l'envie de trembler, comme on tremble avant de faire quelque chose pour la première fois. « Ça parle de l'envie de se sentir vivant. Ma fille me fait trembler. Les moments où je suis seul avec ma blonde. Mon métier aussi. Quand je monte sur scène et quand j'écris, je peux avoir des frissons. Aussi, je suis conscient que tout cela est fragile, et ça, c'est sauvage aussi », conclut-il.

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