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Sarah Toussaint-Léveillée : à l'enseigne de l'honnêteté

Sarah Toussaint-Léveillée débarque au Boquébière de Sherbrooke le... (La Presse, Alain Roberge)

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Sarah Toussaint-Léveillée débarque au Boquébière de Sherbrooke le samedi 29 octobre, la veille du gala de l'ADISQ où elle est en nomination dans la catégorie Auteur ou compositeur de l'année, mais aussi dans la catégorie Prise de son et mixage pour son deuxième album La mort est un jardin sauvage.

La Presse, Alain Roberge

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(Sherbrooke) N'essayez pas de la faire fitter dans un cadre ou une petite boîte, c'est de l'énergie et du temps perdus. Et même si elle est la première à rappeler qu'on a tous beaucoup plus de temps qu'on se plaît à le prétendre, elle vous invitera sans doute à en faire meilleur usage. Sarah Toussaint-Léveillé se tient loin de toutes prétentions, elle loge plutôt dans l'honnêteté.

Le mot revient ainsi tout au long de l'entrevue, mais il ne fait pas que résonner, il prend tout son sens. Du refus de s'autoproclamer chanteuse, poète ou artiste jusqu'à son regard sur l'industrie et ses récentes nominations en passant par son angoisse de scène et son droit au silence, la Montréalaise de 26 ans vacille entre l'humour et la longue réflexion sans jamais mettre l'honnêteté de côté.

« Mon album, je voulais que ce soit une rencontre honnête, je ne voulais pas jouer de personnage », confie-t-elle au sujet de La mort est un jardin sauvage, qui lui a valu une nomination, dans la catégorie Auteur ou compositeur de l'année, du gala de l'ADISQ, présenté le 30 octobre, soit au lendemain de son passage au Boquébière.

Cet album lancé en février, son second en carrière après La mal lunée sorti en 2012, Sarah Toussaint-Léveillé croyait qu'il allait « passer dans le beurre » tellement son accueil s'est avéré timide au milieu de la foule de lancements en plus grandes pompes que le sien. « Je suis fière d'en parler après, mais je n'ai pas fait un lancement en grande et en direct avec des gros posters et tout. Je l'ai fait d'une façon qui me ressemble et je suis bien avec ça », explique-t-elle avec calme et assurance.

Une assurance avec laquelle elle doit renouer quand elle monte sur scène, alors que l'angoisse d'oublier les paroles de ses chansons la « fait sortir de son corps pendant trois ou quatre tounes ». « Quitte à dire des niaiseries, parler avec le monde dans la salle entre les tounes arrive toujours à me calmer, à me replacer. J'aime bien les spectacles et le contact avec le monde, j'en ai besoin. Et j'aime bien parler avec les gens après le show pour entendre ce qu'ils ont à raconter. »

Peut-être parce qu'elle a elle-même un million de choses à raconter par l'entremise des mots et des images qu'elle couche quotidiennement dans ses cahiers avant de les relier dans ses chansons. « Ça arrive que j'écrive des textes de façon plus linéaire comme ç'a été le cas pour Ta tempête, mais souvent, je travaille un feeling, ça va, puis ça bloque, et en fouillant dans mes cahiers, je trouve quelque chose, des phrases qui ressortent et qui viennent s'accrocher au texte. C'est comme des pièces de casse-tête qui ont un sens. »

Et la chose est bien palpable quand on s'entretient avec Sarah Toussaint-Léveillé, la jeune femme aime que les choses aient un sens. Que la vie ait un sens? « Ça c'est une grosse question à laquelle il faut faire attention, répond-elle prudemment. Je pense que la vie a un sens quand on fait ce qu'on aime. »

POÉSIE, MUSIQUE ET CINÉMA

Et dans ce qu'elle aime, elle, il y a entre autres la musique, la poésie, la chanson, mais aussi, et beaucoup même, le cinéma. « J'ai toujours voulu faire des films, puis la musique est arrivée et est venue bousculer tout ça. C'est devenu mon métier. Mais j'ai quand même besoin de faire des films, je n'ai pas envie de me réveiller un jour sans l'avoir fait », fait valoir celle qui est d'ailleurs allée suivre une formation cinéma d'un mois à Prague au cours de l'été.

« J'ai des croûtes à manger, mais je me sentais à ma place, note Sarah Toussaint-Léveillée. Je sais que je vais réaliser et scénariser des films. Des films qui vont sans doute ressembler un peu à mes chansons, un croisement entre réalisme et surréalisme. »

Pour ce faire, elle compte maintenir un rythme tout en douceur. « J'aime la musique, j'ai envie d'en faire, de triper et d'en vivre, mais je ne vais pas faire 200 spectacles par année non plus. Il faut souffler, garder de l'espace pour vivre, avoir envie d'écrire. Quoique dans mon cas, ce n'est pas un problème, j'écris tout le temps. »

Et on parle de temps, des horaires chargés qu'on aime bien brandir comme autant de preuves de réussite. « C'est vrai qu'on a tendance à remplir nos horaires et à se mettre de la pression pour cocher un paquet d'affaires sur des listes, observe-t-elle. Ça aurait l'air bizarre de dire "j'ai du temps en ce moment", alors que dans notre société de fou, juste être, c'est déjà quelque chose. Ça nous prend de la douceur, faut se donner de l'amour, prendre du temps pour de l'introspection avant d'aller vers l'autre. Même chose pour les projets : il faut prendre le temps de les réfléchir, puis de les réaliser à sa façon. »

C'est d'ailleurs un peu beaucoup pour ça que Sarah Toussaint-Léveillée a formé elle-même l'équipe qui l'entoure et opté pour la maison de disque Orage de son père François en lançant sa carrière. « Il y a toujours des discussions pour arriver au plein potentiel des projets et c'est très nourrissant, note la jeune artiste. Mais me faire dire quoi dire, quoi faire, comment agir, m'obstiner tout le temps, ça ne m'intéresse pas tant. Je veux simplement faire les choses à ma manière, honnêtement. »

Vous voulez y aller ?

Sarah Toussaint-Léveillée

Samedi 29 octobre, 21 h

Boquébière

Entrée : 20 $

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