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Plonger dans le coma... et la crise existentielle

Professeur de théâtre à l'Université Bishop's, George Rideout... (Spectre média, Frédéric Côté)

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Professeur de théâtre à l'Université Bishop's, George Rideout a pour la première fois monté la même pièce en anglais et en français.

Spectre média, Frédéric Côté

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(Sherbrooke) George Rideout espérait cette occasion depuis un moment. Dramaturge et metteur en scène, celui qui enseigne au département d'art dramatique à l'Université Bishop's attendait impatiemment ce jour où la troupe universitaire regrouperait en son sein une poignée d'étudiants suffisamment habiles à la fois en anglais et en français pour monter une même pièce dans les deux langues. L'occasion s'est finalement présentée grâce, entre autres, à l'acteur principal Pierre-Luc Pépin, qui, tout au long de la semaine, se retrouvera dans le Coma Unplugged de Pierre-Michel Tremblay, trois soirs en français, deux soirs en anglais.

« On a augmenté notre degré de difficulté dans toutes les sphères de la pièce », rigole George Rideout, en expliquant que non seulement les cinq comédiens ont eu à apprendre le texte dans les langues de Molière et de Shakespeare, mais qu'on a aussi intégré dans la mise en scène des éléments techniques exigeant créativité et précision.

« Comme c'est une pièce où on voyage entre la réalité et le coma, on a créé des décors surréalistes à partir de toiles de Magritte, auxquelles on a ajouté des éléments. On joue sur les deux niveaux, à savoir le réalisme de l'accident et le surréalisme des rencontres », précise le metteur en scène, en étalant sur la table quelques reproductions de tableaux bien connus du peintre surréaliste.

Histoire d'ajouter à la difficulté, on a aussi intégré de la vidéo. « Maintenant, il faut que tout tombe à la bonne place au bon moment dans la pièce », remarque George Rideout à quelques heures de la première qui a lieu mercredi, en français, dans le studio Turner du Centennial, où se succèderont jusqu'à dimanche les représentations de Coma Unplugged, tantôt en français, tantôt en anglais.

« Cette pièce, je l'avais lue il y a cinq ans et je la trouvais parfaite pour cette expérience. Elle est à la fois légère et très percutante », précise George Rideout au sujet du texte de Pierre-Michel Tremblay, qui avait connu un énorme succès en 2010, après avoir été mis en scène par Denis Bernard, présenté un peu partout au Canada et mis en nomination sept fois au gala des Masques.

La satire sociale relayant l'ultime question existentielle du sens de la vie se déroule dans un monde parallèle lorsque que le personnage principal, un chroniqueur humoristique dans la mi-trentaine, se retrouve dans le coma après un accident de vélo qui n'en était peut-être pas un. Plongé dans le coma, ledit personnage y reçoit la visite de son ex-femme, d'un ancien coéquipier de baseball, de sa mère et de son guerrier intérieur, tout pour alimenter quelques questions existentielles incluant « la vie vaut-elle la peine d'être vécue ? »

Questions qui seront posées en français mercredi, vendredi et samedi, par le truchement du texte original de Pierre-Michel Tremblay, mais aussi en anglais, jeudi et dimanche, en se tournant vers une traduction de Micheline Chevrier.

« Une pièce très Théâtrale, comme je les aime »

« C'est une excellente traduction », souligne George Rideout, tout en confiant que le ton diffère nécessairement en raison de la langue.

« Le français permet des blagues plus sophistiquées, un phrasé plus poétique, note-t-il. Mais d'une façon comme d'une autre, c'est une pièce très théâtrale, comme je les aime. »

Une pièce qui aura nécessité beaucoup de travail de toute l'équipe, puisque chacun aura eu à apprendre deux textes plutôt qu'un seul. « Les étudiants sont très dévoués et c'était un plaisir de créer pour eux une occasion comme celle-ci », insiste George Rideout, qui y voyait aussi une occasion d'inviter le public francophone vers le théâtre de Bishop's, qu'ils ont peut-être moins l'habitude de fréquenter.

« On a de plus en plus d'étudiants francophones. C'est plus facile pour nous d'aborder une pièce dans leur langue et d'ouvrir aussi les horizons de nos étudiants anglophones », ajoute le professeur, qui n'a pas eu envie cependant d'écrire lui-même la pièce à mettre en scène.

« Je suis plus à l'aise quand mes pièces sont montées à Montréal ou ailleurs », remarque celui qui a quelques écrits à son palmarès, dont le magnifique Michel and Ti-Jean où il imaginait la rencontre entre un jeune Michel Tremblay en début de carrière et un Jack Kerouac déjà sur la galère, une pièce qu'on le prie de monter en français, un jour bien prochain.

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